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L1 DE LA DIGESTION BUCCALE

Chez les carnassiers, les incisives et les canines jouent le principal rôle dans la préhension des aliments mais elles sont fréquemment aidées par les mains qui maintiennent et immobilisent la proie sur le sol, quand elle est trop dure ou

op volumineuse.

Le porc est armé de son groin très puissant pour fouiller le sol, et y découvrir dés rucines, Mais cet organe, si utile à l'animal dans sa vie libre et primitive, Jui devient plutôt un impedimentum importun, dane la domesticité. La bouche du porc est, d'ailleurs, aussi mal appropriée que possible aux conditions de la vie domestique, Avec son encolure courte, son groin suillant, ses incisives presque horizontales, sa lèvre inférieure quasi avortée, son orifice buccal ouvert en bas ot en arrière, cet animal ést ébligé de méntir à loutes ses habitudes ancestrules pour s'accommoder à la forme de l'alimentation qui lui est donnée. Mais son avidité compense largement son inhabileté naturelle, et il tire le meilleur parti possible de ses mauvais instruments. Comme il est incapable de saisir les aliments ordinaires (grains où faxineux), il les altire cn arrière avec son groin et les conduit sous l'ouverture buccale et à la portée de ln lèvre inférieure, Quant à l'alimentation Lrès aqueuse qui lui est ordinairement offerte il s'en empare par une véritable aspiration (action de humer) dont nous allons voir le mécanisme. h

Cher les piseaux, 1e boc constitue un excellentorgane de préhension, toujours parfaitement approprié, dans la diversité de ses formes, à la nature variabla de l'alimentation.

Préhension des aliments liquides. — Elle s’elfeetue pur quatre modes ; 1" La surcion est employée parles jeunes mammiferes à la mumelle. Elle consieté en un vide produit dans la bouche, soït par la rétraction de, la langue, soit par la diminution de volume de cet organe, 2 Le pompement s'observe chez le cheval, les ruminants et presque tous les herbivores, Son mécanisme est aussi sûr qu'il ést simple, La bouche est partiellement immergée dans le liquide et hérmétiquement close dans toutes les parties qui ne plongent pas. La langu agil alors et fait piston, en se portant en arrière où elle remplit tout l'espace intermaxillaire. Son action est exclusive et ne réclame, en aucune façon, la participation du thorax. Celui-ci intervient, nu contraire, dans l'acte suivant, 3° L'aspiration où action de humer, se remarque exclusivement ehoz le pore. Le vide buccal résulte, ici, d'un mouvement d'inspiration, et comme la bouche est toujours imparfaitement close, ce vide est à La fois satisfait par l'air ét par eliquide quise précipitent bruyamment dans la cavité buccale, 4° Le lappement est employé par les carnivores qui ne pourraient effectuer Le pompement sans immerger et par conséquent oblurer les narinés. La langue, plongée duns le liquide, se dispose à la façon d'une cuillère, et par son redressement brusque ella jette dans la bouche le liquide qu'elle a récolté,

La plupart des oiseaux boivent d'une façon singulière, Is plongent le hoc dans l'eau et Le relèvent rapidement, entralnant dans la mandibule inférieure. uné faible quantité de liquide qu'ils font tomber dans l’arrière-gorge, em étendant la tête et l'encolure. Ils ont l'air de prendre un gargarisme. Quelques» uns, comme le pigeon, boivent à la façon du cheval et s'emparent des aliments liquides par un véritable pompement,

et faites pour écraser. La carnassière, résumant Lous ces caractères, est Lrane chante en avant el tuberculeuse en arrière.

Dans le type herbivore tous ces caractères se transforment on même temps que la fénction. La masticnlion est ici lente él laborieuso, parce qu'elle s'exerce sur des aliments durs, volumineux el encombrants, où les principes alibiles, rares et cachés sous une gangue importune, doivent être, en quelque sorte, extraile ot dégagés pur une action mécanique profonde et prolongée. Le mode de cette aelion est ici tout particulier.

L'apparéil masticateur du bœuf et du cheval est, en effet, disposé, non pas seulement pour écraser et broyer les substances ulimentaires, mais pour les moudre dans le frottement réciproque des molairés qui, comme l'indique leur nom, agissent à la façon d'une meule. C'est là le fait fondamental qui entraîne avec lui tous les caractères que l'on remarque dans l'appareil masticateur dés herbivores. Et d'abord, les molaires offrent une table dentaire plane, rugueuse et inégale, tous caractères qui en font de vraies meules, Les inégalités de cette table dentaire sont dues aux lames d'émail qui, dé erivant leurs sinuosités dans l'ivoire, viennent faire saillie h l'extérieur, el y dessiner des courbes caractéristiques. La table dentaire est donc constituée par des substances d'une dureté inégale qui, par I même, résistent inégalement à l'usure, et maintiennent à sa surface les aspérités nécessaires à sa fonction de. meule. Une nouvelle circonstance purement organique intervient encore pour achever toute la finalité empreinte dans l'ensemble de ces dispositions. Nous: voulons parler du mouvement incessant d'éruplion qui, poussant les molaires hors de leur alvéole, compense ainsi les effets de leur usure, et maintient à un niveau constant leurs surfaces assemblées, Len résulte un réglage automatique de l'appareil dentaire qui, sans cela, serait très rapidement faussé et hors d'usage, On ne trouve point celte action régulatrice chez les carnivores où elle était inutile; l'usure des dents, chez le chien, est négligeable pour lés molaires et n'a point d'inconvénients graves pour les inclsives.

