CHAPITRE III
De rélaïUcité.
517. Tous les corps sont élastiques, c'est-à-dire qu'ils peuvent tous, sans se rompre ou se désagréger, éprouver par des actions mécaniques quelques changements dans leur structure , leur forme ou leur volume , et reprendre exactement leur état primitif dès que ces puissances mécaniques cessent d'agir sur eux. Nous avons déjà fait voir que les volumes des gaz dépendent des pressions qu'ils supportent , et qu'à température égale ils reprennent toujours le même volume sous la même pression ; celte propriété constitue une espèce d'élasticité que nous appellerons élasticité de cornpression ; c'est la seule dont jouissent les gaz, et à peu près la seule aussi dont paraissent jouir les liquides. Les solides la possèdent comme les liquides et les gaz, mais en outre ils peuvent être flééhis ou allongés , et reprendre leurs dimensions ou leur forme , ce qui constitUH l'élasticité de tension ; enfin ces corps peuvent être plus ou moins tordus sans cesser de revenir à leur disposition ou plutôt à leur structure primitive , ce qui constitue Vélasticité de torsion. Nous allons successivement étudier ces diverses propriétés.
Z\%,De la cowpressibilité des liquides et de ta chaleur gui en résulte. L'appareil au moyen duquel M. CErsted observe et mesure la compressibilité des liquides est représenté dans la flg. 495 ; il se compose essentiellement d'un réservoir de compression de verre épais a, et d'un réservoir à tube capillaire b que l'on appelle un piézomètre,qu\ est représenté plus en grand dans la figure 496 ; on voit que le tube se termine par un petit entonnoir. Un point Important pour l'exactitude de l'instrument est de graduer ce tube en parties égales qui soient une fraction connue de la capacité entière du réservoir piézométrique ; pour cela on détermine le poids du mercure contenu dans le piézomètre , qui sera , par exemple , 1000 grammes , et le poids du mercure contenu dans une longueur donnée du tube, qui sera par exemple 3 décigrammes pour une longueur de 100 millimètres. Alors il est évident que la capacité correspondante à 1 millimètre du tube (supposé bien calibré) sera 0,000003 de la capacité du cylindre, et comme on peut lire aisément les demi-millimètres, soit sur le tube lui-même divisé au diamant, soit sur une échelle qui lui est adaptée, on pourra observer les millionièmes du volume primitif.
Supposons maintenant qu'on veuille employer ce piézomètre à déterminer la compressibilité de l'eau : on le remplit de ce liquide bien purgé d'air, et, par de légères variations de chaleur , on fait pénétrer dans le tube une petite colonne d'air , de mercure ou de car*