‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 306 sur 341 · LIVRE Vm. — MÉTÉOROLOGIE · texte numérisé non relu

LIVRE Vm. — MÉTÉOROLOGIE

portant de détdnuiiier la température de la grêle k Tin- •tant où elle tombe. J*ai eu occasion de faire seulement deux observations de cette espèce, avant 1839, qui m*ont donné une température comprise entre 5 et 4* audessous de léro. Depuis , j*ai fait d*autres observations qui m'ont donné — Ip» — !•, et — 5» : celte dernière appartient aux gréions, gros comme des noix, qui ont ravagé le département de Seine-et-Oise pendant Tété de 1839.

Après ces remarques sur les dimensions , la forme et la structure des gréions , nous allons rapporter ce que Ton sait des diverses circonstances qui accompagnent ou qui précèdent la cbute du fléau.

La grêle précède ordinairement les pluies d*orage ; elle les accompagne quelquefois ; jamais , ou presque Jamais, elle ne les suit, surtout quand ces pluies ont quelque durée.

Elle tombe toujours pendant très-peu de temps , souvent pendant quelques minutes, rarement pendant un quart d*beure.

La quantité de grêle qui tombe des nuages en si peu de temps est prodigieuse; la terre en est quelquefois couverte d*une couche de plusieurs pouces d'épaisseur.

Nous ne dirons rien ici des désastres qu'elle cause : c'est comme une mitraille qui tombe du ciel ; elle agit par son poids et par l'impulsion qu'elle a reçue du vent, car, il parait bien certain qu'elle ne reçoit aucune impulsion étrangère. On peut juger des désastres que produisent sur la terre des grêlons d^une demi-livre , ou du moins de plusieurs onces , animés d'une vitesse qui peut être presque aussi grande que la vitesse du vent.

La grêle tombe, à ce qu'il paraît, plus ordinairement pendant le jour que pendant la nuit.

Les nuages qui la portent semblent avoir beaucoup d'étendue et beaucoup de profondeur, car ils répandent, en général , une grande obscurité; on croit avoir remarqué qu'ils ont une couleur particulière, grise ou roussâtre, et qu'en même temps leur surface inférieure présente d'énormes protubérances, et leur bord des déchirures multipliées.

Plusieurs observateurs pensent que ces nuages sont, en général , très-peu élevés ; mais les raisons qu'ils en donnent ne me semblent pas décisives. Souvent les habitants des hautes collines voient au-dessous d'eux les nuages qui couvrent de grêle le fond des vallées : dans ce cas il n*y a nul doute , les nuages sont peu élevés ; on a même ainsi une mesure exacte de leur hauteur'-, mais, dans d'autres cas, il me semble difficile de juger de leur position , comme on le fait quelquefois par le temps qui s'écoule entre rapparition de l'éclair et l'arrivée du bruit du tonnerre ; car , l'explosion peut avoir lieu au-dessous des nuages qui portent la grêle , et même on peut dire que cela arrive très-souvent , à cause de ces petits nuagei messagert qu'on observe presque toujours au moment de l'orage , et qui passent avec une grande rapidité sous les nuages principaux.

S'il y a de l'incertitude sur ce point, il ne parait pas

qu'il y en ait sur un autre phénomène qnl précède U chute de la çréle de quelques instants , et queUpiefoii même de plusieurs minutes : c'est un bruiMêametU^tticulier que Ton entend dans les airs, et que l'on coibpare au bruit que feraient des sacs de noix qui seraient vivement et violemment entre-choquét.

Enfin , la grêle est iovjourê accompagnée de phénomènes électriques : tantdt le tonnerre se f^ entendre avant le bruissement dont nous venons de parler, IMU il se fait entendre en même temps, on même pendant que les grêlons dévastent la terre par leur chute précipitée.

Pour donner maintenant une idée de l'étendue do tid et de la terre que ce terrible fléau peut occuper , et de la vitesse avec laquelle il peut se propager, nous rapporterons ici quelques détails sur le fameux orage qai a traversé la France et la Hollande le 15 juillet 1788. Cet orage est sans doute le phis désastreux, le plus effrayant qui ait jamais été vu dans nos climats ; et c'est peiH-è(re aussi celui qui a été le mieux observé. {Mém. de VActdemie des êciences, 1799 , page iCS. )

L'orage s'est propagé eimuUanémeui $m deoz bandes à peu près parallèles, l'une orientale et fautre occidentale.

La première est la plus étroite : ta plut grande Ish geur est de cinq lieues, sa plus petite d'une demi-tteoe, sa largeur moyenne de deux lieues et un quart.

La seconde est la plus large : sa plus grande targenr est de cinq lieues, la plus petite de trois lieues, et la largeur moyenne de quatre lieues.

Elles étaient séparées par une bande qui reçut seld^ ment une pluie abondante : sa plus grande largeur était de sept lieues et demie , sa plus petite de trois lienet, et sa largeur moyenne de cinq lieues et un quart.

A l'orient de la bande orientale et à l'occident de la bande occidentale , il y eut aussi beaucoup de plaie, mais dans une largeur qui n'a pas été déterminée.

Ces bandes sont un peu ondulées , mais leur direetisB générale court du sud-ouest an nord-est. Une Upe droite tirée d'Amboise à Malines fonne à peu prèile milieu de la bande orientale, et une autre ligne drsilc tirée de l'embouchure de l'Indre, dans la Loire, jusqi^ Gand ferme à peu près le milieu de la bande oecidcatale.

Sur cette longueur, qui est de plus de cent lienei pour chaque bande. Il ny eut aucune interruption dan l'orage ; et même , d'après des renseignements prédt, on peut conclure qu'il couvrit encore plus de cinquante lieues au sud et cinquante lieues au nord , ce qui donne à chaque bande une longueur totale de plus de deox cents lieues : la lieue est de 3,S00 toises.

Dans cette immense étendue , tous les points ae furent pas frappés à la fèis ; mais, on reconnut, par la comparaison des heures, que Forage avait une narcbe très-rapide depuis les Pyrénées , où il semble avoir pris naissance , jusque dans la Baltique , où Ton en perdit la trace.

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