‹ Êléments de physiologie. v.2Chapitre 120 sur 136 · DU RESOIN D'ALBUMINE. LIL · texte numérisé non relu

DU RESOIN D'ALBUMINE. LIL

Ja production de la chaleur, dans l'état de jeûne, varie de 40 à 20 p. 400 environ, Elle est donc toujours très faible et il est impossible de soutenir que la destruction de l'albumine vivante est commandée par les besoins de la calorificstion. Elle reste lrop loin du but pour qu'il soit légitime de l'y rattacher, Le mouvement de désorganisation de la matière vivante à donc ses motifs en lui-même ou, mieux, dans des conditions invisibles, mals indépendantes des besoins thermiques de l'organisme, Aussi bien, il se poursuit chez les animaux recevant une ration d'hydrates de carbone ou de graisse égale et mème supérieure à leurs besoins d'énergie chimique. Il est ralenti comme l'a montré Rubner, mais il ne s'arrête pas, ce qui prouve qu'il est irrésistible.

Du besoin d’albumine et du minimum d'albumine alimentaire, — La quantité d'albumine de la ration nécessaire pour compenser les pertes dues à la destruction incoercible de l'albumine vivante, semble pouvoir étre évaluée à partir des chiflres qui mesurent cette destruction, chez l'animal & jeun.

La destruction spontanée de l'albumine se tire aisément de la détermination de Varote total dans l'urine des vingt-quatre heures. On pout l’évaluer, choz los différentes ospèces, aux valeurs moyennes suivantes :

Quantité d'albumine détraite chez l'animal à jeun, par vingt-quatre heures et par kilogramme.

= 00,18 fi 0er, 80 (Ranke).

Las 03 à 4 43 tan Von Norden).

2 Gao à 06,50 Ces la vache laitière. 06,15 Chiffres admis par les rootechmiciens. Chez le mouton... 0050

Mais l'expérience montre qu'en fait, pour obtenir l'équilibre azoté, il faut que la ration d'un animal contienne une quantité d'albumine supérieure au minimum dépensé par cet animal à l'état de jeûne. Voit estimait à 2 ou 2,5 le xapport du premier terme au second, mais ce rapport est éminemment variable et il n'est pus de moilleur moyen, pour déterminer le minimum d'albumine ispensable à l'équilibre azoté, que de rechercher le taux de ce principe dans Y'alimentation spontanée de l'homme ou dans les rations d'entretien scientifiquement établies par les zootechniciens, pour les animaux.

Surle premier point, nous pouvons d'abord nous inspirer des rations données à la page 60. Elles contiennent une moyenne de 126 grammes d'albumine, soit » pour un homme de 70 kilogrammes, un minimum de 4#,8 par kilogramme et par jour ; en tenant compte du coefficient de digestibilité ce chiffre tombe à 1#°,6,

La ration proposée par Pettenkofer et Voit contient 448 grammes d'albumine, a qui donnerait un minimum de 4,7 pur kilogramme et par jour, et 48,5 seulement, après défalcation de l'albumine qui échappe à la digestion.

Mais ces chiffres sont évidemment trop considérables et nous allons voir que le minimum d'albumine nécessaire à l'entretion de l'équilibre azoté chez homme est boaucoup moins élevé, D'après Lambling, qui a multiplié les dosages de l'azote urinaire total des vingt-quatre heures, chez des personnes “très bien nourries et en parfait état de santé, ce minimum serait compris entre 4 gramme et 1,3, Enfin, les recherches de Lapicque ont monlré que dans certaines conditions de climat et de régions, co chiffre peut encore être

LOI DE L'ÉQUILIBRE AZOTÉ. Ur

que cette dépense supplémentaire ne soit pas faite pour engendrer l'énergie transformée dans Le travail.

Mais nous ne devons pas, pour le moment, nous préoccuper de ces influences particulières qui altèrent la mesure des dépenses normales et nous n'avons qu'à retenir le minimum d'albumine indispensable pour assurer l'équilibre de l'azote, chez les animaux maintenus au repos et recevant une alimentation suflisante. Ce minimum étant établi, nous devons nous demander ce qui arrive lorsqu'il est dépassé. foi, nous nous trouvons on présence d'une lai très rigou= reuse el très importante.

