LL DE LA DIGESTION NUCCALE
limpidité et sa uidité. Elle contient pourtant un pou de mucine qui la rend filante et visqueuse. La salive sympathique est à ce point épaisse el visqueuse qu'elle s'écoule difficilement. C'est un liquide blunchätre, très riche en mucus, mais renfermant aussi ct surtout un grand nombre de eorpuseules gélatineux atteignant 0,0% à 0,04. La sulive sous-maxillaire spontanée est évidemment un mélange des deux liquides précédents.
De Ia sécrétion de la sublinguale. — UN est impossible de l'étudier chez le cheval en raison de la mulliplicité et de la gracilité des canaux oxcré-
teurs de la glande. Maïs chez le bœuf, La sublinguale est pourvue d'un canal exeréteur distinct des canaux de Rivinus, el venant s'ouvrir au même point que le canal de Warlhon, après un trajet parallèle à ce dernier. Cette heureuse dis= position se prête fort bien à l'application des fistules, et Colin s'est empressé de l'utiliser, La sûcrétion de la sublinguale est continue; elle s'oxagère pourtant au moment des repas et fournit un liquide peu abondant, extrémement épais el visqueux, au point dé former un filet ininterrompu jusqu'au sol.
De la sécrétion des molaires. — Dans aucune espèce ammalé il n'est
d'étudier isolément l'activité de ces glandos; mais on peut au moins juger, par la méthode de la macéralion, des propriétés de la salive qu'elles sécrètent. Or les résullats fournis par cette méthode permettent de conclure conformément à la systématisalion de Duvérnoy. La glande molaire supérieure fournit un liquide analogue à celui de la sublinguale, tandis que la molaire inférieure sécrète une salive douée des mêmes propriétés que la salive paroti dienne, d'où le nom de parotide accessoire justement donné à cette glande.
De la sécrétion des glandes sous-muqueuses. — Quant aux glandules disséminées sous lamuqueuse dés lèvres, de la base de la langue ét du voile du palais, ce sont assurément des glandes à mucus fournissant une salive épaisse et gluante comme la sublinguule ét la sous-maxillaire. À défaut de l'observation directe qui n'est pus possible, les données de l’histologie établissent formelle= ment cette conclusion, D'ailleurs, la salive sécrétée pur un cheval porteur de quatre listules qui dérivent à l'extérieur les produits des deux parotides et des deux sous-muxillaires, est un liquide très visqueux et fortement chargé de mucus.
De la sécrétion salivaire en général et de son débit. — Si nous rsumons les faits qui précèdent, nous voyons que l'activité de l'appareil salivaire considéré dans su totalité, est commandée par ces deux circonstances fondu mentales, l'ubstinence et la mastication, et que la participation des différentes glandes est, dans ces deux circonstances, très inégale. Toutes interviennent pou= dant la mastication, mais la plus large part, au moins chez les hérbivores, @eb fournie par la parotide. L'activité de cette glande alleint une mesure vraiment extraordinaire et il est bien difficile de s'en faire une idée exacte tant qu'on n'æ pas vu la salive couler à flots sur un cheval pourvu de ses fistules et mangeant du foin ou de l'avoine. Cette abondance de l'écoulement parotidien est d'autant plus suisissante qu'elle survient avec une très grande sc neli, Ce brusque passage du repos le plus profond au maximum st un des caractères Les plus saillants de la sécrétion parotidienne du cheval, On ne le retrouve que sur la sous-maxillaire du bœuf dont lu sécrôtion est suspendue pendant la rumination, et la sous-maxillaire du chien qui n'entre en activité que sous l'influence des excitutions portées sur ses nerfs ou des provocations allachées
d'autant plus de salive, c'est--dire d'autant plus d'eau, qu'ils sont eux-mêmes moins pourvus de ce principe. Les expériences de la commission académique, présidée par Magendie, ont fourni sur ce point des chiffres d'autant plus probants qu'ils concordent avoe les résultats obtenus, d'autre part, el d'une manière indépendante, dans les recherches de Lussaigne.
Les fourrages sces (foin, paille)réclament, pour être mâchés, quatre fois leur poidsdesalive, l'avoine un peu plus d'une fois. la farine près de deux foiset enfin Les fourrages verts, quisont déja très aqueux, absorbent à peine la moitiéde leur poids de salive. Ces chiffres mesurent ce qu'on pourrail appeler le coefficient d'hjdratation desuliments.Ce coefticientest égal à 4 pour les fourragessecs ; 2pour la farine ; 4 pour les fourrages verts; 4/2 pour les racines. Les coefficients d'hydatation ne concordent pas nécessurement avec les quantités absolues de la salive déversée pendant la mastieation des substances alimentaires correspondantes, Par exemple, on a vu plus haut que pendant un repas d'avoine, la séerétion salivaire ost notablement plus active que pendant un répas composé de Loin ou de puille, ce qui semble contraire aux prévisions qu'on pourrait tirer des coefficients d'hydratation du foin et de l'avoine. Muis ce désaccord n'est qu'apparent, il s'explique fort aisément par cette circonstance que la mastieation du foin est plus laborieuse que celle de l'avoine et que, dans Le même temps, l'animal mange plus d'avoine que de foin.
Eu partant des bases fournies par les coeflicients d'hydratation, 1 est facile de mesurer l'importunce de la sécrétion sulivuire dans Les vingt-quatre heures, En prenant pour exemple les chevaux d'expérience de Colin qui recevaient et mangeaient pur jour, en moyenne 5 kilogrammes de foin et & kilogrammes de paille, on voitque la mastication d’une pareille ration réclame 10% 4 =40 kilogrammes de salive. En y ajoutant les 2 kilogrammes sécrétés pendant labstinonce on arrive au chiffre de 42 kilogrammos comme mesure du débit quotidien de l'appareil salivaire du choval. Pour les ruminants, Colin arrive À un chiffre plus élevé encore Ses expériences lui ont permis d'établir que pen» dant les huit heures qu'un bœuf emploie à mücher et à ruminer sa ration que tidionne, les glandes sulivaires déversent environ 40 kilogrammes de liquide, qui joints aux 46 kilogrammes de l'abslinence, font un total de 56 kilogrammes de salive versés en vingt-quatre heures dans le rumen.
Ti est clair que les masses d'eau relativement énormes représentées par Îés <hillres précédents, sont prélevées sur le liquide sanguin qui traverse les glandes sulivairés. Bien plus, la spohation quotidienne infligée au sang pur l'activité dé ces glandes dépasse de beaucoup la masse même de ee Muide, Mais il ne faut point étre surpris de ces phénomènes. Lu salive ingérée ne tarde pas à étre reprise par la circulalion et la spolialion salivaire du sang est rapidement neu= tralisée par une résorplion compeneatrice.
De la part de chaque glande dans la sécrétion salivaire totale — I n'existe aucun rapport entre Le volume des glandes sulivaires et l'abondance dé leur sécrétion. 11 cst donc nécessaire de procéder à la mesure directe de la part contributive de chaque glande. Colin y est aisément parvenu en sombinant la méthode des fistules salivaires avec celle de la fistule œsophagienne. La comparaison des quanlités de salive fournies respectivement par l'œsophage Fe par les glandes opérées d'une listule, donne immédiatement la part de ces
rnières.