CHAPITRE IV
De rélectrîcité aUnosphériqae.
534. Première découverte sur VèkcirkUè smsphérique. — Otto de Goerlcke , bourgoiesM ^ M*
CHAP. IV. —DE LÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉWQUE.
deboorg , et céi^re invenleor de la machine pneumatique , fut le premier qui découvrit quelque apparence de lumière électrique. Le docteur Wall , prefque à la même époque , en excitant rélectrlcité sur un grand cylindre d*ambre« observa une étincelle plus vive et un bruit beaucoup plus fort ; et , chose digne de remarque, cette première étincelle produite par la main des hommes fkit à TiBstant comparée aux éclats de la foudre : cette lumière et ce craquement, dit Wall , dans son Mémoire {Tranê. philoê.)^ paraissent en quelque façon représenter le tonnerre et Téclair. L*ana1ogie était frappante, il ne fallait que de Pimagination pour la saisir : mais pour en démontrer la vérité , pour trouver dans an phénomène si petit les causes et les lois du plus grand phénomène de la nature , il fallait une série de preuves que Ton ne pouvait attendre que d'un génie supérieur. Cependant, plusieurs physiciens cherchaient ces preuves dans des rapprochements plus ou moins ingénieux : les uns remarquaient que rétincelle est crochMê comme réclair, d*autres pensaient que le tonnerre est entre les mains de la nature ce que rélectrlcité est entre les nôtres : « J*avoue que cette idée me plairait beaucoup, disait Tabbé Nollet, si elle était bien soutenue; et, pour la soutenir, combien de raisons spécieuses , etc. » Enfin , tout se passait en raisonnements qui ne pouvaient rien conclure , parce qu*en physique c*est Texpérience seule qui doit donner $e9 conclusions. Pendant que Ton raisonnait ainsi en Europe et dans tout Tancien monde savant sur cette grande question , Ton expérimentait en Amérique , chez un peuple nouveau à peine connu dans les sciences , et ces expériences s'attaquaient directement à la foudre. Franldin trouvait le moyen de la foire descendre du ciel pour Tinterroger elle-même sur son origine. Après avoir Hii plusieurs découvertes électriques, particulièreaient sur la bouteille de Leyde et sur le pouvoir des pointes , Franklin eut la pensée hardie d'aller chercher rélectrlcité au sein des nuages ; il avait conclu de quelques expériences décisives qu'une tige de métal pointue, élevée k une grande hauteur , au sommet d'un édifice, devait recevoir l'électricité des nuées orageuses. 11 attendait avec une grande anxiété la construction d*un clocher que l'on devait à cette époque élever à Philadelphie; mais lassé d'attendre et impatient d'exécuter une expérience qui devait lever tous les doutes , il eut recours k un autre moyen plus expéditif et non moins sAr pour les résultats. Comme il ne s'agissait que de porter un corps dans la région du tonnerre , c'est-à-dire 21 une assez grande hauteur dans les airs , Franklin imagina que le cerf-volant, dont s'amusent les enfants, pouvait lui servir aussi bien qu'aucun clocher que ce pût être. Il prépara donc deux bâtons en croix , un mouchoir de soie , une corde d'une longueur convenable, et profitant du premier orage, il s'en fut dans les champs tenter l'expérience. Une seule personne l'accompagnait , c'était son fils : craignant le ridicule dont on ne manque pas de couvrir les essais infructueux ,
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comme il le dit avec ingénuité , il n*avait voulu mettre personne dans sa confidence. Le cerf-volant était lancé. Un nuage qui promettait beaucoup n'avait produit aucun effet; d'autres nuages s'avançaient, et l'on peut juger de l'inquiétude avec laquelle ils étaient attendus. Tout paraissait tranquille , on ne voyait aucune étincelle, aucun signe électrique; à la fin, cependant, quelques filaments de la corde commençaient à se soulever comme s'ils eussent été repoussés j un petit bruissement se fit entendre : encouragé par ces apparences électriques , Franklin présente le doigt à l'extrémité de la corde et voit paraître à l'instant une vive étincelle qui fut bientôt suivie de plusieurs autres. Ainsi, pour la première fois, le génie de l'homme fut se Jouer avec la foudre et surprendre le secret de son existence.
L'expérience de Franklin eut Heu en juin 1752 ; elle fut répétée dans tous les pays savants et partout avec le même succès. Un magistrat français , De Romas , assesseur au présidial de Nérac , profitant de la première pensée de Franklin , qui avait été publiée en France , avait imaginé aussi de substituer le cerf-volant aux barres élevées ; et dès le mois de Juin 1753, avant d'avoir connaissance des résultats de Franklin , il avait obtenu des signes électriques très-énergiques, parce ^u'il avait eu l'heureuse idée de mettre un fil de métal dans toute la longueur de la corde. (Afém. des Savants étrangers, t. II. ) Plus tard , en 1757 , De Romas répéta de nouveau ces expériences pendant un orage , et cette fois il obtint des étincelles d'une grandeur surprenante. « Imaginez-vous de voir , dit-il , des lames de feu de neuf ou dix pieds de longueur et d'un pouce de grosseur qui faisaient autant ou plus de bruit que des coups de pistolet. En moins d'une heure j'eus certainement trente lames de cette dimension, sans compter mille autres de sept pieds et au-dessous. (Mém, des Sa' vanU étrangers, t. IV ). »
Malgré toutes les précautions bien entendues que prenait cet habile expérimentateur , il fut une fois renversé par la violence du choc.
Ces résultats démontrent d'une manière assez éclatante que la foudre n'est en effet qu'une étincelle électrique.
Les cerfs-volants qui ont servi à prouver cette identité peuvent servir à beaucoup d'autres expériences qu'il serait bon de tenter maintenant pour l'avancement de la science : cependant, leur usage ne peut jamais être assez ordinaire pour qu'il convienne d'en donner ici la description.
535. De l'électricité pendant les orages. — En étudiant l'état électrique des nuages qui passent successivement au-dessus d'un cerf-volant, on reconnaît par expérience qu'ils sont chargés, les uns d'électricité vitrée , les autres d'électricité résineuse , et il s'en trouve qui sont à l'état naturel. Bien que nous ne sachions rien sur l'arrangement de rélectrlcité dans l'intérieur des nuages et à leur superficie , nous pouvons cependant