LA CIRCULATION ET LA SÉCRÉTION PANCRÉATIQUES
pancréatique et de la circulation viscérale : la sécrétion augmente, eu même temps que la pression sanguine augmente; la sécrétion diminue ou cesse, en même temps que la pression sanguine diminue. — Après compression de l'aorte thoracique, l'excitation du vague ne provoque plus de sécrétion pancréatique. Après vasoconstriction abdominale (provoquée, p. ex., par voie réflexe par l'excitation du bout central du sciatique), l'excitation du vague ne provoque plus de sécrétion pancréatique.
Ces faits rendent compte des insuccès des anciens expérimentateurs, qui ne parvenaient pas à provoquer une sécrétion pancréatique par l'excitation du vague. En excitant le vague au cou, ils provoquaient un arrêt ou un ralentissement du cœur, une cbute de pression, un ralentissement de la circulation, capables de neutraliser l'effet de l'excitation des fibre3 sécrétoires. En excitant les splanchniques, ils excitaient les fibres vaso-constrictives de ces nerfs, et par là rendaient inefficace l'excitation des fibres sécrétoires.
La dépendance de la sécrétion visrà-vis de la circulation est beaucoup plus intime pour le pancréas que pour les glandes salivaires. On a été par là amené à distinguer deux groupes de glandes : 1° celles qui sont relativement indépendantes de la circulation ; ce sont des glandes voisines de la surface cutanée, exposées à des variations de température assez grandes : elles se comportent comme les animaux à température variable, qui supportent, sans troubles apparents, de grandes modifications circulatoires (glandes salivaires); — 2^ celles qui sont intimement dépendantes de la circulation; ce sont des glandes profondément situées, à l'abri des variations de température, glandes à température constante, qui, comme les animaux à température constante, sont très sensibles aux variations de la circulation (pancréas).
On a étudié la formation de la trypsine dans le pancréas : les cellules pancréatiques ne contiennent pas de trypsine, mais une substance capable de se
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transformer en trypsine, une protrypsine ou trypsiiiogène.
Du pancréas d'un animal qu'on vient de sacrifier, od fait deux parts : l'une est mise à macth'er dans la glycérine; l'autre est abandonnt'e pendant 24 heures à l'air et mise à macérer dans la glycérine : le premier extrait est inactif sur l'albumine, le second est actif. Le pancréas contient donc une substance (trypsinogène) qui n'est pas de la trypsine, mais qui se transforme en trypsine au contact de l'air. La transformation du trypsinogène en trypsine se fîiit aussi sous l'influence des acides dilués : du pancréas frais, soumis pendant 10 min. à l'action de l'acide acétique à 1 p. 100, ou pendant 2 heures à l'action de l'acide salicylique à 1 p. 1000, donne un extrait glycérine très actif. — On obtient de même une liqueur active, en soumettant à Taction des acides dilués l'extrait inactif glycérine de pancréas frais: cet extrait, qui ne contenait pas de trypsine, contenait donc du trypsinogène. — Les alcalis (notamment le carbonate de soude à 1 p. 100) ne provoquent pas U transformation du trypsinogène en trypsine, mais ne l'empêchent pas : si on fait un extrait de pancréas frais dans une solution à 1 p. 100 de carbonate de soude, on a une liqueur inactive ; elle devient active, si on la fait traverser par un vigoureux courant d*oxygène.
En déterminant la richesse du pancréas en trypsino* gène (extrait glycérine du pancréas traité par un acide et détermination du pouvoir tryptique de cet extrait), o> a constaté que la quantité de trypsinogène, grande pendant le jeûne, diminue progressivement pendant les premières heures qui suivent le repas, présente on minimum de la i\^ à la 10<^ heure, puis augmente peu à peu, pour reprendre sa valeur primitive vers U lf)<î heure.
Chez l'animal vivant, les cellules glandulaires ne contiennent que du trypsinogène ; le suc pancréatique ne contient que de la trypsine, car son pouvoir tryptîqne n'est pas augmenté par les agents capables de transformer le trypsinogène en trypsine. — Les cellules pan-