‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 128 sur 341 · LIVRE m. ~ MAGNÉTISME ET ËLEGTRIGITÉ · texte numérisé non relu

LIVRE m. ~ MAGNÉTISME ET ËLEGTRIGITÉ

éketro^égaUf et pour repouiier Phydrogène qui est étectro-positif s la molécule 1 agira de même sur la molécule i, et ainsi de suite \ à Taulre extrémité de la chaîne , la même disposliion se produira , et , dés que la tension électrique sera assez fi)rte« Poxygêne de la molécule 1 , entraîné par Tatiraction , sera comme arraché des molécules d^hydrogêne auxquelles il est uni et s'en viendra au pdie , tandis que Phydrogène , derenu libre, se portera sur Toxygêne de la molécule t pour se combiner avec lui , donnant la liberté à Thydrogènc de cette molécule, qui s'en ira à son tour prendre l'oxygène de la molécule S , a ainsi de suite. A l'autre pôle , des phénomènes analogues se produisent en sens inverse , et il y aura ainsi au même instant une foule de décompositions et de recom|M>silions successives. Ce qui se passe dans une foule de molécules se passe dans toutes les files qui Joignent les deux pôles; et , de Il ^ la multitude des atomes gazeux devenus libres , et l'abondance des bulles distinctes qui se ferment et qui se dégagent.

Ces mouvements vibratoires des derniers éléments de la matière peuvent s'accomplir au milieu des masses solides comme au milieu des masses fluides; et certainement , si , comme tout semble l'indiquer , l'explication de M. Grotthuss est vraie pour la décomposition des liquides , elle ne peut manquer de Têtre pour celle des solides et de tous les autres corps sur lesquels le courant électrique peut avoir quelque prise.

Les oxydes sont réduits par la pile et décomposés comme l'eau ; l'oxygène parait au pôle positif « et le métal ou la base au pôle négatif. Pour ceux qui sont facilement réductibles, pour l'oxyde d'argent, par exemple , on peut disposer l'expérience de la manière suivante : sur une lamé de platine communiquant au pôle positif, on met de l'oxyde sec en poudre , que Ton vient toucher ensuite avec le fil négatif : soit que le contact soit permanent, soit qu'il soit accidentel et renouvelé par intervalle , on voit bientôt paraître une petite loupe d'argent à l'extrémité du fil ; dans le second cas^ la poussière de l'oxyde est traversée par de vives étinôelles d*une belle couleur verte. Les oxydes moins réductibles doivent être légèrement humectés d'eau, surtout lorsqu'ils sont en poudre. A la vérité, cette eau se décompose en partie ; mais elle favorise la conductibilité , et , après un certain temps , on aperçoit , suivant la force de la pile , de petits globules ou de petites parcelles de métal autour du fil négatif. •

Pendant longtem|>s on avait supposé que les alcalis , tels que la soude et la potasse, étalent des corps tout ft fait indécomposables; mais , en 1807 , au moyen d'une puissante batterie , sir H. Davy put en séparer les éléments. Cette découverte fut une grande époque pour la science. Les alcalis et les terres furent ramenés dans la classe ordinaire des oxydes, et la chimie eut à sa disposition deux corps métalliques nouveaux, le sodium et le potassium, qui sont deux des agents les plus énergiques qu'elle possède. Lorsqu'on tente la décomposition

de la potasse par les méthodes que dobs venons iiaii* quer |>our les autres oxydes, l'on aperçoit blenlôi que des globules nombreux paraissent au pôle négatif et s'enflamment dans l'air en produisant des j«ls de lumière. C'est le potaMium qui résulte de la décMoposition de la potasse ; son aflinité pour Toxygène eti si grande qu'il brûle dans l'eau avec plus d'édat encore que dans l'air : aussi ne peut-on le conserver que tfâos l'huile rectlfifc de naphie ou de pétrole, dont les éféments constitutifs sont l'hydrogène et le earbooe. Le D. Seebeck a donné le moyen de recueillir ptus 9àr^ ment le potassium au pôle de la plie; il a laagfné de former une petite capsule avec le fragment de potasse caustique que l'on veut décomposer ; cette capsula est remplie de mercure et posée sur une lame de platine communiquant au pôle positif de la pile {fl^ S5f ) : alors , en touchant le mercure avec le pôle négatif, la décomposition s'opère ; l'oxygène se porte sitr la friatine , et se dégage , tandis que le potassium arrive daas le mercure et forme avec lui un amalgame assez pertlatant. Par la distillation dans la vapeur du pétrole , ron sépare ensuite le mercure, et Ton obtient le potataiiim à l'état de pureté.

