‹ Êléments de physiologie. v.2Chapitre 91 sur 136 · FONCTIONS DE L'APPAREIL THYROIDIEN · texte numérisé non relu

FONCTIONS DE L'APPAREIL THYROIDIEN

qu'ils fussent, ces faits n'étaient pointé calais d'unréle ÉCRIN Pen er les,

Cependant l Vidée juste mais encore tout hypothétique d'une disjonction fosc- 1ionnelle entre les thyroïdes et les parathyroïdes commençait à se faire jour dans l'esprit de Moussu. Après avoir été jusqu'à nier l'existence de ces derniere organes, il consent à leur faire leur part et, dès 1893, il exprime nettement

l'idée «qu'on supprime peut-être deux fonctions etnon une seuleen faisant ali |

fois l'ablation des thyroïdes et des parathyroïdes » (Æiologie, 4893).

L'hypothèse de Moussu allait bientôt devenir une vérité démontrée, en même temps que la théorie de la suppléance, jusque-là victorieuse, allait euecomber sous l'évidence d'un fait nouveau qui enlevait aux D pee Lan Gerber signification primitive.

Troisième phase. — Théorie de la dualité fonctionnelle. — Fonction thyroïdienne et fonction parathyroïdienne, — Le fait qui eat venu porter le coup mortel & la théorie de la suppléance est d'ordre anatomique. En 48, Kahn et Nicolas, indépendamment l'un de l'autre, découvrirent, chez le chien et le lapin, une deuxième parathyroïde située de chaque côté à la face’internedes glandes thyroïdes et méconnue jusque-là par les physiologistes. Lorsque Glés croyait enleverles parathyroïdes du lapin, Îl laissait subsister ces deux glandules internes qui suppléaient les glandules enlevées et permettaient à l'antwral de survivre. De même, quand ce physiologiste enlevait les glandes thyroïdes,ilenlewait en même tempsles deux paruthyroïdes internes, co qui déterminait lhypertrophie des glandulesrestantes. Celles-ci suppléaient les parathyroïdes ctnonosthyyroides enlevées. Les premiers résultats obtenus par Gley trouvaient, dès ce momenl, leur exacte interprétation qui allait s'achever dans de nouvelles recherches: Dès 1806, Vassule et Generali pratiquèrent chez le chien l'ablation parathyroïdes et obtinrent les accidents aigus de la thyrordectomie complite Rouxeau obtint des résultats analogues sur le lapin. Gley lui-même rénssilà faire naître les accidents aigus de la thyroïdectomie totale par l'extirpationisolüt des paruthyroïdes sur le lapin et sur le chien. Que si l'opération ne rénssilpes toujours, l'ineuccès peut-aisément se rattacher soit à l'inach. soit à l'immunité naturelle des animaux survivants, immunité daniéabie dans les recherches de la première période.

La science possédait à ce moment assez de faits pour affirmer que les lyroïdes et les parathyroïdes ont chacune des fonctions distinctes ét irréduetibles correspondant aux deux groupes de symptômes produits par l'extirpation isolée de ces glandes. Mais, sauf Moussu, personne n'inclinait encore à cette" <lusion, si légitime qu'elle Ft,

Cependant la découverte des deux parathyroïdes internesavait transhiguréliss pect du problème et suscité des faits démontrant que, contre touteraison, Mousst avait eu raison tout de mème. Celui-ci s'est naturellement empressé d'aceumilte, les matériaux et de poursuivre ses recherches à la lumière du fait anatomique qui venait d'être introduit, et, dès 4897, il élait en mesure d'affirmer quels thyroïdes et les parathyroïdes ont des fonctions distinctes et

A l'égard de la fonction thyroïdienne, les expériences de ce physiologiste és blissent les faits suivants: &, L'extirpation isolée desthyroïdes paratabsolument inoffensive dans presque toutes les espèces animales, quand elle est pratiquéeches les adultes. — b. Chez les animaux à la mamelle la suppression de la fonetion{hy=

EFFETS DES ALTÉRATIONS OU DE LA SUPPRESSION DE L'APPAREIL THYAOIDIEN, 547

zoïdienne provoque fatalement Le crétinisme expérimental. — De ce côté, les expérionces de Moussu ont porté sur des poreclets, des chevreaux, des lapins, des chiens, des chats et des oiseaux, au total une vingtaine d'expériences dont les résultats furent constants ; ils se caractérisent par les troubles trophiques les plus graves : arrêt de développement, nanisme, largeur démesuréc du corps, peau rude, poils longs, raides ot grossiers, myxœdème (au moins éhoz lès poreslets), voix gréle, atrophie de l'appareil génital, apathie, hébétement, indifférence, tels sont les troubles souvent mortels qui sccompagnent la Lhyroïdeclomie.

A l'égard de lu fonction parathyroïdienne, Mouseu a borné ses recherches aux carnivores, et sur 65 individus opérés de la purathyroïdectomie, 32 ont suceombé avec les accidents aigus classiques pendant que 23 survivaient h l'opélation pour les motifs déja exposés.

IL résulte de cet onsemble de faits que désormais on est maitre des phéno-

mèneset qu'on peut à volonté produire soit des troubles trophiques, soit des | troubles nerveux, selon qu'on extirpe isolément les thyrotdes ou les paraihy= moïdes. Ces deux groupes d'organes ont des fonctions distinctes : les premiers président au développement du premier àge ot à la croissance; los seconds préservent le système nerveux contre l'influence d'une substance toxique. - Cette notion constitue un grand progrès dont le mérite appartient incontestblement x Mousu. IL est vrai qu'Hoffmeister et Eiselberg avaient obtenu autrefois Le crétinisme expérimental [1802-1894) en opérant sur de jeunes animaux; mais à cette époque personne, sauf Mouseu, ne songenit à interpréter ces résultats dans le sens d'une spécialisation fonctionnelle des thyroïdes et des paralhyroïdes. Aussi bien, il est aussi juste que facile de faire à chacun sa part. sut de dire que Moussu n'aurait pus pu préciser le rôle des parathyroïdes, sid'une part Gley n'avait montré l'importance fonctionnelle de ces organes et sid'autre part Kobn et Nicolas, en découvrant lesparathyroïdes internes, n'avaient éclairé les expériences de la veille et suscité celles du lendemuin.

“Larquestion n'est pas épuisée, et il nous reste à faire une remarque, L'appamil Lyroïdien a des fonctions inégales d'une espèce à l'autre, au moins en ce quimouche Les corps thyroïdes proprement dits. Le rôle de ces organes parait terminé chez les adultes dans la plupart des espèces animales. Il n'y a d'excep= tion que pour l’homme et pour le singe, à moins qu'on ne tienne compte des és où los phénomènes aigus de la thyroïdectomie, chez le chien, évoluent avec Aitteur et prennent une apparence chronique.

“Enfinilest un groupe d'animaux, les grands herbivores tels qué le cheval et

lebœuf, chez lesquels les thyroïdes ne semblent intervenir à aucun moment de vie.

MQuant aux parathyroïdes, sauf chez les mêmes grands herbivores où on peut Hesextirper impunément (Moussu), elles semblent avoir partout ailleurs la même importance. A cette occasion, nous rappellerons que la thyroïdectomie entraîne parfois de La tétanie chez l'homme et chez le singe, Ces manifestations, Iobiservées dans les recherches de la première période, dépendent évidemment Me ea que les opérateurs enlevaient à leur insu les parathyroïdes internes.

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