‹ Êléments de physiologie. v.2Chapitre 7 sur 136 · ORIGINE DES ALIMENTS · texte numérisé non relu

ORIGINE DES ALIMENTS

Les aliments sont d'origine animale pour les carnivores et d'origine végétale pour les herbivores, mais cetle différence n'est point fondamentale, car si variable que soit leur régime, ous les animaux sont, à l'égard de leur alimentation, placés sous la dépendance du monde végétal. Ils sont inhabiles à faire la synthèse des principes

L'opération consiste à transporter, sur le sol infécond, des masses deterre empruntécs des champs préalablement cultivés en légumineuses, On a pu, ainsi, fertiliser des Lerres Lourbeuses où des terres de bruyère jusque-là stériles (Salfeld, Wilfarth}. DE Rhin bonn ent cn pot da vus industriel pour restèr sue celui de fa biologie générale, Le fait, mis en lumière par Wilfarth et Hellriegel, est pacticulier aux LE eee son intérét est, par conséquent, borné à la considération

d'une singularité Lout à fait insuflisante pour asscoir une théorie complète de la synthèse vôgétale. La symbiose des légumineuses et d'une bactérie fixatrice d'azote, quelles que soient sa puissance et sa portée économique, resterait un fait isolé d'histoire maturelle, si Fon n'était autorisé à y voir le grossissement local d'un phénomène beaucoup plus général et d'une grande fonction important à la vie universelle,

Microbes firateurs de l'azote atmosphérique et indépendants de toute végétation, — C'est, en effet, sous cel aspect qu'il faut envisager la question. La fixation de l'azote atmo-

dans le sol est l'œuvre dés infiniment pétits.

Dès 1887, M, Berthelot annonça que la terre nue s'enrichit on azote. Des échantillons «ie terre arable exposés à l'air s'enrichissent de telle facon, que le gain calculé pour un hectare s'élèverait à plusieurs centaines de kilogrammes par an.

Ce phénomène est l'œuvre des microbes, puisqu'il n'a plus lieu sue dos torros slérilisies parle chauffage.

La découverte de Berthelot rencontra tout d'abord de vives résistances; mais elle & été confirmée par denouvelles recherches de lillustre chimiste, et par M. Winogradski. Colui-ei, à lasuite de M. Berthelot, a pu isoler et cultiver des organismes incolores aptés. à liser l'asole. Celle aptitude est d'ailleurs commune à un grand nombre d'espèces, parmi lesquelles, à côté des bactéries spéciliques, IL faut compter de nombreusés variétés de mucédinées, comme l'Aspergillus niger.

Nous connaissons maintenant tous les moyens de l'alimentation azotée des végétaux, el nous pouvons les résumer ainsi :

Les plantes puisent directement l'azote dans le sol, sous la forme de sols d'ammoninque ou de nitrates alealins, L'asote minéral absorbé par les plantes dérive de l'azote organique où humus, sous l'influence do ferments spéciaux,

L'azote mis en œuvre par la vie végétale et par la vie animale est directementou indirectement restilué au sol arable.

Une grande partie de l'azote en circulation est annuellement détourné du cycle et définitivement perdu pour la végétation (drainage des nitrates), La perte, de eu chef, peut ètre évaluée à 100 kilogrammes, environ, par an et par hectare. Étant donnée la teneur moyenne du #01 arable, 6000 kilogrammes par hectaro, cotle provision serait épuisée en moins d'un siècle (1).

L'asle du sol est done l'objet d'un renouvellement incessant, qui compénse ot aù del Jex pertes annuelles.

La source de ce renouvellement est nécessairement dons l'almosphére qui représente le seul gisement d'azote arcessible à ls végétation.

Les plantes vasculaires sont radicalement incapables de fixer l'aolé gazeux dé l'atmosphère.

Celle fixation ost opérée, soit par des microbes spéciliques, soit par des microbes volgnires. Les matières afbuminoïdes élaborées par les microbes teurs à l'aide du l'avote atmosphérique subissent l'évolution ordinaire et passent à l'état d'humus.

Tout l'azote organique actuellement en circulation dans le monde vivant à été prélevé dans l'atmosphère par les microbes lixateurs, La vie repose donc sur la préexis tence de ces êtres lnfimes, qui ont éLé et demeurent les intermédiaires nécessaires entre le monde minéral et le monde végétal.

La fixation de l'azole atmosphérique par les organismes inférieurs revét ainst les

Li) Voir ln restriction exposée dans la note précédente.

Hn'ya pas hso préoccuper de la régulation à l'égard dos autros éléments simples, qui sont surabondamment répandus dans ln nature. En ce qui louche Fazote, nous avons vu que, si les fonctions de la vie animale en opèrent la restitution intégrale, le stock d'azote en circulation s'appauvrit de celui qui est détourné annuellement par Jeseaux el emporté dans La mer. Mais la fonction microbienne meltant celui de l'air à Ja disposition des végétaux, l'atmosphère représente un gisement que l'on peut considéror comme pratiquement inépuisable,

Relations dynamiques des animaux et des végétaux, — Au point de vue de l'énorgélique générale, la synthèse végétale aboulissant à l'édification des principes immédiats est une production d'énergie chimique. Mais selon la loi inviolable de la conservation dé l'énergie cetle production esl contemporaine d'une dépense équis xalente d'énergie extérieure. La réduction de l'acide carbonique est en effet un travail chimique qui s'alimente dans uno consommation d'énergie solaire, Les végétaux déplacent ainsi une partie de l'énergie extérieure qui se trouve désormais soustraite à sa promiére forme el mise en tension dons l'œuvre chimique de la plante. Les végétaux sont donc des accumulateurs d'énergie.

