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DE LA DÉGLUTITION

La déglutition est le passage du bolalimentaire, de la bouche dans le pharyns, l'œsophage et l'estomac. C'est un phénomène très rapide ct très complexe et qui, en raison même de ces caruclères, a donné lieu à des recherches aussi nombreuses qu'elles sont diverses par les méthodes employées. On s'est borné fréquemment à l'observation directe des faits par l'examen laryngoscopique, (Maissiat, Moura, Guinier), alors que déjà, on avait eu recours à la vivisection (Magendie, Longet). La méthode graphique ne pouvait manquer d'intervenir à son tour (Arloing, Carlel). Enfin, il convient de signaler le procédé ingénieux des bolscaptifs, qui consiste & offrir et à faire déglulir à un animal des boules d'ivoire ou de bois, retenues par un fil (Mosso, Lannegrace). Le procédé donne tous les renseignements qu'il est cupable de fournir, lorsqu'on le complète à la manière de Ranvier, en attelant le bol artificiel à un chariot inseripteur; on obtient ainsi la courbe de sa progression.

Déglutitions isolées et déylutitions associées, — Le mécanisme du phénomène de la déglutition diffère par quelques détails, selon qu'il se produit à de longs intervalles, comme dans La déglutition des aliments solides, ou à des intervalles très rapprochés, comme dans la déglutition des liquides. Aussi a-t-on coutume d'étudier le phénomène dans chacune de ces deux circonstances. L'état physique des aliments exerce incontestabloment une influence prépondérante, et c'est lui qui donne à la déglutition le rythme lent ou fréquent que nous avons vi Mais il convient de remarquer qu'on péul boire à pétiles gorgées dans des déglutitions isolées, et qu'enfin, lorsqu'un animal a fini de boire, et alors inême qu'il a mis une très grande avidilé et une très grande précipitation dans son cle, il conserve duns sa bouche une certaine quantité de liquide qui doit être repris par une déglutition secondaire indépendante des autres, et sûparde d'elles par un intervalle suisissable, en un mot par une déglutition isolfe, C'est donc le rylhme qui pèse sur le mécanisme des déglutitions, et c'est d'après le rythme que nous les distinguons, avec M. Arloing, en déglutitions isolées et en déglutitions associées et successives.

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DES DÉGLUTITIONS ISOLÉES.

Un acte de déglutition comprend plusieurs étapes ou plusieurs temps, répondant à l'intervention successive de La bouche, du pharynx et de l'æsophage. De à la distinction des trois temps suivants établis par Magendie : le temps buccal, le temps pharyngien et le temps æsophagien. Comme il n’y a pas d'avantage Lien appréciable à simplifier cette division du phénomène, nous Ja conser= verons sans y rien changer,

Temps buccal. — C'estun temps préparatoire dans lequel, après qu'il a été élaboré par la mastication combinée à l'insalivation, l'aliment isolé et formant bol est conduit à l'isthme du gosier. A ee moment précis commence la déglutition proprement dite et le temps buceal peut être considéré comme appare tenant à la mastication (Arloing), Quoiqu'il en soit, ce premier temps est l'œuvre de la langue, qui se renfle et dont lu base ninsi gonflée se porte en arrière, refoulant le bol qui glisse aisément entre les plans inclinés que lui offrent la Janguë et la voûte palatine. Dans cetle action simple la langue est assistée par Le mylo-hyotdien.

Immobilisation des mdchoires, — En même temps que ces phénomènes se produisent, l'action synergique des muscles masticateurs rapproche hermétiayuement les mâchoires. On considère co phénomène comme destiné 4 aseurer Aa fixité des attaches des muscles qui ont à intervenir. ,

On à fait également remarquer que le rapprochement dés mâchoires à pour <fret de réduire au minimum la cavité buccale, et d'introduire, ainsi, une condition éminemment favorable à l'action exercée sur le bol par lalangue etle mylohyoïdien. On peut déglutir, il est vrai, la bouche ouverte, à lu condition de serrer entre les dents un corps dur servant de point d'appui, c'est-à-dire à la <ondition d'immobiliser les müchoires. On a conclu de ces fails que cotte immohilité avoc La Hixité des actions musculaires qui en est la conséquence, est bien Aa condition poursuivie et réalisée par les muscles maslieateurs. Nous n'en Sommes pas sûr, ct la raison de notre doute est que, dans l'expérience qui précède, la déglutition est plus difficile, ct que sa difficulté augmente avec le degré d'écartement des mâchoires, si immobilisées qu'elles soient par l’interposition aan corps dur. Pour ce motif, nous inclinons à penser que le résuliat poursuivi par le rapprochement des mâchoires est l’occlusion de la bouche et Veffacement aussi complet que possible de so cavité. 11 semble que cette interprétation trouve un argument favoruble dans ce fait que l'effort des muscles aaslicateurs est d'autant plus puissant que le bol à déglutir a an plus petit volume, D'ailleurs, et cette circonstance parait décisive, il est possible de déglilir sans immobiliser les mûchoires, à lu condition d'appliquer la langue Rrecl voûte palatine et de fermer la bouche en avant.