La chaux , la baryte et les autres terres, trtKéei ée la même manière , soit seules , soit mélangées airec la soude ou la potasse , ont donné des preuves non douteuses de leur décomposition.

Les acides se décomposent comme les oxydes, et lew oxygène persiste encore à se rendre au pôle poaitlf^ tandis que la base vient au pôle négatif.

Enfin, tous les sels sont aussi décomposés parla plie ; mais ils présentent des phénomènes plus variés.

t« Quand Tacide et la base sont dlflicilement déeonposables , ces deux éléments sont simplement séparés; et l'acide , comme participant davantage des propriétés de l'oxygène, se rend toujours au pôle positif , tandis que la base vient au pôle négatif;

9« Quand l'acide est facilement décomposable, aoaseulement il est séparé de Toxyde , mais il est lui Même décomposé, ou au moins désoxygéné ; et Toxygèoe qu'il perd rient au pôle positif, tandis que le radical t'en va avec l'oxyde au pôle négatif;

fio Quand l'oxyde est facilement décompoiaMa , 0 est lui-même réduit ; son métal pUr vient au pôle négatif, tandis que l'oxygène se rend au pôle positif, oA il se combine avec l'acide , quand celui-ci est capable de recevoir un nouveau degré d'oxygénation ;

4» Si racide et loxyde peuvent l'un et l'atHre perdre aisément leur oxygène, la décomposition est caaplète ; tout l'oxygène vient au pôle positif, et le «étal de l'oxyde se rend au pôle négatif avec le radical deTatide.

Ces divers phénomènes peuvent se produire atec des sels simplement humectés, ou avec des dissoltttioas salines plus ou moins étendues; dans ce dernier eaa, surtout , l'eau est abondamment décamposée.

Pour un sel dont Pacide n'est pas l'acide fluoriqve et dont la base n'est pas l'une des terres ou l'un dea -al-

SECTION ni. — GALVANISME. — CHAP. II.

ealit qui te déeomposent difficilement , on peut à tolonlé obtenir la timple séparation de Tacide çt de Foxyde, ou la réduction de Pun et Pautre.II suffit pour cela d*employer une pi!e très-fiible ou une pile trêspoiMante ; et , comme on peut affaiblir une pile en forint le courant à traverser un long espace mauvais conducteur, on toit que la seule distance des fils pourra déterminer Tun ou Tautre des phénomènes. Pour une petite distance entre le fil positif et le fil négatif, le courant ayant toute son énergie, Tacide sera décomposé et Toxyde réduit; pour une distance un peu plus grande, racide, par exemple, ne sera pas décomposé; et , pour one distance plus grande encore, Toxyde lul-tnéine ces* •era d*étre réduit ; il n*y aiira plus qu*une simple séparation des éléments du sel.

Les couleurs végétales qui changent par Taction des acides et des ojiydes sont très-propres à montrer aux yeux cette puissance décomposante de la pile. Si Ton prend, par exemple, dans un tube courbé en ferme étf(fig. 845), une dissolution de teinture de tournesol , de chou rouge ou de petits radis violets, et qu*ony H$$e passer le courant au moyen de deux fils de platine atib, on aperçoit , après quelques Instants , une belle couleur rouge de vin palllet dans la branche positlre, et une couleur verte dans la branche négative. Le sel qui constitue la couleur végétale est donc décomposé; son oxyde, en se portant au pôle négatif, fait toorner au vert tout le liquide voisin, et son acide , au contraire , fait passer au rouge le liquide qui touche le il positif. En établissant la communication en sens Inverse , on voit les couleurs produites disparaître peu â peu ; pendant un Instant les deux branches reprennent rétat naturel , et un moment après elles se colorent en éens contraire.

