LIVRE VIU. — MÉTÉOROLOGIE
u pour tf = 4
N 94* fS'
50* ïïf
On voit en effet que, pour des latitudes magnétiques qui dépassent 5 ou 6«, les inclinaisons calculées dans rbypothèse de d très-grand deviennent rapidement plus grandes que celles qui sont calculées dans Thypothèse de J = 4, et ces dernières sont en général bien plus rapprochées des faits qu*on observe.
Si les phénomènes généraux du magnétisme terrestre pouvaient être représentés en admettant deux centres magnétiques qui fussent les mêmes pour tous les points
de la surface de la terre , on parviendrait sans ancn doute à exprimer non^teulement les intensilés d la inclinaisons , mais encore les déclinaisons, d'une nunière exacte pour tous les points où il D*y aurait pu de cause perturbatrice locale. Une construction irii^ simple m'a conduit à la formule suivante pour représenter la dédioaison i/ sur un parallèle i réqnaUsr terrestre correspondant à la latitude astronomiqae^
taBg.9'
COS. g sin. s cos. t — p, sin. g sin» (s — b) >in./ •in. g kl— p*sio.*(s — 6)
Of angle que Taxe magnétique fait avec le parallèle ou complément de Tangle quil fkit avec Taxe de la terre;
P=^ y> f étant le rayon du parallèle, e la distance
qui existe entre le centre de ce parallèle et le point où Taxe magnétique vient traverser son plan ;
b^ angle que la ligne e fait avec la projection de Taxe magnétique sur le plan du parallèle;
js, angle ft>rmé par la projection de Taxe et par une droite qui joint un point quelconque de la circonférence du parallèle au point où Taxe traverse son plan ; m est compté de 0 à Z6(^.
Si, au lieu d'un parallèle, on considère Téquateur terrestre lui-même, on a Z' = 0, et la déclinaison v correspondant à un point quelconquejde la circonférence éqotloriale est donné par la fèrmule x
tang • 17 as
cos. g sin* s
sin. g k' t— p*8ln."(j5 — 6)
Ainsi, la déelinalton est nulle pour s s o et 180 ; et, lorsque p est petit, elle atteint $otitHasimum pour dei
valeurs de m qui sont voisines de s = 90* et 69r, q«) que soit b.
Mais, cequ^il faut surtout remarquer, c'est que, de part et d'autre de la projection de Taxe magnétiqee sur réquateur , les déclinaisons qui sont nulles sur celte projection doivent se reproduire exactement les nèoei, au signe près, pour les valeursde s qui diffèrent de 1M^ or, cette exacte symétrie des déclinaisons, non pat ata extrémités d'un même diamètre , mais aux extréoKéi d'une même ligne, passant par le point où l'axe maga^ tique traverse l'équateur, ne se reproduit enanoiiK façon : au contraire , on voit sur la circonférence de l'équateur une dissymétrie frappante : au lieu de deux points où la déclinaison est nulle , on en trouve trots, plus ou moins séparés les uns des autres, et, au iieo d'avoir des mgj;tmum de déclinaison égaux et opposés^ il arrive que l'un de ces mtUfùÊmm surpasse l'antre de plusieurs degrés. Il en résulte donc évidemment V» possibilité absolue de reproduire les phénomènes magnétiques, en supposant que, pour tous les points deb terre , les centres d'actien soient les mêmes. Jlosiite sur cette conséquence, quiest très-importante, en faisant remarquer que ce défaut de symétrie dans les dédioaisons ne parait pas pouvoir s*expliquer par des actioof
CHAP. V. — DU MAGNÉTISME TERRESTRE
locales partiealières , qui ne s^étendraienl qu*à une petite distance de l*équateur , car les déclinaisons des divers parallèles , soU dans I*liéttiisplière tM>réal, soit dans l*héfflisphère anitral, s'écartent aussi beaucoup de la formule qui derrait les exprimer, et il ne parait pas possible de donner à p une valeur convenable pour les représenter par cette formule avec une approximation anfisânte.
n résulte de ce qui précède :
1*Qu*il est très-important de multiplier les observations d'intensité vers les pôles magnétiques, afin de reconnaître le véritable rapport qui existe entre cette intensité et celle de Téquateur magnétique $
9o Qu'il peut rester quelque doute sur l'étendue en latitude, dans laquelle il est permis d'admettre rigoureusement que la tangente de l'inclinaison est double de la tangente de la latitude magnétique, et par conséquent sur la véritable position de plusieurs points de l'équateur magnétique qui ont été déterminés par cette formule, en y appliquant des observations d'inclinaison faites à des latitudes de 15, 26 ou SO*»;
3« Qu'en admettant l'hypothèse de deux pôles magnétiques égaux et contraires, placés d'ailleurs d'une manière quelconque dans le sein de la terre, il n'y a aucune possibilité de représenter, avec une approximation suffisante, l'ensemble des déclinaisons qu'on a observées, ni même les déclinaisons qui appartiennent à l'équateur terrestre ou à un parallèle quelconque, et que cette impossibilité ne résulte pas des incertitudes qui peuvent exister sur le véritable tracé de l'équateur magnétique.
