LIVRE VI. — OPTIQUE
que la lanière traverse depuis la cornée jusqu*à la rétine ; question d*aulanl plus compliquée et plus difficile, que les diverses parties du cristallin ont des réfractions ei des puissances dispersives différentes. Cependant, sur ce point , on peut consulter avec intérêt les Mémoires de M. CH08SAT ( Jnn. de Phx$, ei de Chim, ).
Pour résoudre la seconde, on a eu recours à diverses hypotlièses dont il est utile d*indiquer au moins la substance.
401 . Hxpothèeeipar leiqnelleê on a essayé d'expiiguer comment VcbU ê'accommode aux dUtanceê. — Pour démontrer d*abord que l*œil s*accommode atfï distances, il suffit d*indlquer Texpérience suivante :
Sur un verre mince et transparent, on fait une petite tache, et on la présente devant Toeil à 6, 8 ou 10 pouces de distauce ; alors , lorsqu*on regarde cette tache, on ne voit qu*une image confuse des objets qui sont au-delà du verre; et réciproquement, lorsque , sans déranger Tœil , on regarde ces objets plus éloignés , on ne voit plus qu*une Image confuse de la tache. Donc les objets qui sont à 10 pouces et ceux qui sont plus loin ne forment pas leurs images en même temps et avec la même netteté sur le fond de Tœil, car on les verrait à la ft>is distinctement et sans confusion. Par conséquent, Tœil •^accommode par un acte de la volonté, tantôt pour voir près, tantôt pour voir loin; et en effet, on a le sentiment d*une modification différente pour chacune des distances auxquelles on regarde. Pour expliquer cette propriété, on a fait une foule d*hypothèses : les uns admettent que Tœil entier s*allonge ou se raccourcit; les autres que c'est seulement la cornée transparente qui devient plus ou moins convexe ; d'autres supposent que c'est le cristallin qui agit, soit eu contractant, soit en se déplaçant. Mais il est bien certain querœil ne s'allonge pas et que la cornée ne change pas de courbure; pour le cristallin, sa contraction est très-improbable et son déplacement impossible.
En m'occupant de quelques recherches sur ce sujet, J'ai été conduit à une remarque qui me semble importante. La dissection d'un grand nombre de cristallins m'a fait voir que ce corps n'est pas composé de couches concentriques comme on le suppose, mais de couches Inégales en courbure et en épaisseur, comme on le voit daus les figures 696 et 697. Cette dernière figure représente un cristallin dans lequel une des moitiés seulement était disséquée. Il en résulte que les couches centrales étant toutàla fois pluscourbeset plus réfringentes que celles des bords, les rayons qui traversent ces dernières ne peuvent pas converger au même point que ceux qui ont traversé les premières. Le faisceau central c c' converge plus près, et le faisceau des bords 6 fr' va converger plus loin. Ainsi, le cristallin n'est pas une lentille à un seul foyer, mais une lentille à un nombre Infini de foyers différents. Ce fait me semble constant; tans essayer ici de le développer dans tous ses détails , J'essayerai d'indiquer confiment il peut concourir à l'explication des phénomènes. D'abord si l'on place au-de-
vant de l'œil une lame opaque percée d'an troo AmA le diamètre soit moindre que 1 millimètre, on ditCfaigae nettement tous les objets Jusqu'à des distances beaveov|i plus petites qu'on ne le pourrait faire sans cette précastion ; c'est qu'alors le faisceau qui pénètre dans TaOL est si mince qu'il est à peine nécessaire qu'il soit i davantage par la convergence pour faire det i nettes. Aussi n'observe-t-on aucune différenee 1 le petit trou coïncide avec le bord ou avec le centre et la pupille. Avec un faisceau mince on peot donc Toir nettementà toutes les distances et par toutes let xoses du cristallin.
Quand on veut regarder à la vue simple et aans diaphragme un objet de plus en plus rapproché, on rétrécit de plus en plus l'ouverture de la papille; c'est ob fait facile à vérifier. Le but de ce rétrécissement est en tSA d'arrêter les rayons qui tomberaient trop loin da centre du cristallin, et dont la convergence ne pourrait «voir lieu qu'au delà de la rétine.
Qaand on veut regarder au loin, on ouvre an cm« traire la papille autant qu'il est possible, afin f«e le faisceau incident soit large, et que wt% bords exlériewt tombent près des bords du cristallin, pour coorerser ensuite sur la rétine. Alors, il est vrai, la partie centrée du faisceau converge trop tôt; mais l'épanouisseaaeBt qu'elle peut prendre en allant depuis son point de < vergence jusqu'à la rétine est toujours très-petit, et ] d'auUnt moins troubler la vision que l'éclat 4e aa temière est toqjours très-faible par rapport à l'éclat de la lumière des bords.
40S. Jugement iur la couleur, la fàrme, toa£ft»«tion et la grandeur de$ objeti, — Nous disttngomM les oouleuTi comme nous distinguons les sons, sauM le secours du toucher; mais nons ne les distinguons pas et prime abord sans exercice ni sans comparaisons. 11 favi des expériences souvent répétées pour reconnaître que le rouge, le Jaune et le bleu, par exemple, ne font pas la même impression sur nous; comme il fout des ei^ériences souvent répétées pour reconnaître une dififérence entre les sons graves et les sons aigos. Ifona voyons la lumière avant de savoir démêler les coalevm, comme nous entendons du bruit avant de savoir déasè* ier les sons. Ce résultat, qui semble bien natnr^, ae trouve confirmé par les observations que l'on a Mlea sur les aveugles de naissance, auxquels on est parvcnn à rendre la vue dans un âge plus ou moins avancé.
Les images tracées sur la rétine sont, pour la canleur, le contour et la forme, une représentatioa 1 des objets; il suffit donc, pour que nous puissions | dre directement une idée de la forme des corps, qne nous puissions distinguer les points de la rétine ^«t sont en repos et ceux qui sont affectés ou ébranlés par la lumière. Or, il n'y a pas un des poUits de notre en* veloppe extérieure sur lequel cette distinction ne soit Ca« ciie. Une piqûre au bras se distingue d'une piqûre na doigt, et nous pourrions sans doute, avec le bras cinmniL avec la paume de la main, saisir la différence qu'il j m