LIVRE Vm. — MÉTÉOROLOGIE
cette exploêioD , cessera subitement son acUon sur la surface des eaux qu*il avait soulevées ; et le liquide , forcé de reprendre à Tinstant son état naturel , retombera sur lui-même avec violence, son électricité résineuse se précipitant dans les profondeurs de Teau et du sol pour se recombiner avec la vitrée dont elle avait été séparée. Dans ce cas, Teau est foudroxée par le choe en retour, dont nous avons déjà parlé (195) ; elle est foudroyée sans que la foudre tombe , c'est-à-dire sans qn*il 7 ait explosion entre elle et le nuag^e orageux. S* SI le nuage orageux est assez près, assez volumineux ou assez fortement électrisé pour que rétincelle parte entre un point de sa surface et la surface des eaux qu'il avait électrisée par influence , alors Teau e9i foudroxée directement, ou , comme on le dit ordinairement , le tonnerre tombe dans Teau. Celte explosion produit en général plus d'effervescence et de bouillonnement dans les eaux que le choc en retour : une (elle secousse n'a pas lieu entre les fluides électriques sans qu'il y ail une violente action mécanique dans les éléments pondérables : chacun de $e» efltets , que nous décrivons longuement , peut être produit en un instant, et même il ne faut qu'un instant pour les produire successivement.
Après avoir pris pour exemple une masse mobile, homogène, et d'une égale conductibilité électrique dans toutes ses parties , il nous sera facile de comprendre l'effet du nuage orageux sur une vaste plaine composée d'éléments hétérogènes et diversement conducteurs. Les électricités naturelles du sol seront encore décomposées par influence, le fluide vitré sera encore refoulé, et le fluide résineux attiré et accumulé vers la partie supérieure du sol. Mais , dans le cas présent , il ne faut pas nous arrêter à la superficie : Il faut pénétrer par la pensée dans toutes les couches qui constituent le sol , Jusqu'à une assez grande profondeur, démêler les bons et les mauvais conducteurs , et reconnaître enfin leur forme , leur étendue et leur arrangement. Toutes ces circonstances ont une part plus ou moins marquée dans le phénomène. Il est évident, par exemple, que, s'il y avait à quelques pieds au-dessous du sol une couche métallique d*une grande étendue , Taction du nuage serait plus énergique, la quantité d'électricité accumulée beaucoup plus grande , et rétincelle partirait plus tôt; alors, la croûte supérieure du sol serait percée par la foudre en un ou plusieurs points, comme la carte ou le carreau de verre dans nos expériences avec les batteries. Cette comparaison suiRt pour nous faire comprendre que , dans les vastes plaines , la nature du sol , son état de sécheresse ou d'humidité , et la conductibilité des masses plus ou moins volumineuses que ses couches peuvent contenir , sont des éléments qui déterminent l'explosion de la foudre et les eSeis extraordinaires qu'elle produit. Dans ce cas , le nuage orageux peut encore n'exercer qu'une action par Influence, foudroyer par le choc en retour, ou foudroyer directement.
Il ne parait pas que le premier mode d'action puisse
jamais produire aucun phénomène ^n^irent; iU'yt Jamais de secousses quand les électricités sont décoaposées lentement et lentement recomposées : il paratl cependant que ces changements d'équilibre électrique peuvent être sentis par les êtres organisés, et partieslièrement par les malades affectés de quelques aaUdiei nerveuses. Il faudrait des observations plus prédieiet plus multipliées sur ce sujet.
Le choc en retour est toujours moins vident que le choc direct. On n'a pas d'exemple à ma oonnaiiiioee qu'il ait produit quelque combustion : mais il pantt certain que les hommes et les animaux peuvent toe frappés de mort par le choc en retour ; on n'obferre alors ni trace de brûlure, ni plaie, ni fracture.
C'est par le choc direct que la foudre prodoit m plus terribles effets. Quand elle tombe sur lesol,dle y marque son passage par un ou plusieurs troai pl« ou moins profonds : la terre en est remuée, foolUéed arrachée.
Si quelques petites éminences s'élèvent sur les plaines, elles sont frappées plus tôt parce qu'dleiMot plus rapprochées du nuage; par la même raiiontoHe élévation au-dessus du sol est plus exposée auxcosp de la foudre; quelques pieds de hauteur de plus misent pour déterminer l'explosion ; c'est pourquoi \6 animaux sont souvent frappés au milieu des plaines; mais , toutes choses égales d'ailleurs , ceux qui sont sa un sol mauvais conducteur courent moins de dangen que ceux qui seraient sur un sol bon conducteur. ^
Considérons enfin l'action du nuage orageux lorsqu'il passe au-dessus de quelques objeU élevés, coMe des arbres ou des édifices. Si ces objets étaient soi conducteurs, leur présence n'aurait aucune influence, le nuage n'exercerait son action que sur le $oli : nais, comme ils sont plus ou moins conducteurs, leur électricité est décomposée, et elle Test en raison de Icv conductibilité , de leur forme et de leur élévation. Les arbres, à cause de leur nature et surtout à came 4i l'humidité qu'ils contiennent, sont en général d'Mtf bons conducteurs ; et leur cime , toujours pb» u moins rapprochée du nuage, reçoit par contéquentsie grande accumulation du fluide. C'est par cette raissi que les arbres attirent la foudre, et les plus bssU sont frappés les premiers. On doit donc pendant les orages redouter l'approche d'un arbre , et mène T9t proche d'un buisson, surtout au milieu des plaines; or si la foudre éclate , c'est l'arbre ou le buisson qui len frappé. Dans les pays couverts, le danger n*estpasle même : il est toujours certain que si le tonnerre te^ Il tombera sur un arbre; mais , au moins , il ne toa* bera pas sur tous : cependant, pour chercher un abii au moment du danger, le plus habile observateur serait fori embarrassé du choix, et ce qu'il aurait de aUeaxi faire serait sans doute d'éviter les arbres et de se ooscher par terre.
Les édifices sont en général composés de métal, ^ pierre et de bois, qui reçoivent de la part da anafs