‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 261 sur 341 · LIVRE Vn. — DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

LIVRE Vn. — DE LA CHALEUR

M. Despred a essayé récemmenC de démontrer cette condliicibUité par Pexpérience, en prenant des colonnes d>au d*un mètre de hauteur, et en les chauffant par le sommet «u moyen d^un renouvellement d^eau chaude, n a opéré ainsi sur deux colonnes différentes, ayant des diamètres de 918»» et 405»». Les thermomètres d'oblarvation étant espacés de 45"^, il fallait environ trente heures pour que Téquilibre fût établi. Les quotients des exeèé consécutif ont été constants, le premier égal à 1,6, it le deuxième à 1,4; leurs logarithmes sont bien en raison inverse des racines carrées des diamètres, eomme on devait s*y attendre. En introduisant ces conditions dans la formule précédente pour comparer la eondudbillté du cuivre à celle de Teau, on trouve que la première est 95 fois plus grande que la seconde; ainsi, dans la table précédente, la conducibilité de Teau serait exprimée par 9 ou 10.

L^air et les gaz sont de très-mauvais conducteurs; mais leurs conducibilités ne pourraienlpas être étudiées ^r les procédés que nous avons décrits, parce que les thermomètres d'observation restant soumis au rayonnement, leurs indications n'accuseraient pas les températures des différentes couches. Le seul genre d'expériences qui prouve la mauvaise conducibilité des gax, et particulièrement de l'air, est la lenteur des réchauffements des corps qui sont protégés par des couches d'air, quand la mol)ilité de l'air lui-même est empêchée par des corps frès^ivisés, comme la paille, la laine, la soie, l'édredon et toutes les substances filamenteuses. Ainsi, la mauvaise conducibilité de nos vêtements, des fourrures et de tous: les corps de celte espèce, tient à S causes : elle tient à ce que tous les corps déliés et divisés, même les poudres métalliques, sont de mauvais conducteurs par eux-mêmes; et à ce que l'air qui remplit les intervalles, et dont une foule de petits obstacles empêchent la mobilltéy est lui-même un mauvais conducteur de la chaleur. C'est pourquoi il faut bien se garder de comprimer ces corps et de les presser pour exclure l'air : de la ouate ou de l'édredon, pressés comme du carton, deviendraient d'asseï bons conducteurs; comme ils deviendraient aussi de meilleurs conducteurs, si leurs fila* ttents n'étaient pas assex rapprochés pour gêner les mouvemenu de l'air. Il est à peine nécessaire d'ajouter que ces corps, que l'on appelle chaude, ne sont nullement chauds par eux-mêmes; ils empêchent seulement le passage de la chaleur et ils ne sont pas moins propres à empêcher la ftision de la glace pendant l'été qu'à empêcher pendant l'hiver le refroidissement des corps qu'ils enveloppent.

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