LIVRE VllI. -^ MÉTÉOROLOGIE
tôt que cette lueur a parcouru successivement tous les rayons de Touest à Test, elle se dirige dans le sens in- Terse, revenant ainsi à son point de départ , sans que Ton puisse dire si ce sont les rayons qui éprouvent alors un mouvement de translation à peu près borixontal, ou •i cette lueur plus vive se transporte d*un rayon àTautre de proche en proche, sans que ceux-ci éprouvent de déplacement.
» L*arc offre aussi un mouvement alternatif dans le sens horiiontal, figurant les ondulations ou les plis d*un ruban ou d*un drapeau agité par le vent, comme on le voit dans la figure 87S. Parfois un de tes pieds, et même tous deux, abandonnent Thorixon; alors, les plis deviennent plus nombreux, mieux prononcés. Tare n*est plus qu*une longue bande de rayons, qui se contourne, se sépare en plusieurs parties, formant des courbes gracieuses, qui se referment presque sur elles-mêmes et offl«nt,n*importe dans quelle paKie de la voûte céleste, ce que Ton a probablement nommé Jusqu'ici des couronnes boréales. Alors Téclat des rayons varie subitement dMntensité, dépasse celui des étoiles de première grandeur; ces rayons dardent avec rapidité, les courbes •e forment et se déroulent comme les plis et replis d'un serpent. Puis les rayons se colorent : la base est rouge, le milieu vert, le reste conserve sa teinte lumineuse Jaune clair. Ces couleurs ont toujours , sans exception , conservé ces positions respectives ; elles sont d*une admirable transparence : le rouge approche de la teinte sangdair, le vert de celle d'une émeraude pâle. L'éclat diminue, les couleurs disparaissent, tout s'éteint subitement mis'affalblltpeu àpeu. Des fragments d'arc reparaissent; Tare se reforme lui-même, continue son mouvement ascensionnel et approche du zénith : les rayons, par l'effet de la perspective, deviennent de plus en plus courts; on peut Jugerde Tépaisseur de l'arc qui off^e, parfois alors, une large xone de rayons parallèles; puis, le sommet de l'arc atteint le zénith magnétique, point désigné par la pointe sud de l'aiguille d'inclinaison. Alors les rayons tout vus par leurs pieds : s'ils se colorent en ce moment, ils montrent une large bande rouge à travers laquelle on distingne les nuances vertes qui leur sont supérieures; et, s'ils subissent ce mouvement de translation horizontale dont nous avons parlé plus haut, les pieds ferment une longue zone sinueuse et ondulante, tandis que, dans tous ces changements continuels, les rayons n'éprouvent Jamais d'oscillaUon dans le sens de leur axe, et conservent toujours leur parallélisme.
» Pendant l'intervalle de temps qui vient d'être décrit, de nouveaux arcs se sont présentés à l'horizon, commençant d'une manière diffuse, ou avec les rayons tout formés et très-vi^. Ils se succèdent en passant à peu près par les mêmes phases , et se maintiennent à distance les uns des autres; on en a compté ainsi Jusqu'il neuf, appuyés sur les terres, et rappelant, par leur disposition, ces toiles cintrées qui vont d'une coulisse à l'autre et figurent le ciel de nos scènes théâtrales.
Parfois les intervalles diminuent ; plusieurs de ces ara se serrent l'un contre l'autre : c'est une large zone de rayons parallèles qui traversent le ciel et vootdispa* raitre vers le sud , s'affaiblissant rapidement après leur passage au zénith. Mais parfois aussi, lorsque celle zone occupe le haut du ciel, s'étendant de l'est à Tooest, la masse des rayons qui ontd^â dépassé le zénilh magnétique parait tout â coup venir du sud, et foroe avec ceux du nord la véritable couronne boréale, don tous les rayons convergent vers le zénitb. Ainsi, cdle apparence de couronne ne vient , sans doute , que d'os simple effet de perspective , et Tobservateur placé dsos cet instant à une certaine distance au nord on aaïud, n'apercevrait qu'un arc.
» La zone totale du rayon étant moins épaisse danile sens nord et sud que dans le sens est et ouest, fraiiqu'elle s'appuie souvent sur les terres , la couroane a une forme elliptique. Mais cela n'a pas toujours lies: on l'a vue circulaire , les rayons inégaux ne s'éteDdaot pas â plus de S^ à 13« du zénith, tandis que d'auU«ifoii ils vont jusqu'à l'horizon.
» Si l'on pense qu'alors tous ces rayons dardent avec vivacité, variant continuellement et subitement dam leur longueur et dans leur éclat , que de belles teintes rouges et vertes les colorent par intervalles , qoe les mouvements ondulatoires ont lieu , que les conranu lumineux se succèdent, et enfin que la voûte oéleitt tout entière off^e une immense et magnifique coupok étincelante, dominant un sol couvert de neige qui, loimême, sert de cadre éblouissant à une mer calaeâ noire comme un lac d'asphalte, on n*aura encore qo'mx idée très-imparfàite de l'admirable spectacle qui s'offre à l'observateur et qu'il faut renoncer à décrire.
» La couronne ne dure que quelques minutes; dk se forme quelquefois instantanément, sans aucu are préalable. U y en a rarement plus de deux dans li même nuit, et bien des aurores n'en ont montré aocsse trace.
» La couronne s'aMblit, tout le phâiomèoeeitaB sud du zénith, formant des arcs plus pâles et fd éi»' paraissent généralement avant d'avoir attdnt rbarins sud. Le plus ordinairement, tout ceci a lieu dans U première moitié de la nuit, après quoi Taurore psralt avoir perdu de son intensité; des faisceaux de nys», des bandes, des fragments d'arcs paralsseut et disparaissent par intervalles; puis les rayons devienneDtde plus en plus diffus , ce sont des lueurs vagues et fkibles qui finiMent par occuper tout le ciel, groupées conm de petits cumulus , et désignées sous le nom àeidâqua aurorales. Leur lumière lactée éprouve souvent des changements très-vife dans son intensité, semblablei) des mouvements de dilatation et de contraction, qui » propagent du centre à la circonférence, et réclproqœment, rappelant ceux de ces animaux marins nonoét médu»e$, La lueur crépusculaire arrive peu à peu, et le phénomène faiblissant graduellement cesse d'être visible.