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PHÉNOMÉNES MÉCANIQUES DE LA DIGESTION GASTRIQUE

1° CHEZ LES MONOGASTRIQUES.

Sauf chez les rongeurs, au moins chez le lapin, l'estomac nprès unenssez longue période d'abstinence est vide d'aliments et revenu sur lui-même, Pen dant les repas, les matières admises dans le viscère se superposent dans l'ordre de leur arrivée, mais elles ne tardent pas à se mélanger, même chez les solipèdes, ol en dépit de leur cohésion, sous la double influence du liquide qui les imprègne et des mouvements de l'estomac. Elles s'accumulent dans ca viscère et le distendent plus où moins, selon la voracité des animaux ct l'abondance du repas. Cette distension n'arrive jamais jusqu'aux limites extrêmes dé la réceptivité de l'estomuc, et cos limites subissent de nombreuses variations spécifiques ou individuelles. La capacité moyenne de l'estomac est de 5 10 litres chez le chien, Chez le cheval elle est en moyenne de 17 448 litres. Elle

fistules son très heureusement complétées pur l'étude des viscères sur l'animal sacrifié en pleine digestion.

Voici en quelques mols Les résultuts fournis par l'emploi de ces diverses méthodes. Lerumen présente, on lesuit, deux compartiments (Gg. #8): un comparti-

ment supérieur où gauche recevant la torminaison de l'æsophage et un compartiment inférieur ou droit, L'ensemble formeun réservoir dont lacapacité, chezle

Fig. 18. — Appareil gustrique des Ruwinants.

a, œsophage; b, cul-de.sne gauche où supérieur du rumen ; h,cul.de-snr droit on inférieur: d, rsenu ; c, feuillet :f, caillette,

bœuf, ne compte pas moins de 150 ou 200 litres et qui, même en pleine abstinence, contient toujours une très grande quantité de matières alimentaires noyées dans l'eau, Done, au moment du repas, Le rumon est déjà rempli a moitié et contient notamment de grandes quantités de liquide. La proportion dessotides réste loujours relativement faible, et c'est à peine si à la fin du repas elle forme le quart de lu musso Lotale,

Si on observe la répartition des aliments au moment où ils sont ingérés, on constate les points suivants : quides et les solides tendent à se supers poser dans l'ordre de leur densité, Les premiers s'accumulent dans le cul-desac droit du rumen, dans le réseau et e"échappent en très minime quantité dans le feuillet et la caillette. Les aliments solides tombent surtout dans le rumen où ils s'accumulent pour émerger dans le cul-de-sac gauche. Quelques bols de petit volume ou des fragments de bols peuvent être exceptionnellement retenus por la goultière asophagienne et conduits dans le feuillet où la caillelte. Mais s'est l'exception et la masse presque entière de la ration s'engloutit dans le rumen. La répartition qui précède est d'ailleurs très instable et passagère, Sous l'influence des mouvements combinés du rumen et du réseau qui produisent une agitation incessante, lessolides et les liquides tendent à former un mélange homogène. -

La direction générale des contractions du rumen apparaît malaisément, On sait seulement qu'elles sont toujours partielles et se déplacent à la manière

se meltent à l'abri de toutes les causes qui pourraient troubler leur quiétude, A l'étable, rien ne vient menacer leur sérénité et dès qu'ils ont achevé leur ration ilssecouchent pour ruminer, Normalement, la rumination réclamerait, en effet, une immobililé complète; mais cette condition n'est pas indispensable, et on voit beaucoup de bœufs qui ruminent au labour, soit pendant la marche, soit au bout du sillon, et dans l'intervalle de repos que le bouvier laisse à son a

Parmi les conditions de la rumination, l'état de santé des animaux doit surtout être pris on considération. Le trouble fonctionnel le plus superficiel suffit, parfois, h l'empêcher ou à l'interrompre. Ce signe ne contient évidemment aucune indication précise, étant donnée la diversité des troubles qui peuvent arrêter la rumination, où tout où moins, introduire dans la fonction des interruptions plus ou moins prolongées. Mais les affections de l'appareil digestif et purmielles, Vindigestion du rumen avoc le météorisme qui l'accompagne, ont une influence décisive, Les ruminants sont particulièrement prédisposés au météorisme, Les musses alimentaires contenues dans le rumen sont, en ellet, Le siège de fermentations incessantes, donnant lieu au dégagement d'un grand nombre de gaz {CO*,CH",Az,H). De là les éructations que l'on observe fréquemment, chez les bœufs, au cours de la rumination, et par lesquelles ces animaux se délivrent des gaz en excès dans le rumen. Îl y a là comme une sorte de phénomène régulateur qui se Lrouve évidemment mis en défaut duns le cas d'indigestion grave et où le météorisme prend des proportions tellement menaçantes que l'animal peut pôrir d'asphyxie. Dans l'immense majorité des cas, on peut heureusement prévénir ce dénouement par une chirurgie sommaire, la ponction du rumen.