En décomposant et en oxydant les principes immédiats spprovisionnés dans les plantes, les animaux libèrent l'énergie accumulés dans ces principes. pour en faire de la chaleur où du mouvement, Ils défont l'œuvre du végétal ot procèdent à l'inversis de Ia plante sur ln matièra et l'énergie extérieures Pour parler le langage de Tyndall, la vie de la plante équivaut à l'élévation d'un poids. Celle de l'animal équivaut à la chute de ce mème polds. Sous ane autre forme, le mouvement el Ja chaleur produits par les animaux sont la restitution intégrale de l'énergie solaire dépensée dans la synthèse végétale, On voit que la eireulation de l'énergie dans. les troïs règnes est exactement superposée à la circulation de la molière. Mais l'achèvement du eyele ne restitue pas les choses dans l'état initial, puisque l'œnvre de ln vie a pour effet définitif de transformer l'éncrgie solaire et de la rejeter à l'extérieur sous un mode banal et inutile: la chaleur sensible émise par les êtres vivants,

Unité de la vie dans les deux règnes. — Nous n'avons retenu, dans les consldérations qui précèdent, que les phénomènes dominateurs de la vie dans les deux règnes. La synthèse végétale et l'analyse animale constituent deux fonctions réciproques el complémentaires saus lesquelles les deux règnes vivants ne trouxeraient ni la raison ni los conditions de leur existence, Ils ne valent et n'existent, l'un et l'autre, que par la marche inverse qu'ils imposent à la matière et par l'anlagonisme dé leurs opérations. C'est donc à bon droit que cet antagonisme ost posé comme le fait 1 plus grave et le plus solennel de la vie, puisqu'il nous donne de la vie mème la seule formule à laquelle nous puissions prétendre. Seul, il nous permet d'embrassor ln monde vivant dans ses moyens d'action, dans son unité réelle et dans l'harmonie de son œuvre,

Mais l'opposilion des procédés d'où est née celte harmonie ne doit pas nous faire. pordre de vue l'idenlilé fondamentale de la nutrition chez les végétaux et les ani= maux. Les premiers ne sont pas incapables d'analyse et les seconds ne sont pas toutà fait impropros à la synthèse chimique,

Si discrète qu'elle soit, ln respiration végétale avec consommation d'oxygène et production de CO?, n'est pas moïns réelle. Elle est masquée, il est vrai, par les effols prédominants de la fonction ehlorophyllienne ; mais il suflil d'observer les végétaux,

dus diverses sources qui viennent d'être énumérées, soit en comblant le déficit de co ga das l'atmosphère, 1 remplit ainsi In double fonction d'un immense régulateur qui maintient invatiabla La tension du CON dans l'air, et d'un magasin colossal tenant en réserve das quan tés Incaloulnblos de carbone. Si donc l'animalité veut à disparaitre, la vie végôtale pourrait

jusqu'au complet épuisement de l'aelde carbonique actuellement ratenu

duetion de la chaleur animale. Cette conception est absolument contraire aux

n nécessaires de l'énergétique biologique, puisqu'elle altibue une origine distinete à la chaleur et à la force qui, comme nous l'avons vu, sont deux tormes de la même équation et de la même transformation. On ne peut donc conserver lé langage de Liehig qu'en y attachant la valeur qui lui appartient aujourd'hui,

Lesaliments minéraux ont, à leur tour, des attributions eesentielles etl'importance des sels dans l'alimentation a été démontrée par Chossat, Chez les jeunes animaux privés de sels {inanition minérale) le squelette se développa mal ; les os s’accroissent, il est vrai, mais ils deviennent mous, fragiles ct cassants. En regard de ces résultats on peut placer les analyses de Boussingault, desquelles il résulte que le veau à la mamelle reçoit, par jour, 52 grammes de substances minérales. À 6 mois il trouve dans sa ration quotidienne 36 grammes de phosphate de chaux, La ration du cheval adulte contiendrait 150 à 180 grammes des mêmes sels.

L'eau n'est pas moins indispensable en raison du rôle considérable qu'elle joue dans l'organisme, comme agent de dissolution et instrument d'échange, Chez les animanx qui en sont complétement privés les sécrétions sé tarissent, la digestion devient laborieuse, puis impossible, et les sujets finissenl par mourir dans le marasme.

L'aliment complet doit done contenir :

1° Des éléments organiques : principes azotés [aliments plastiques); principes non azotés (aliments respiratoires},

2 Des éléments minéraux : eau ; sols.

Composition eentésimale des principales sulstancer alimentaires d'origine animale. (Emprunté à Lambliog, Encyclopodie chimique).

mariènes ALIMENTS. rai MATIÉNES | onarssm. | eximetives | Sete Core arotées.

Viande de bœuf tris gras.

Anent gras.

Viande de vodu gras:

Vianas de porc gras, Viande de cheral.…

de pou Blanc T ur

Compcsition moyenne des aliments d'origine végétale et leur teneur en matières diyestibles (Suite). (Emprunté aux tables de Wolf.)

100 GRAMMES DE L'ALIMENT DÉSIGNÉ RENFERNENT à PRINCIPES BUTS. PRINCIPES NUTHITIYS NIGEST Int à —

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