LIVRE m. -^MAGNÉTISME ET ÉLECTRiaTÉ
libre dans la tubsUnce même du corps. Les molécules de la surface libre ne peuvent jamais à elles seules imprimer aucun mouvement à la matière pondérable, puisqu'elles ont la facilité de se déplacer dans toute la masse sans y éprouver aucune résistance sensible. Tous les mouvements des corps conducteurs électrlsés sont donc le résultat des diverses pressions que le fluide exerce contre Pair, ou, en général, contre les enveloppes imperméables qui limitent leurs surfaces ; car , on peut toujours assimiler Tair qui touche un corps conducteur à une enveloppe imperméable qui ferait corps avec lui. Cela posé , si Ton imagine des sphères conductrices , il est visible que , chargées d'une même électricité , elles se repoussent , surtout par les régions de leurs surfaces les plus éloignées Tune de Tautre ; tandis que , chargées d'électricités contraires , elles s'attirent , surtout par les régions les plus voisines ; et ce n'estpas toutefois que les molécules de la surface libre n'aient aucune part au phénomène , car elles sont maintenues au lieu qu'elles occupent par des forces ou des répulsions contraires qui prennent leur appui contre la couche d'air environnante.
Un corps conducteur , à l'état naturel , est toujours attiré par un corps électrisé , parce que ses fluides étant séparés par influence , et celui de noms contraires étant toujours appelé'dans la région la plus voisine^l'attraction qui s'exerce sur lui est toujours plus eflScace que la répulsion qui s'exerce sur l'autre à une distance plus grande*
âl3. Mouvements produite par l'écoulement de l'électricité. — Sur un pivot conducteur cp, communiquant à la machine {ftg, 313), on pose en équilibre une petite tige de métal tt^, dont les deux bouts sont aiguisés et recourbés en sens contraire, et, dès qu'où tourne la machine , cet appareil , que l'on appelle le tourniquet électrique, prend un mouvement de rotation très-rapide , comme si les extrémités des pointes étaient vivement repoussées. Le même phénomène se produit sur des tourniquets à plusieurs tiges, et, lorsqu'on est dans les ténèbres, on observe pendant le mouvement des aigrettes de feu qui s'élancent de chaque pointe. L'électricité résineuse et la vitrée présentent une différence à l'égard de la lumière , mais elles n'en présentent aucune à l'égard du mouvement. Cette rotation curieuse s'explique de la manière suivante :
Le fluide électrique , répandu partout sur la surface des tiges du tourniquet, exerce partout une pression sur l'air environnant , comme l'eau et les autres fluides pondérables pressent , dans tous les points , les parois des vases qui les contiennent. Si le fluide électique ne trouvait point d'issue , les pressions opposées seraient toujours égales, et l'appareil resterait au repos : mais, dès qu'il s'écoule par une pointe, il n'exerce plus de pression sur l'orlflce de l'écoulement, et la pression qui s'exerce au point opposé détermine le mouvement par un véritable recul , tout à fait pareil à celui qui s^exerce dans le tourniquet à gax ou dans le tourniquet hydraulique*
214. Biouvetnente produits par une décomposition instantanée. — Concevons une sphère conductrice, de cuivre par exemple, communiquant au sol par un fll très-fin, et posée sur un plan non conducteur indéfini, où elle n'est retenue que par son poids; imaginons que au-dessus d'elle, à une certaine distance, on dispose un corps capable de recevoir ou de conserver les plus fortes charges électriques. Il est évident que, si la sphère est très-petite , elle sera emportée par l'attraction qu'elle éprouve , et viendra de bas en haut , malgré son poids , se précipiter sur le corps qui la solUcite par influence. Mais il est évident aussi que , son diamètre et son poids augmentant, il arrivera une certaine limite où la puissance électrique sera tout à fait insuffisante pour la soulever : l'étincelle partira entre eUe et le corps électrisé qui la sollicite sans qu'elle en reçoive le moindre mouvement, à peu près comme l'étincelle part des conducteurs de la machine sans qulls soient entraînés et arrachés de leurs supports.
Cependant, on observe des effets de la foudre qid semblent contraires à ce principe : on a vu souvent de grandes masses transportées à plusieurs centaines de pas , et surtout des pièces de métal arrachées de leurs scellements par un eflbrt équivalent à plusieurs milliers de kilogrammes. Ces phénomènes me paraissent dépendre d'une différence dans la décomposition des fluides naturels par des actions lentes , ou par des actions subites. Dans le premier cas, la conductibilité suffit au déplacement des fluides, et ils ont le temps de se transporter et de s'arranger à la surface, où ils exercent contre l'air une pression qui est bientôt capable de le repousser : dans le second cas , tous les atomes de la masse éprouvent, simultanément et subitement^ une décomposition de leurs fluides naturels ; ils soot saisis avec tant de violence que l'arrangement vouln par les lois de l'équilibre n'a pas le temps de s*accoar plir , et les masses sont ainsi entraînées par des forces incomparablement plus grandes que celles qui pourraient trouver leur point d'appui contre l'air.