En dehors des maladies de l'appareil digestif, ce sont surtout les affections aiguës, capablos de déterminer un mouvement fébrile, qui troublent larumination ou en empéchent complètement l'exécution. Par contre, les affectionschroniques les plus graves, comme la tuberculose, n'ont pas d'influence sensible, et co n'est que dans les cas de phiisie très avancée que l'on assiste à des troubles digestifs intermitlents, à des indigostions suivies dé météorisme, et capables d'arrêter la rumination. Ces troubles sont précisément altribués à uné influence purement mécanique se raliachant à l'hypertrophie des masses gans glionnaires du médiastin, envahies par la tuberculose, 11 en résülterail une compression où une gêne de l'œsophage capables d'empêcher l'évacuation régulière des gax du rumen,

Signes extérieurs de la rumination. — Au moment où la réjection du bol rétrograde va s'accomplir, la mastication s'arrête, C'est le prélude d'une déglutition, la déglutilion mérycique. Le bol suflisamment mâché est envoyé dans le rumen et on voit passer lo long de l'œsophage une onde directe qui en trahit la progression. Cette déglulilion est immédiatement suivie de la réjection du bol destiné aux mächoires et l'sophage est parcouru par unes onde rétrograde qui dénonce le passage de ce bol, après quoi les mouvements de la mastication sont repris, La réjection comporte donc uné pawse des mächoires remplie par deux ondes œsophagiennes : l'onde directe de la déglu= ition mérycique et l'onde rétrograde de la réjection. La durée totale de ces phénomènes alteinl à peine quelques secondes. Ils se reproduisent périodique= ment à intervalles réguliers, 40 où 50 fois par heure, Mais il faut achever la peinture du phénomène : le bol rejeté sous les mâchoires est accompagné par une quantité assez grande de liquide qui ne saurait rester dans la bouche;

lun.

us DE LA DIGESTION GASTAIQUE.

un instant avant le passage du bol rétrograde. D'autre part, la très grande fluidité des matières alimentaires occupant la région du cardia les rendrait très dociles à l'appel d'un vide intra-œsophagien. On sait, enfin, que le bol rélrograde est associé à une Lrès grande quantité de liquide qui doit étre dégluti après la réjection.

La théorie dé M. Chauveau, déjà si vraisemblable, a été soumise à l'épreuve expérimentale par Toussaint, qui a mis en œuvre, pour analyser le ruminalion, toutes les ressources de la méthode graphique. Tous les phénomènes liés à la réjection ont été reeucillis par des explorateurs ad Jvc et enregisleës simultanément : Tels sont les mouvements des mâchoires, du thorax, de l'abdomen #t du diaphragme, les variations de la pression de l'air dans la trachée et dans Les

Fig. 10.

Of, mouremonts do Fsophage ; ad, déglutition précédant la réjection ; ab, passage du bol rejeté sous les müchoires ; D, mouvements dos mâchoiros: de c en b, pouso der mâchoire pendant Le passage des ondes œsophagiennes (réjoction et déglutition préalable. Toussaint).

cavités nasales, le passage des bols déglutis et des bols rejetés, Les tracés auivants, que leur légenderend suffisamment explicites, établissent lesynchronisms et le mode de tous ces faits, Dans le tracé de la figure 49, on peut constater la pause des mächoires dont nous parlions plus haut et surprendre dans la courbe CE des mouvements de l'œsophage, le passage des ondes caractéristiques C'ést-h= dire la déglutition méryeique, la réjection et les déglutitions liquides qui suivent l'arrivée du bol dans la bouche. Mais les autres graphiques contieonent des renseignements directement liés à la théorie de M. Chauvean.

On y voit les choses suivantes : &. La réjection du bol est immédiatement précédée d'une chute brusque de la pression intra-trachéale, et par conséquent d'un vide intra-thoracique (fig. 20). — à. Ce vide accompagné d'une acclusion de la glotte qui le rend plus profond et plus efficace (fig. 2). — c. 1 est déterminé par une brusque contraclion du diaphragme. d. Les mouvements corrélalifs du thorax et de l'abdomen sont purement passifs et dé-

ln

PHENOMÈNES MÉCANIQUES DE LA DIGESTION GASTRIQUE. sis

pendent des déplacements opérés pur l'osci

ion du diaphragme (Mg. 20).

Les points essentiels dé 1 ï

a théorie de M, Chauveau sont donc rigoureurement

Fig. 40.

