LA DESTINÉE DE LÀ BILE DANS L'INTESTIN
chyme par les sécrétions intestinales). La bile favorise au contraire les actions diastasiques du suc pancréatique, — non pas en ajoutant des diastases à elle propres, car elle agit de même après avoir été bouillie, — mais en réalisant un milieu favorable à Faction des diastases pancréatiques. Nous indiquerons, en étudiant l'absorption, le rôle joué par la bile dans l'absorption des matières grasses.
On a attribué à la bile une action antiseptique ; on se fondait sur une observation clinique : les fèces des malades ictériques ont une odeur infecte, que certains physiologistes ont retrouvée chez les chiens à fistule cholécystique. En réalité, la bile a un pouvoir antiseptique nul, ainsi que Pont établi des expériences directes; la fétidité des fèces, en l'absence de bile, est attribuable aux troubles intestinaux concomitants ; si on supprime les graisses de l'alimentation, ou si on ne donne que des graisses émulsionnées, les fèces ne présentent pas de fétidité, chez les ictériques et chez les chiens à fistule biliaire. L'urine des ictériques et des chiens à fislule biliaire ne contient dVlleurs pas en surabondance les sels d'acides sulfo-conjugués, témoins urinaires des fermentations intestinales.
Que devient ta bite déversée dans le duodénum? Le chyme présente la réaction des sels biliaires dans le duodénum; il ne la présente plus dans le reste de l'intestin grêle : ces sels ont donc été réabsorbés ou détruits. On a nié la rcabsorption de ces sels, sous prétexte que le sang ne présente pas leur réaction et que ces sels sont toxiques; ces raisons sont sans valeur, car le sang peut en contenir, à chaque moment, des quantités trop petites pour qu'on les puisse manircster chimi<{uement et pour qu'elles produisent des accidents. Si on fait ingérer à un chien, dont la bile ne contient que des laurocholatcs, de la bile de bœuf, qui contient en outre des glycocholates, on constate l'apparition <lc glycocholalcs dans la bile du chien, ce qui in(li<|ne une absorption en naliire an niveau «le l'intestin et une élimination ultérieure, p.ir la bile, <lu sel biliaire. Toutefois une partie des sels biliaires est détruite dans l'intestin, ainsi qu'en témoigne la présence de glycocolle et de taurine dans son contenu : cette deslruetion est vraisemblablement de nature microbienne, car, dans le contenu intestinal aseptique des fœtus, on trouve
des sels biliaires, mais on ne trouTe ni glycocolle, ni taurine.
Le chyme présente la réaction des pigments biliaires dan« les premières parties de Tintestin; il ne la présente plus daos les dernières parties. On admet généralement que ce> pigments subissent, sous Tinfluence des microorganismes, des phénomènes de réduction et lliydrogénation qui les transforment en hydrobilirubine, substance qui est absorbée et éliminée par les urines. Dans l'intestin aseptique des fœtus, on trouve des pigments biliaires. Aucune expérience. actuellement réalisée, ne permet d'affirmer qu'une partie def pigments biliaires est réabsorbée en nature dans riatestio. pour être de nouveau éliminée par le foie.
On a imaginé une théorie de la circulation entéro'hépaiiqwt des substances biliaires : ces substances auraient fait, pour ainsi dire, perpétuellement la navette entre l'intestin et le foie, alternativement absorbées dans l'intestin et iMiminée» dans la bile. VAt n'est là qu'une hypothèse, dont la démunst ration n'est (las faite.
On a longuement discuté pour savoir si la bile est une sécrétion ou une excrétion; il n'y a guère dans cette disoKsion qu'une discussion de mots. — La bile est une aécrétiuo, puisqu'elle joue un rôle utile dans la digestion, en fàvurisHl l'action des diastases pancréatiques, et dans l'absorption, 9 favorisant l'absorption des maticn^s jrrasscs. î^a bile l'sl unr cxcnUiiMi, puis(pi'clle eiitrnîno au dehors des di'rhuts tcl> que lt;s pigments biliaires, produits de décomposition «le 11 niaticrc colorante «lu san^.