‹ Êléments de physiologie. v.2Chapitre 87 sur 136 · DES SÉCRÉTIONS CUTANÉES · texte numérisé non relu

DES SÉCRÉTIONS CUTANÉES

Variations de la transpiration cutanée. — L'extrème diversité des résultats précédemment exposés s'explique par la multiplicité des conditions qui font varier l'intensité de la transpiration cutanée. Ce phénomène est influencé, en effet, par la température extérieure, les saisons, Le climat, Vétat hygrométrique de l'air, la quantité et la température des boissons ingérées, le repos ou l'exercice musculaire.

Ces diverses conditions agissent d'une manière si précise ét leur effet est # connu que nous ne nous ÿ arréterons pas davantage. D'autres causes d'ailleurs interviennent qui imposent à la produetion de la sueur des variations d'un caractère tout différent. C'est ainsi qu'il y a Lieu de distinguer des variations diurnes, comportant deux maxima, le premier un pou après midi et le second un pes après minuit ; des variations locales : certaines régions du De les mains, la. poitrine, sécrètent la suëur avec une abondance faut aussi compter avec les différences individuelles dont l'étendue est a notion commune et qui se ralluchent souvent aux inégalités de la santé générale

Sous l'influence des maladies, la production de la sueur subit de très grandes variations et offre des caractères très divers qui contiennent souvent pour Le médéein de précieuses indications.

Quant aux différences spécifiques, elles sont très nettes. L'homme et le cheal suent très facilement. Ghez le bœuf, les glandes sudoripares ont moins d'activité que dans ces deux espèces, mais il faut faire exception pour celles du mule, Aussi cette région du tégument est-elle constamment couverté d'une sorte de rosée dont l'absence a presque toujours une signification facheusé. Le chien, qui, contrairement à l'opinion courante, est pourvu de très belles et très nombreuses glandes sudoripares, ne sue pas ou sue très difficilement. [en est de mêmo du lapin et il ne faut pas moins qu’une longue série detélanos électrique pour déterminer une légère moiteur sur la peau de cos animaux.

Caractéres de la sueur. — Pour étudier la sueur normale, il faut agir sur des échantillons obtenus par la méthode de Lavoisier ct Seguin. Maisilpout. y avoir intérêt à opérer sur de grandes quantités de liquide. Dans ce eus, on #0! licite sur un sujet une sudation très abondante en le plaçant dans une étuve. C'est à l'aide de ce moyen que Favre a pu recueillir 2600 grammes de sueur en une heure et demie.

a. Caractères physiques. — La sueur est un liquide transparent, incolore, de saveur salée et dont l'odeur souvent très pénétrante vario avec les régions du corps et avec les espèces animales. Sa densité est en moyenne 4,004.

b. Réaction. — La sueur est tour à tour alealine ou acide, selon les conditions de sa production ou de sa récolle. La sueur naturelle, obtenue surune peau bien lavéo ot déburrassée des résidus alealins qui la souillent après lévaporation des acides gras, est constamment acide (Tourton). Dans lé cas dé suda= tion abondante, la sueur est d'abord acide puis neutre, et enfin els devient alcaline (Favre, Robin). Elle serait constamment alcaliné chez le cheval (Colin}s

<. Composition chimique de la sueur. — La sueur l'emporte eur tous les autres liquides organiques par sa richesse en eau. Par corrélation, elle est très pauvre en matières dissoutes qui, au maximum, atteignent 22,60 p. 4000 (Schottin) et au minimum 4,427 p. 1000 (Favre), La sueur esl, comme on voit, une solution toujours très diluée, dont les inégalités, à cot égard, dépens

“ss DES SÉCHÉTIONS CUTANÉES.

grenouilles privéos de leurs deux poumons, les GChangos gazoux s'accomplissent exclusivement par la peau et conservent leur intensité accoutumée, Il et inutile de dire que, si intéressante qu'elle soit au point de vue dela phystologie comparée, celte singularité reste Le privilège de quelques espèces inférieures ton peut tenir pour certain, nous y insistons intentionnellement, que chéx les animaux supérieurs, les fonctions respiratoires de la peau doivent être pratiqué ment considérées comme nulles.

