LE SUC INTESTINAL
naliî : lorsque, p. ex., on fait pénétrer dans Tintestin des solutions fortement salées (eaux salines purgatives), le sel attire, selon les lois physiques, l'eau des tissus ambiants et provoque une véritable exsudation aqueuse. Mais on ne doit pas conclure de ce fait que toute sécrétion intestinale est une simple exsudation. On peut provoquer un écoulement abondant de suc intestinal, en injectant sous la peau ou dans les veines d'un animal, de la pilocarpine, substance capable de provoquer les sécrétions salivaire, gastrique, pancréatique : n'est-ce pas là une preuve manifeste que le suc intestinal est bien une sécrétion?
L'action du système nerveux sur la sécrétion intestinale n*est pas connue : la section des vagues ne la modifie pas, l'arrachement des ganglions cœliaques n'a pas de conséquences nettes et surtout constantes. Le seul fait bien établi se rapporte aux suites de l'énervation d'une anse intestinale. Si on pose 4 ligatures sur un intestin, de façon à limiter 3 segments contigus et si on sectionne, dans le mésentère, les filets nerveux destinés au segment moyen, on constate, au bout de quelques heures, que ce segment est gorgé d'un liquide qu'on reconnaît être du suc intestinal vrai, tandis que les deux segments voisins sont à peu près vides. Cette surproduction de suc dans l'anse énervée est-élle une conséquence de la vaso-dilatation qui succède à l'énervation? C'est possible, mais nous n'en savons rien. Cette sécrétion, dite sécrétion paralytique, dure pendant queli, ques heures, puis diminue considérablement.
L'intestin sécrète encore une masse jaunâtre; muqueuse, riche en graisses et en débris épithéliaux, qu'on voit sortir de l'orifice de la fistule de Thiry de temps en