‹ Êléments de physiologie. v.2Chapitre 135 sur 136 · ACTION DE LA CHALEUR ET DU FROID SUR LES TISSUS VIVANTS · texte numérisé non relu

ACTION DE LA CHALEUR ET DU FROID SUR LES TISSUS VIVANTS

Les manifestations de la vie, en tant que modes de l'activité et de l'énergie vivante, se rattachent toujours à des réactions chimiques qui sont la source originelle de l'énergie transformée par les êtres vivants, C'est à ce point de

Mi vue que la vie est vraiment une fonction chimique et qu'à co titre elle est placée sous la dépendance de la chalour extérieure.

Toute réaction chimique réclame, en effet, pour s'accomplir, une certaine

intité dé chaleur. Elle constitue un travail moléculaire, dans la production

el se trouve engagée primitivement une dépense inévitable de chaleur,

dire la dépense d'un travail que M. Berthelot a appelé le {ravail préli-

On aperçoit la l'intervention d'une loi générale qui s'étend aux êtres

ts et qui domine les actions chimiques dont ils sont le siège. El, de même

dans les laboratoires ordinaires, l'intensité des réactions chimiques

nié avec l'intensité du foyer de chaleur qui les détermine, de même,

les laboratoires vivants, l'intensité des phénomènes chimiques de la vie

nte avec La température des tissus, * corrélation, les manifestations de la vie elle-même subissent une varia- De là résultent ces fluctuations bien connues de la végétation dengourdit en hiver pour reprendre son essor au printemps et s'épanouir nent en été. De là aussi gale répartition des végétaux dont le nombre Aavariélé vont en s'épuisant, au fur et à mesure qu'on s'élève à des altitudes ou à des latitudes plus voisines des pôles, animaux n'échappent pas à cette loi ni à cette influence, et si on prend témoin du.chimisme vital les combustions respiratoires, on constate “leur intensité s'élève progressivement avec la température extérieure, Of une grenouille peut être privée d'oxygène pendant deux jours, mais suceombe en quelques minutes, si sa température est à 30° (Regnault

N ici, il faut s'arrêter devant les différences graves qui séparent, sur ce bles hétérothermes et les homæothermes, On voit pur l'expérience de £t Reiset que, chez les premiers, les phénomènes chimiques de ln

nt toutes les Quetuations de la température extérieure et varient le même sens. Au contraire, les homæothermes font varier l'intensité de

leurs combustions en sens inverse de la température extérieure, et c'est précisément grâce à ce pouvoir de régulation, qu'ils peuvent fixer leur température propre un degré invariable et s'affranchir ainsi de l'influence immédiaté dé la chaleur extérieure. Par la, ils obtiennent le privilège d'une vie uniforme &t continue, parce qu'elle reste sous la dépendance d'un milieu artificiel, maîs inva: viable, au point de vue {hermique, Par opposition, les létérothermes vivent | d’une vie plus ou moins intense selon que la température extérieure est plus ou moins élevéo. [ls reflètent toutes los fluctuations de cotta température, et leur activité vitale alterne avec les saisons. Elle a des minima où elle est comme suspendue où latente, et des maxima où elle atteint son apogée. En un mol, elle est d'iscontinue (CL, Bernard). |

Mais cos considérations générales ont déj été développées ailleurs, et, à propos des conditions extérnos des phénomènes de lu vie, nous avons iles Limites extrêmes dé la température compatibles avec l'existence (p. 6). d

Nous devons maintenant nous arrêter sur un autre point. |

Action de la chaleur et du froid surles tissus vivants et sur les élé- | ments anatomiques. — Relativement à la cellule et, d'une manière plus large, relativementau protoplasma, les observations deNægeli,Schultre/Kuhne peuvent se résumer dans une loi générale : l'irritabilité de la cellule s'accroît de0ra40 ou 4%. À lu limile inférieure, c'est-à-dire à 0°, les manifestations de ln vie cessent dans le protoplasma cellulaire comme elles cessent, d'ailleurs, chez tous les êtres vivants. À celte température, le protoplasma s'immobilise dans la forme sphérique et subit ce que les auteurs allemands appellent ln rigidité frigorifique [Kaltextarre (Pickford, Kubne)}. Nous savons que, chez Les res inférieurs, ectte rigidité n'est pas l'expression de la mort. Pour a; V'irritabilité n'est pas éteinte et se manifestera de nouveau si la relève. Pour cette catégorie d'êtres ou d'éléments, la rigidité frigorifique fe tue pus (Hofmoister, Kubne, Pictet), et la congélation elle-même n'entraiseln mort que si elle a lieu dans des vases hermétiquement clos, parce que, année conditions, elle est accompagnée d'une pression énorme po le protoplasma (Madeuf). A la limite supérieure, le protoplasma subit} calorifique où Warmestarre des auteurs allemands, Nous aurons à prés bientôt le sens de ce mot. =

Il existe done un minimum et un maximum de température qui produisent la rigidité; mais, entre ces deux termes, se place un degré de tempérstné optimum, pour lequel l'irritabilité atteint son apogée et qui est, d'ailleurs, très voisin du terme supérieur, Tel est l'ensemble des conclusions qui dégagent des nombreuses observations dirigées sur les diverses formes del cellule (cellules végétales, amibes, leucocytes, spermatozoïdes, etc.)

Mais l'un des meilleurs objets d'étude, etle plus intéressant, estle: qu'il peut être aisémont isolé ot donner spontanément un témoignage de tabilité dans un élément fondamental de l'organisation, la fibre musculaires Cyon à recherché les ellels de la température sur le cœur des vertébrés &sue froid, en appliquant au cœur de la grenouille, le dispositif à juit | Ludwig, pour faire agir, sur cet organe, une circulation artificielle, Ia wu que, dans cette espèco animale, le rythme et la force des battements uen s'accroissent à partir d'un minimum compris entre Of et 4* jusqu't un de 40°, En dech ou au delà de ces limites, le cœur arrête ses battementset sin

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