Loi de l'équilibre azoté. — D'une manière générale, sur un animal dontla ration suffit à couvrir les besoins de la ealorification, tout l'azote alimentaire se rétrouvé dans les excreta, En un mot, il y a équilibre d'azote, Mais cet équilibre peut étre obtenu avec des quantités fort inégales d'albumine, à ln condition que la ration ait toujours la mème teneur en calories. C'est ce que M. Lambling exprime en disant que « l'organisme tend à adapter toujours la désassimilation szotée à la grandeur de l'apport azoté alimentaire ». Prenons le cas d'un sujet dont la ration juste suffisante contient une quantité d'albumine supérieure au minimum indispensable. C'est le cas le plus général, Qr si, dans ces conditions, on change le taux de l'albumine, tout en modifiant en sens inverse le taux des principes ternaires, de manière à laisser à la ration la méme teneur en calories, l'équilibre de l'azote n'est rompu que passagèréement et il se rétablit en très peu de jours. Si, par exemple, on diminue le taux de l'albumine, les eflots du régime antérieur se font encore sentir pendant deux ou trois jours et les excreta contiennent une quantité d'azote supérieure à l'azote ingéré, mais cet excédent va décroissant et disparait bientôt. À ce moment l'équilibre est rétabli, mais l'organisme a diminué sa masse d'albumine dans la mesure de l'azote excrété en excès.

Que si, au contraire, on augmente la Leneur de la ration en albumine, on nssiste à des phénomènes inverses. Les excreta présentent, pendant deux ou trois jours, un déficit d'azote, déficit qui va déeroissant et disparait rapidement pour faire place h un nouvel équilibre. Mais dans le temps nécessaire au rétablissement de cet équilibre, l'organisme a augmenté sa masse d'albumirie dans la mesure de l'azote qu'il a retenu.

Ainsi, tout changement dans le taux des albuminotdes d'une ration suffisante entraine un changement inverse et rapide dans la masse des réserves albuminoïdes, 11 on résulte une rupture très passagère de l'équilibre azoté, qui se rétablit promptement. On voit que si les changements dans le taux de l'albumine d'une ration sont corrigés par des changements compénsateurs dans la proportion des principes ternaires, en sorte que la ration conserve la mème puissance Lhermogène, les conditions de l'équilibre azoté sont très simples, | Qu'arrive-t-il lorsque l'alimentation est surabondante ?

Effets d'une alimentation surabondante, — Cette question est dominée par une loi de lu plus haute importance et sur laquelle nous avons déjà insisté à > propos de la respiration. L'intensité des combustions respiratoires et, sous une forme plus large, l'éntensité des dépenses chimiques effectuées par les téesis

“vivants se règle sur les besoins de l'organisme,

Et quant à l'intensité de ces besoins, elle dépend à peu près exclusivement, “chez un animal au repos, du degré de ln température extérieure qui pèse immé-

DE L'ENGRAISSENENT, 519

reste donc 24270 calories qui ont été économisées et qui répondent à 2,608 de graisse, Ce bilan si intérossant doviondra pout-être plus démonstralif si nous le résumons,

Valeur en calories de la ration d'entretien... ‘600 calories.

Valou du supplément quotidien formé d'hydraies de carbonc et de graisse...

donnent.

Gralsso correspondant à ce reste — HER

On voit immédiatement la disproportion considérable qui existe entre la quantité d'albumine fixée dans la chair musculaire et la masse de graisse qui s'est accumulée dans le même lemps; 5 p. 100 des calories excédentes ont servi à l'engraissement azoté, lundis que le reste, 98 p. 100, a servi à l'accroissement des réserves adipouses.

L'expérience de Krug, unique en son genre, est un four de force qui n'a pas pu êtré poussé au delt du quinzième jour et qui a dû prendre fin devant les | répugnances de l'expérimentateur,

Par contre, tout le monde sait que la plupart de nos animaux domestiques stengraissent facilement et il ne nous appartient pas de donner sur ce point les “renseignemenls techniques que l'on trouve dans les ouvrages spéciaux. Nous ne nous attacherons qu'au point de vue qui nous a retenu plus haut, celui de la

slatique chimique de l'engraissement.

L'expérience de Krug faisait ressortir une disproportion considérable entre 'albumine fixée à l'état de chair musculaire el la graisse formée. Pour être moins étendu, l'écart qui se manifeste, dans l'engraissement des animaux, entre en deux produits de la synthèse organique, acquiert encore une très grande valeur. H résulte des recherches de Lawes et Gilbert que Les divers principes “ncquis par un animal, au terme de son engraissement, se répartissent dans los "proportions suivantes pour les principales espèces :

Quantités pour éent des divers principes entrant dans Faceroissement du poids d'un animal engraissé.

Ghass.

LE

Ga,

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