On ne saurait pourlant méconnaitre l'importance des Me on en trouve le double témoignage et dans l'effet des arrêts de dans Les troubles mortels qui surviennent chez les animaux dont la peau a Qu révêtue d'un enduit imperméable,

La pathogénie des arrêts de transpiration avec les inflammations viscéralés, la proumonie notamment, qui en sont l'expression fréquente, reste encore fort incertaine. Les théories vaso-motrices sont tout à fait insuffisantes, et s'il est vrai que les impressions vives qui atteignent la peau au moment ob, fortement congestionnée et couverte de sueur, elle reçoit l'action du froid, s'ilest vrai que ces impressions déterminent solidairement un réflexe cutané vaso-constricteur et des réflexes vaso-dilatateurs dans les viscères profonds, on no voit pas dé raison pour que ces réflexes survivent à leur cause ét deviennent le. er épisode d'un processus morbide plus où moins grave. L'explication la plus suis faisante de cos processus paraît étre contenue dans La Lhéorie du microbiime latent (Verneuil). L'arrêt de transpiration n'est pas par lui-même une cause pathogène, mais il provoque une dépression générale, un amoindrissement de l'organisme qui diminue ses résistances et prépare le terrain au développement des germes morbides qu'il recële. De là la pneumonie par exemple, En fait, nous avons expérimentalement constaté que, sous l'influence d'une ventilation très puissante infligée à des lapins, l'intensité des échanges respiratoires subit une diminution très marquée, N'y a-t-il pas là l'expression de cet amoïndrissement préliminaire qui devient la condition intime et profonde de la pullulation mierobienne ?

Quant à la pathogénie des effets du vernissage, elle fait le sujet d'une ques. tion trés spéciale que nous étudions dans le chapitre consacré à In fonction antitoxique.

SÉCRÉTION SÉBACÉE

Les glandes sébacées s'ouvrent, comme on sait, däns Les follicules pileux he forment autour de ces organites une couronne de trois à cinq acini ayant chacun leurs canaux excréteurs distincts. Elles forment donc une masse d'autant plus considérable qu'il y faut ajouter les glandes qui siègent dans les régions glabres du tégument, Telles sont celles que l’on trouve dans les mamelons, la couronne du gland, le prépuce et les potites lévres. Elles ne sont absentes qu'au nivent de la plante des pieds et de la paume de la main.

En certaines régions elles subissent des adaptations qui en font des spéciaux par leurs fonctions, comme les glandes de Méibomius et surtout les glandes odorantes que l’on trouve parfois si développées dans diverses animales, Telles les poches anales des carnassiors, comme le lion, l'hyène, la civette, le putois; les follicules préputiaux de certains ruminants comme le

PRODUCTION DU MUCUS — DBEQUAMATIONS ÉPITHÉLIALES. Li

chevrotain où elles fournissent le muse, ou de certains rongeurs comme le castor où elles donnent le castoreum. Le larmier qu'on trouve chez un grand nombre dé ruminants (cerfs, antilopes), est une poche cutanée logée dans une du maxillaire supérieur et dans laquelle s'ouvrent un grand nombre de glandes sébacées. Les poches préputiales des rongeurs, les sinus des ruminants, les pores inguinaux dela gazelle ot du mouton sont des organes de même nature. Dans cette dernière espèceles glandes sébacées s'ouvrent en commun avec les glandes sudoripares et concourent à la formation de ca mixte qui souille la laine et qu'on désigne sous le nom de swint.

Quant aux glandes cérumineuses, qui par a nature de leur sécrétion pour raient passer pour des glandes sébacées, ce sont en réalité des glandes sudoripares.

Le sébum sécrété par les glandes sébacées est un produit peu abondant, de réaction alcaline, et formant a la surfaco de la peau un enduit gras et onctucux, Au microscope, on le voit formé de gouttelettes ou de granulations graisseuses associées à des débris épithéliaux.

Dans certaines régions, comme la peau du nez chez l'homme, le sébum forme souvent des amas que l'on fait sortir par compression et au centre desquels on trouve un où plusieurs démoder, Ces amas blanchâtres et d'apparence vérmiforme sont connus sous le nom de comédons. Chez le chien Les glandes séba= cées peuvent également servir d'habitat au démodex; mais ici, ce parasite, absolument inoffensif chez l'homme, engendre chez le chien une gale spéciale qui est demeurée jusqu'ici réfractaire à toutes les tentatives de La thérapeutique

et détermine, le plus ordinairement, la mort des animaux.

Au point de vuechimique, le sébum est un mélange de graisse (oléine et palmitine), de savons alcalins, de cholestérine et de sels minéraux (phosphates, sulfates et chlorures alcalins). Le rôle du sébum est celui d'un vernis protecteur qui entretient la souplesse de la peau et la préserve contre les excès dé l'évaporation (?).

La graisse est le plus important de cos principes. Sa proportion excède 50 p.100.

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