Sir tt. Davy a profité des circonstances fettiarquables qui accompagnent la décomposition des sels pour étudier plus particulièrement le phénomène étonnant an transport. Nous regrettons de ne pouvoir donner id qn*un extrait fort abrégé de ses importantes recherches.

i* tn vase contenant une dissolution saline et un aotfe vase contenant de Peati distillée communiquent entre eux par des filaments humides d*amiante. Le fil positif de la plie plonge dans le premier, le fil négatif dans le second , et la décomposition s^opère ; si rbxyde n*est pas réduit, il chemine sur Pamlanie, traverse Peau , et vient ée rendre au pôle négatif; s*ll est réduit, c*est le métal qui parcourt ce trajet. Par exemple , avec le nitrate d*argent , tous les filaments soyeux de Pamlanie se couvrent d*une multitude de petites parcelles d^argent revivifié. En établissant la comnonicatlon en sens inverse , c'est l'acide qui parcourt r^mianle pour venir aciduler Peau qui se trouve alors au pôle imsitif ;

i* La dissolution saline étant placée entre deux vases d*eau pure , et communiquant avec chacun d'eux par de PamianCe, 11 y a encore décomposition et transport

dès que les deux fils de la pile plongent , Pun dans le premier vase d'eau, et l'autre dans le second. L'acide est encore trabsporté au pôle poiitif et l'oxyde au pôle négatif;

$« Trois Vases sont disposés comme dans l'expérience précédente : le premier contient de Peau pure , le troisième une dissolution saline, et celui du milieu une teinture végétale, de tournesol ou de sirop de violette. Le sel est encore décomposé par le courant , et dans le vase d'eau pure on trouve Paclde ou l'oxyde , suivant quon établit Id communication dans un sens ou dans Pautre. Mais , et c*esl un phénomène bien digne de remarque , dans aucun cas la teinture végétale n'éprouve d'altération ; elle n'est ni rougle par l'acide, ni verdie par l'oxyde; et, cependant, elle est à coup sûr traversée par l'un ou Pautre. Ainsi tes éléments chimiques semblent perdre au moins en partie leurs forces d'affinité pendant qu'ils se trouvent sous Paclion du courant électrique qui les emporte ;

4^ Lorsqu'à la teinture végétale on substitue quelque dissolution alcaline très*concentrée et très-puissante, il y a des acides qui ne peuvent pas la traverser; ils sont arrêtés au passage; et, dansées circonstances seulement , c'est la dissolution elle-même qui devient le pôle de la pile; le vase d'eau pure est encore traversé par l'électricité, mais Paclde ne peut arriver jusqu'à lui;

5<» Lorsqu'à la teinture végétale on substitue quelque acide très-puissant et concentré, il y a aussi des oxyties qui ne peuvent le traverser; ils se combinent avec lui sans pouvoir se rendre au pôle qui les attire.

Ces deux derniers phénomènes sont une preuve que les affinités chimiques , toujours modifiées par le courant, ne sont pas toujours détruites par lui, et qu'il y a des cas où elles conservent encore assez d'énergie pour s*exercer malgré son influence. Peut-être un courant plus fort serait-il capable de neutraliser les actions chimiques qui s'exercent encore sous un courant plus faible.

Les divers oxydes qui entrent dans la eomposilton du verre peuvent eux-mêmes être réduits ou séparés par Pactiou de la pile. Les substances végétales et animales peuvent pareillement être décomposées lorsqu'elles sont humides. Ces phénomènes , auxquels on était loin de s'attendre quand on ne connaissait pas encore toute là puissance de l'appareil de Tulta, répandaient une grande confusion dans les premières expériences. Par exemple, l'eau la plus pure devenait tantôt acide, tantôt alcaline , ious Pinfluence du courant. Quelques expérimentateurs y trouvaient alors de l'acide nitrique et de l'ammoniaque ; d'autres de l'acide hydroehlorique; d'autres enfin un acide qu'ils pro|>osaient d'appeler acide électrique, supposant qu'il était f<^rmé de toutes pièces par une combinaison véritablement chimique du fluide électrique et de Peau.

Sir fi. Davy expliqua te premier l'origine de toutes ces substattces , en démontrant qu*elles provenaient du

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