ion des mouvements de mastiration. — 1 suffit de signaler le fait à saphce; il est implicitement contenu dans ce qui précède.

gien. — Ce temps est infiniment plus complexe que le précé

Aént:Dbs que le bol a Louché l'orilice antérieur de l'isthme du gosicr, il sollicite

tinmédiatement, et d'une manière irrésistible, la contraction péristaltique des

ronsinieleurs du pharyox qui s'emparent du bol et le font progresser, Mais

cette sétion prépondérante et fondamentale du pharynx est accompagnée d'un

grand nombre de phénomènes auxiliaires et corrélatifs. Tels sont les mouyements du voile du palais, les déplacements du larynx, l'occlusion des voies respiratoires et de la glotte et enfin, l'aspiration thoracique, Étudions successivement ces différents points.

Hiôte du pharynæ, — Le pharyox agit par la contraction péristaltique de ses muscles constricteurs. Cette contraction entraine l'eMacement progressif de sa cavité qui se ferme d'avant en arrière sur Le bol, et Le fait progresser. En même temps qu'il se rétréeit, le pharynx se raccourcil par l'élévation de son extrémité inférieure (contraction des faisceaux antérieurs du ptérygo-phargngien). Le trajet pharyngion ct ainsi d'autant plus abrégé que l'extrémité supérieure de l'œsophage, intéressée dans l'action du ptérygo-pharyngien ét du ericophuryngien, se porte en avant et mi enquélque sorte à la rencontre du bol. En résumé, les agents essentiels de la déglutition pharyngienne sont les constricteurs du pharynx. Le mécanisme de l'opération réside essentiollement dans l'action péristaltique de ces muscles, et co mécanisme cet à la Fois si simple él table, qu'on est surpris de voir se produire certaines théories dépossédaut les constricieurs de tout usage. Telle, la théorie de l'aspirution soutenue notamment par Maissiat et pur Guinior, Dans cette conception, Le bol est appelé au fond du pharynx et à l'entrée de l'esophage par un vide, encore hypo= thétique, et dont les auteurs négligent d'établir et lu réalité et le mode de produclion. Sans doute, à ce moment de la déglutition, on peut constater, etM. Arloing a constaté, des pressions négatives qui surviennent au fond du pharyax et à ntrée de l'asophage. Mais ce fait n'est pas ici essentiel, et on ne saurait lui attribuer un rôle fondamental et exclusif dans la progression du bol.

Mouvements du voile du palais. — Dès l'accis du bol alimentaire dans l'islhme du gosier, le voile du pulais se soulève brusquement (sans doute pour admeltre Le bol), mais il s'abaisse immédiatement après, s'appliquant aurce méme bolalimentaire avec lequel il sorait dégluti s'il n'était retenu pur sos attaches, Le voile du palais exécute donc une oscillntion double que l'on démontre dé plusieurs manibres ? on peut la percevoir directement à l'aide de l'obs 7 = vulion laryngoscopique. Debrou l'a rendue sensiblo entr da le pr l'aide d'un stylet introduit par les cavités nnsales

si int

sun dans les cavitéx nu- jusqu'à leur ouverture gutturule. Or ce témoin, asales (N) et le pharynx LP. fionné par le voile, décrit, à l'extérieur, une double su moment d'une déglu .

Gion (Arioing} oscillation tout à fait démonstrative, Maissiat 88 con-

lenlait d'ouvrir une de ses narines dans un tube de verre plongeant dans l'eau. On obwrve dans ce cas, dans le niveau du liquide, des changements en rapport avec les mouvements précités du vuile du palais, Le tube de Maissiat conslitue un véritable manomètre, accusant les changements de pression qui résullent des mouvements du voile et se l'ont sentir

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