Ke eoutle des niouvenents du thorax: A, courbe de l'abdomeu: T, courbe ile la pression delartensatmenées %, dépression indiquant la chute dé la pression fntra-trachéals qui seprodulleu montent de ln rélection; s4, op, variatious corrélatives et averses du périmètre oracle et dupérimètre abdominal qui se produisent en fonction de la contraction du daphragnie (Toussaint).

dnblis Maïs les expériences suivantes de Toussaint lui donnent une nouvelle crilenee Après la Erachéotomie, l'ocelusion de la gloite n'a aucun effet et le

Fig, 21

Métirbe des variations de la pression dans les cavités trasales : de e, en 7, cetle pression Marre pendant la réjéction, ce qui prouve que la glotie est fermée (Toussaint)

Æjhragme ne sulürait plus à produire un vide efficace; on constate alorsque ce Male st sise pur Les autres inspirateurs, et que le thorax, qui d'ordinaire

demeure pussifetn'intervient pas dans la réjection, se dilate activement et ajoute son action aspiratrice à celle du diaphragme. Que si on paralyse le diaphragme par la section des nerfs phréniques, ce musele est entièrement suppléé par les autres muscles inspirateurs qui interviennent d'une manière exceptionnellement énergique ét produisent seuls le vide intra-thoracique,

Toussaint u couronné sû démonstration en réalisant la synthèse de la réjeetion, Pour obtenir cc résultat sur un bœuf, il suffit d'isoler les nerfs phréniques et de porter sur eux une courte série de chocs induits. Le diaphragme se contracte el la réjection u lieu ; mais l'expérience réussit beaucoup mieux si onprend la précaution de boucher le nezde l'animal, pendant la durée

Hig.

KR, moavements du rumen:; WE, mouvements de l'æsophage. Les contmetions comme +, du rumen, interviennent longtemps après la réjection » et sont dtrangéres à la production de, Le phénomène.

de l'excilation, Aussitôt, on assisté à une violente expulsion dé matières alimenlaires qui. associées à une grande quantité de liquide, sont rejetées avee force pur là bouche de l'animal et lancées à plus de deux mètres de distance. On peut done conclure définitivement : la réjection normale & pour cause immédiate une aspiration s'e de l'œsophuge, par suite du vide intrathoracique provoqué nu du diaphragme. Cette aspiration est efficace en raison de la lnidité des aliments séjournant au pourtour du cardia(4}.

De la part du rumen dans la réfection, — Colin fuisait interveoir la panse dans la réjoction, Il s'appuyait probablement sur les expériences dans lesquelles il a pu déterminer la production du phénomène pur l'excitation électrique des nerfs vagues. Mais cet auteur a très vraisemblablement excité les nerfs intacls, et il a peut-être obtenu un simple vomissement par voie réflexe. D'ailleurs, les oxcitations centripètes dunerf vague pouvent déterminer, au début, une brusque inspiration et introduire pré nent ce vide intra-thoru= cique que nous venons de voir,

Ce qu'on peut aflirmer, c'est que le rumen n'intervient pas directement et par des contractions spéciales pour produire la réjection. Toussaint enregistre

du méeanisme qui vient d'être exposé s'appliquent au mérycisme de.

{1) Tous les dét et G, Linossier, 1893 et Singer, 1804).

Fhomme (G. Lemoi

des canaux de Sténon, la rumination, d'abord très lahorieuse, très pénible et interrompue, finit par s'arrêter complétement {Colin}. Ce résultat ne réclame pas plus de deux où trois jours, À l'autopsie, la panse et le feuillet contiennent du foin desséché formant des masses durcies et moulées dans les Mdorniers compartiments gastriques. Ces phénomènes sont d'autant plus remar- 4juables que les animaux d'expérience avaient de l'eau à discrétion.

De lu répartition des aliments dans l'appareil gastrique pendant Ja rumination. — Les aliments ramenés par l'œsophage, aprés la mastication méryeique, tombent manilestement dans le rumen (Colin). Lis sont par là même exposés à relourner sous les dents ét à subir plusieurs mastications successives £e qui en achève la préparation, La déglutition mérycique n'a donc pas pour effet de distribuer les aliments ruminés au feuillet et à la caillelte. Cette distribution est un autre côté du phénomène et conslitue une fonction à part. Le feuillet et In caillotte s'alimentent directement dans le rumen avec ou sans le concours de la gouttière æsophugitane, que sa disposition ne désigne pour aucun rôle particulier, car elle varie d'une espèce animale à l’autre. En somme, la rumination a pour effet d'accumuler dans le rumon des aliments do plus en plus mous et de plus on plus divisés. Il on rôsulte une bouillie homogène livrée, peu à peu, étau fur et À mesure dé sa préparation, aux autres réservoirs gastriques. C'est un des points les mieux élublis par les observations instituées pur Colin à l'aide do la méthode des listules gastriques,

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