‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 315 sur 341 · CHAP. IV. — DE I/ÉLECTKICITÉ ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. IV. — DE I/ÉLECTKICITÉ ATMOSPHÉRIQUE

le passage d*un boulet de canon dans les airs devrait produire un bruit analogue , et Ton n*entend cependant qu*une espèce de sifflement que le soldat le plus timide n*a Jamais comparé au bruit du tonnerre ; d*une autre part , toutes les eipériences indiquent d*une manière positive que Jamais le fluide électrique n*éprou¥e un roonrement de translation analogue à celui des projectiles de matière pondérable. Nous avons déjft insisté sur ce point (t06 et 998), qui nous semble Ibndaraental ; et les principes que nous avons adoptés sur le passage de réiectricilé au travers des corps bons ou mauvais conducteurs vont nous fournir une autre eiplicatlon du bruit du tonnerre qui nous semble de tout point en harmonie avec les ftdts. Quand Tétincelle part entre deux corps , il y a décomposition et recomposition d*électridlé entre toutes les coucbes où elle paraît , et par conséquent vibration plus ou moins violente dans leur matière pondérable ; e^est une espèce de déchirement ou de brusque séparation , comme on le voit dans Texpérience du perce-carte : c*est cette vibration qui hiit le bruK en se propageant ensuite dans toute la masse environnante.

Concevons , d*après cela , Ie«illon d*un éclair d'une lieue d*étendue , ou seulement de 5400 mètres , pour mieux ixer les idées : la lumière brille au même in^ alant dans toute cette étendue $ donc, c*est au même fmIanC que le bruit est excité dans toutes les couches. Mais Je son se propage lentement , il ne parcourt que 540 mètres en V ; par conséquent , pour un observa* leur qui serait placé sur la ligne de Téclair, A 840 mètres de Tune de ses extrémités, Il j aurait d*abord éclat de lumière « puis silence absolu pendant 1''; alors, le bruit commence è Tattelndre, et ce qu*il entend, c*est la vibration qui a été excitée dans la couche la plus voisine de lui ; le bruit des autres couches arrive A la suite, se succède sans interruption et doit durer lO'' dans l*hypothèse que nous avons faite , puisque Tautre extrémité de Téclair est A 5400 mètres. Ainsi , c*est la longueur de Térlair qui détermine la durée du bruit ; «t , pour un observateur qui serait sous la ligne de Tédalr, A peu près vers son milieu , le même coup de tonnerre aurait des roulements moitié moins prolongés qne pour un observateur qui serait vers l*une des extrémités de réclair : celui-ci n'entendrait qu*uncoup, tandis que le premier pourrait croire qu'il entend deux coups A la fois , Tun A droite et Tautre A gauche , car le bruit lui viendrait Ae% deux cOtés.

Autant il s*écoule de secondes ou de battements du pools entre rapparition de Téclair et la première impression du bruit', autant de fois II y a 840 mètres de distance eatre Tobservateur et le point de la trace de rédair qui se trouve le plus voisin de lui : quand on a TU réclair, tout Teffet du tonnerre est produit ; le reste ii*est plus que du bruit.

Les mêmes principes nous expliquent enco^ les éclats déchirants, les roulements prolongés , et toutes les périodes de celte redoutable harmonie , qu'Un seul coup

de tonnerre foit entendre. Dans le trajet de PécTair , toutes les couches vibrantes ne reçoivent pas la même Impulsion , parce qu'elles ne sont ni A la même température ni au même état de sécherei^se ou d'humidité , ni par conséquent sous la même influence électrique. Ainsi, la première impression du son ne sera pas ton** jours li plus intense , bien qu>IIe vienne du lieu iè plus rapproché, et, dans une si grande étendue, il est impossible que le son ne se renfle pas A plusieurs reprises.

Ces notions suffisent pour flaire comprendre ce que le bruit du tonnerre est en lui-même; mais il peut arriver souvent que les forêts , les vallées , les montagnes , ou même les nuages forment des échos pour le répéter.

658. Des efféU du tonnerre ionqu'H tombe $ur Im terre* — Le tonnerre tombe quand l'éclair jaillit entre un nuage et les corps placés A la surfoce de la terre : on dit alors que ces corps eoni foudrojrés. Dans le langage de la science ce mot n'emporte pas nécessairement une idée de destruction , parce que la foudre ne détruit pas inévitablement tout ce qu'elle frappe. Autrefois , on discutait beaucoup sur la question de savoir si la foudre tombe do ciel , ou si elle s'élève de terre vers les nuages ; c'était une sorte de dilemme auquel on croyait ne pouvoir échapper : mais , ce que nous avons dit précédemment montre d'une manière assez évidente que Ja** mais la foudre ne tombe et que jamais elle ne s'élève; car il n'y a Jamais translation du fluide électrique de Tun A l'autre de deux points extrêmes de l'éclair. Cependant , pour nous conformer A l'usage, nous diront que le tonnerre tombe, en nous souvenant toutefois du sens qu'il fout attacher A cette expression.

Concevons un nuage orageux, qui soit, par exemple, chargé d'électricité vitrée : son élévation au-dessus du sol sera , comme A l'ordinaire , comprise entre 9000 mètreset 8000 mètres; il aura une forme quelconque, une épaisseur et une étendue considérables. Supposons d'à* bord que ce nuage soit au-dessus de la mer ou d'un grand lac : par son influence , il décompose les électricités naturelles de la masse liquide, repousse le fluide vitré dans la profondeur du sol, et attire le fluide résineux A la surface des eaux. L'accumulation de ce fluide peut y être assez grande pour qu'il y ait soulèvement sensible ; et alors on voit nne grande vague ou une montagne liquide qui s'élève et qui reste suspendue aussi longtemps que dure l'action électrique. Mais , ce phénomène peut se terminer de trois manières : 1« S'il n'y a aucune explosion dans le nuage orageux , il s'éloigne avec plus ou moins de rapidité ; l'intensité de son action diminue A mesure que la dislance augmente ; le fluide résineux, moins attiré, repasse peu A peu dans le sol ; et toute la masse des eaux retombe A l'état naturel. 9» S'il y a une explosion entre le nuage orageux et quelque autre nuage voisin , ou même entre le nuage orageux et quelque autre point de la terre éloigné de la èurface liquide que nous considérons en ce moment ^ il est évident que le nuage , déchargé subitement por

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