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CHAP. V. — COMMUNICATION DES VIBRATIONS

et Urée à Tautre extrémité par une corde b qui se tend pliM ou noiiit au moyen de la clef c; lorsque la corde est ^raalée avec Tarchet, elle rend un son facile à apprécier, et aussitôt la lame a entre aussi en vibration. Pour le même son, les lignes nodales qu*elle présente sur •et faces supérieures et inférieures sont dépendantes de Pobliquité de Tarchet ou du plan dans lequel vibre la lane, comme on le voit par les figures 555, 556, 557 et 558 , od a est la section de la lame, h la direction de l*arciiet, et « et / les lignes nodales correspondantes à cette direction, sur les faces supérieures et inférieures de la lame. Ainsi, non-seulement les vibrations se communiquent, mais le sens dans lequel elles s'exécutent dépend du sens dans lequel est tirée la première molécule qui reçoit l'action de la corde.

L*appareil de la figure 553 est destiné à montrer aussi des communications de mouvement et les vibrations longUodinales que la corde c reçoit de la petite tige /, que roo ébranle avec un archet.

351. Des instruments à anches, — Une anche est, en général, une lame vibrante, mise en mouvement par an courant d*air. Supposons, par exemple, que dans une plsM|ue de xinc ou de cuivre p {fig. 527.) de 3 ou 5 millimètres d'épaisseur, on fasse une ouverture rectangulaire abed, longue de S centimètres et large de 7 ou 8 millimètres seulement, et que Ton soude, près de Tun de ses petKs côtés, une lame de cuivre l, très-mloce et trèS: élastique, qui puisse vibrer dans cette ouverture en rasant les bords o^, bc et cd. On aura ainsi la plus simple des anches, et pour la mettre en mouvement il suffira iTappuyer la plaque p longitudinalçmeut contre les lèvres, et de souffler en dirigtïant le vent vers Textrémilé libre de la lame /. L'air la met en vibration, et Pouverture abcd étant ainsi alternativement ouverte et fermée, Pair passe et s'arrête par intermittences; de là des ondulations sonores dont la longueur dépend du nombre des vibrations que la lame vibrante peut exécuter à raison de ses dimensions et de son élasticité. Le son est le même que si la lame vibrait par écartement mécanique, mais il est incompaiablement plus intense. En disposant sur la même plaque plusieurs lames qui donnent les sons de la gamme, on peut faire une espèce dMnstniment propre à jouer des airs.

L*aocbe dont on se sert dans les Jeux d^orgues repose sur le même principe, mais elle est autrement ajustée. On y distingue deux tuyaux mis à bout, teif {fig. 595), un bouchon b qui les sépare, et Tanche a, propre ment dite, qui traverse ce bouchon. L^anche elle-même est représentée eo détail dans la figure 5â6 ; elle se compose de trois pièces essentielles, la rigole r, la languette letla rosette %,

La rigole est un tube de métal prismatique ou demicylindrique, fermé au bout inférieur, ouvert au bout supérieur, et percé latéralement d*une fenêtre qui établit la communication entre les deux tuyaux de part et d*au- Ure dn bouchon.

La languette est la lame vibrante ] dans sa position

naturelle elle ferme la fenêtre ou à peu près , c*est-àdire qu*elle en rase les parois par ses trois bords libres pendant qu*e!le accomplit %ts battements; son quatrième bord est solidement fixé sur la paroi du tube, soit avec des vis, soit au moyen d*une soudure.

La rasette est un fil de métal très-ferme, doublement recourbé à sa partie inférieure , par laquelle il appuie fortement sur toute la largeur de la languette, comme on le voit dans la figure 526. Elle glisse à frottement dans le bouchon; elle sert, comme on voit, à changer la longueur vibrante de la languette, car, au-dessus de la rasette, rien ne peut vibrer.