Le mode d'action des dents, chez les herbivores, commande le mécanisme de articulation temporo-maxillaire qui est un ginglyme très imparfait et se plie ä tous lès mouvements possibles, notamment aux mouvements de latéralité indispensables pour assurer le frottement réciproque des arcades molaires.

Partout ailleurs, c'est-h-dire dans le squelette, tous les caractères que nous avons vus sisaillants, chez le chien, s'efacent en grande partie; mais les signes de la puissance n’en sont pas exclus et on y trouve notamment de larges insertions pour le masséter et la ptérygotdien interne qui sont los principaux mus= eles masticateurs chez les herhivoros,

Chez les rongeurs qui, par le régimo, se rattachent au type précédent, l'ac= tion triturante des molaires est obtenue, comme on sait, par Les déplacements antéro-postérieurs de la mâchoire inférieure. Le sens de ces déplacements est déterminé par les dispositions de l'articulation temporo-maxillaire dont les surfaces articulaires, par une dérogation unique au plan accoutumé, ont pris la direction longitudinale. Ajoutons, pour n'avoir plus à revenir sur cet ordre de mammifères, que les mouvements de la mastication s’exécutent, chez lus rongeurs, avec une extrême fréquen

Chez les omnivores, nous tronves nxicte association des exractènes quise rencontrent dansles deux premiers Lypes:; mais les limites où nous devons

so DE LA DIGESTION BUCCALE.

seul côté, et la diduction à précisément pour effet dé transporter la mâchoire de manière à réaliser celte exacte juxtaposition, IL en résulte que la mastication des herbivores est toujours et nécessairement unilatérale.

Les organes actifs de Ia diduetion sont les deux ptérygoïdiens internes qui interviennent l'un après l'autre dans l'exécution d'un mouvement complet, Pour comprendre Jeur mode d'action, il faut se rappeler que les insertions supérieures ét immobiles de ces muscles sont plus près du plan médian que leursinsertions inférieures et mobiles. Cluque muscle agissantisolément entraine donela mâchoire du côté opposé, Pour préciser, prenons le cas d'un animal qui mâche à droite, Danschacunde ses mouvements masticateurs on voit intervenir successivement : 1° Le ptérygotdien interne gauche qui transporte la mâchoire inférieure à droite et fait déborder les molaires inférieures de ce vôté sur lessus

2 Le muscle symétrique (Le droit) qui détermine le retour de la ma choire inférieure, de manière à provoquer le frottement et l'affrontement des molaires correspondantes. C'est dans celte deuxième période du mouvement de diduetion que les puissances masticatrices donnent tout leur effort, et que dans leur frottement, les molaires écrasent et moulent les substances alimentaires.

Rôle des organes auxiliaires. — Ces organes sont la langue, les lèvres et lesjoues: ils interviennent par leur sensibilité et leurs mouvements. La lungue surtout a un rôle considérable, « Sa motilité, dit M, Colin, en fait une sorte de main qui attire les aliments dans la cavité buccale, les pousse sous les dents, les ramène quand ils s'échappent et enfin Les rassemble pour les diriger vers Je pharynx lors de la déglutition. »

Les lèvres et Les joues servent notamment à contenir les aliments et à les empêcher de tomber hors des arcades dentaires. Nous avons déja vu sur ce point le role deslèvres ; celui des joues n’est pas moins intéressant, Lorsque, par suite dé leur insensibilité qui les rend inertes, ou on raison d'une irrégularité dentaire qui los blesse, leur fonctionnement cest empêché, les alimonts s'acoumulent à leur face interne et on dit alors que l'animal ait magasin.

De la mastication gastrique. — Onen trouverait de nombreux exemples en parcourant la série animale, mais nous nous bornerons à étudier ce phéno= mène cher les oiscaux, Les animaux de ce groupe n'ont pas à proprement parler de digestion buccale ; la triturution de leurs aliments souvent durs el yrossiérs, est pourtant indispensable et nous en trouvons l'organe spécial dans le gésier.

Legésier est un divertieulum æsophagien dont les deux plans charnus, trèspuissants ctasymétriques, agissent, en raison même de cette asymêtrie, pui: frottement: aulant que par écrusument, Son action trouve des auxiliaires indirects dans los petits graviers, ingérés délibérémentavec les substances alimentaires et qui font l'office de dents. Il en résulte un appareil masticateur artificiellement complété ét qu'on peut comparer sans trop d'exagéralion à celui d'un herbivore. Celte, comparaison devient absolument juste quand on considère le fonctionnement du gésier. Son action estrythmée comme celle des mâchoires d'un bœuf (Doyon), muisle rythme est ici, comme pour le cœur, un attribut, une propriété du liseu musculaire, car si on jette sur Les nerfs moteurs du gésier une série d'excitalions induites, on oblient une série de contraclions simples et rÿthmées et non un tétunos (Doyon). Ces contractions sont brusques et puissantes et cette bruss querie coustilué un caractère remarquable si on considère que la musculatur® du gésier est formée de Hbres lisses, très volumineuses, il est vrai,

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