S TI. Juror0$ boréaiêê.
546. Le phénomène des aurores boréales parait être le plus magnifique, le plus imposant, le plus resplendissant, de ceux qui peuvent s'oftir à nos regards, et en même temps le plus compliqué, le plus inextricable, le plus insaisissable de tous ceux qui s'off^ntà nos recherches. Avant que les premières notions de la science tassent édoses, on admirait les aurores boréales comme on adnhrait le lever et le concher du soleil, le spectacle du ciel et le mouvement des astres. Depuis quil est per* mis de les regarder avec des yeux moins étonnés, on les admire, on les observe, on les mesure, et l'on n'a rien appris encore sur leur origine, sur leurs causes, sur leurs lois, sur les conditions physiques et matérielles de leurs apparitions, ni même sur le lieu qu'elles occupent; car, il reste des doutes sur la question de savoir si elles sont renfermées dans le sein de l'atmosphère, on si elles se manifestent au deU de ses limites. Ce serait le désespoir de la science, si la science pouvait se désespérer; mais, tous les jours, elle apprend k mieux recoanattre qu'il y a entre les phénomènes naturels des liens de subordination nécessaire, que tenter des expUcatiOBS prématurées, c'est fausser la méthode; qu'il faut savoir ignorer on lÂntôt savoir attendra, c'est-à-dire chercher des phénomènes plutôt que des explicaiioas.
Peut-être un simple fait, Jusqu'à ce jour Inaperçu, suf^ fira pour lever le voiie qui nous cache depuis si long* temps tous les mystères de l'aurore boréale.
Il suffit d'indiquer combien le phénomène est grand, et combien est grande notre ignorance, pour faire comprendre qu'il faudrait des volumes entiers si l'on voulait rendre compte de toutes les idées, de tous les systèmes, de tous les efforts d'esprit ou d'imagination dont il a été l'objet. Nous ne pouvons pas entreprendre ici une telle lâche, et nous nous bornerons à rapporter la description d'une aurore boréale, telle qu'elle a été faite sur les lieux par M. Loltin, lieutenant de vaisseau* l'un des laborieux et zélés obseryateurs de rexpédilion d'Islande.
L'observatoire météorologique où M. Lottin a passé 8 mois (de septembre 1838 à avril 1839) était établi à Bossekop, sur la côte de West-Finmark par 70" de ]a-> litude boréale; pendant ces 306 Jours on a observé 143 aurores boréales, parmi lesquelles il s'en est trouvé 64 pendant la nuit de 70 j<mr$ qui règne dans ces parages, depuis ie 17 novembre jusqu'au 35 janfier.
Yoicl maintenant comment M. Lottin décrit le phém^ mène (la figure 875, copiée sur ses dessins, pourra faciliter l'intelligence de la description) :
« Le soir, entre 4 et 8 heures, la brume légère qui règne presque habituellement au nord dans la direction du Fiord, à la hauteur de 4 à 6 degrés, se colore à sa partie supérieure, ou plutôt se frange des lueurs de Taurore, qui existe derrière. Cette bordure devient plus régulière et forme un arc vague, d'une couleur Jaune pâle, dont les bords sont diUùs et dont les extrémités s'appuient sur les terres.
• Cet arc monte plus ou moins lentement, son sommet restant dans le méridien magnétique ou à très-peu près ; ce qu'il n'est pas facile de déterminer avec exact! * tude, à cause de son mouvement ascensionnel et de sa forme déprimée.
» Bientôt des stries noirâtres séparent régulièrement la matière lumineuse de l'arc : les rayons sont formés, ils s'allongent, se raccourcissent lentement ou instantanément; ils dardent, augmentant et diminuant subitement d'éclat. La partie inférieure, les pieds des rayons, offrent toi^jours la lumière la plus vive, et fora^nl un arc plus ou moins régulier : la longueur de ces rayons est souvent très-variée, mais tous convergent vers un même point du ciel, indiqué par la direction de la pointe sud de l'aiguille d'Inclinaison; parfois ils se prolongent Jusqu'à leur point de réunion, formant ainsi le fragment d'une immense coupole lumineuse.
» L'arc continue de monter vers le xénitb; il éprouve un mouvement ondulatoire dans sa lueur, c'est-à-dire que, d'un pied à Tautre, réciat de chaque rayon augmente successivement d'intensité; cette espèce de courant lumineux se montre plusieurs fois de suite et bien plus ftéquemment de l'ouest à l'est que dans le fcas op« posé. Qnelquefdis, mais rarement, un mouvement rétro* grade a Oea immédiatenant après le premier, et i