Le vent du soufflet entre parle pied du tuyau f, presse la languette pour s*ouvrir un passage , traverse la rigole et sort par le tuyau f. La languette ainsi écartée pour un instant est bientôt rappelée par son élasticité, et accomplit sous ces deux forces contraires des vibrations qui se répètent aussi longtemps que dure le courant d*air. La figure 525 , représente un tuyau à anche qui est vitré vis-à-vis la languette pour que Ton puisse en observer le jeu. Le nombre des vibrations dépend surtout des dimensions de la languette et de sa rigidité; Il est en général peu diCFërenl de ce qu*il serait si celte lame vibrait à vide par un écartement mécanique. Mais rajustement des tuyaux donne au son un timbre et une intensité remarquables; ces deux qualités sont ici trèsintimement liées : cependant l*intensilé dépend surtout de la vitesse du courant, et le timbre de la forme des tuyaux. L'on conçoit en e£Pet qu*un courant plus rapide détermine dans la languette des oscillations dont Tamplilude est plus grande, leur durée restant la même; ainsi, Tintensité du son croit avec la vitesse du courant, à moins que cette vitesse ne soit assez grande pour fléchir la languette et y déterminer un nœud de vibration. L'on conçoit ensuite que la languette, les tuyaux et les masses d'air qu'ils contiennent, forment un système vibrant dont toutes les parties donnent au son un timbre particulier. Une condition fondamentale pour que VsLtioXx^ parle bien et rende un son plein et agréable, c'est que les masses d'air des tuyaux soient telles par leur forme et leur étendue qu'elles se mettent facilement à l'unisson avec la languette; mais celte condition peut être remplie pour chacun d'eux d'une infinité de manières, et Ton a fait de nombreux essais pour produire par ce moyen des sons articulés imitant la voix humaine : on a donné au tuyau inférieur des formes anguleuses, rentrantes, ou diversement contournées; on a fait le tuyau supérieur conique, évasé, renflé en sou milieu; on y a tendu des membranes, et disposé des feuilles ou des lames de différentes substances; il n*y a pas une de ces modifications qui ne donne au son un timbre particulier, et l'on peut ajouter que plusieurs combinaisons de cette sorte, imaginées par M. Grénié, n'ont pas été sans succès pour faire sortir des tuyaux d'anches certains sons plus ou moins analogues aux sons des voyelles articulées par la voix humaine.

Pans les jeux d'orgues, il y a des anches d'uqe aiitre

iorle qui sont «ppeléef <mch0ê cmnar^t à caui^ du (imbre parficuljçr de |eur| sonf ; f lle^ diffèrtiul des précédcnles en ce que 1« languette vient par leg bordi

frapper sur les |>ords de la rigo!e, figurei SSt» et 624.

Les embouchures de ba«^on, de baiitbois e( de cfarineiie, ne sont autre chose que d^s anches divefseqien( ^uslées : dans ces instrupaent^f c*es( la pression de$ lèvres qui tieut lieu de raselte.

352. Des in$trumeni8 à cordeê. -r Tous les Instrur menlsà cordes ont une caisse sonore, et lou( le monda sait que la qualité du son dépend de (a construction de la caisse. Lf corde, la caisse et Tair qu*elle contient, forment epcore un système vibrant dont chaque partie Imprime au son ui) timbre particulier. C'est la corde qui donne le toq, c*est- à-dire que, dans 1^ reste de Pinslrument, toutes les pièces doivent se mettre k Punisson avec elle, et pour cela se partager convenablement par des lignes nodales.

11 est clair, en effet, que la liaison de la corde avec tout le système ne peut pas modifier le son qu'elle doit rendre d'après sa longueur et sa tension, car les points par lesquels elle touche les chevalets sont inévitablement des nœuds, et ces nœuds une fois déterminés, le son en est une conséquence nécessaire. Il faut donc que la caisse soit d*une (elle substance et d'une telle forme qu'elle puisse instantanément prendre Tunisson de toutes les cordes dans tous leurs tons, et II faut en outre qu'elle puisse instantanément aussi Imprimer $es vibrations à la masse d'air qu'elle contient, et par conséquent que cette niasse d'air soit apte à les recevcfir. Ces conditions multipliées font asse? voir combien il est difficile de faire un bon instrument à cordes, et par exemple, un bon violon; car, en supposant que la matière de la caisse vibre parfaitement bien, il pourra se faire que par sa forme la masse d'air qu'elle enveloppe reçoive mal 9es vibrations, cl l'instrument sera mauvais : un peu plus d'élasticité ou de rigidité dans le bois de la table supérieure exigera sans doute une autre forme dans la caisse, et c'est pour cela que deux violons également parfaits ont cependant des formes sensiblement différentes , et que deux violons de même forme peuvent être Tun très-bon, l'autre fort médiocre.

11 suffit quelquefois d'un cliangement léger dans les pièces mobiles pour rendre un violon un peu meilleur ou un peu plus mauvais ; car les vibrations passent de la corde à la table supérieure par le chevalet j et de la table supérieure à la table inférieure au moyen de Vâme. La position absolue de ces pièces et leur position relative ne peut donc manquer d'avoir quelque influence sur la facilité avec laquelle le son passe de la corde à la caisse et de la caisse à la masse d'air. M. Savart a fait des expériences variées et intéressantes pour montrer aux yeux par le mouvement du sable la transmission des vibrations dans les diverses pièces du violon , et il eut parvenu ainsi à indiquer les fonctions principales que chacune d'elles doit remplir. Cependant \

la pièce la plut fiipele doit f^l^falr^ ^ (I9i4l V?^V tipqs différentes qu'il est à peu près im|)ossible d'en faire une analyse exacte, et sans doute, si on voulfùtlà changer pour mieux l'approprier à tel ou tel but, il eit très-probable qu'elle deviendrait moins apt^ pour lej ou tel autre , çl que l'on perdrait d'un côté au i autant que l'on gagnerait de l'autre.

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