‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 62 sur 341 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De U FntioD et de It Solidification.

iZB. Fuêion, — U est facile de reconnaître que la /Stêion ou le passage de Tétat solide à l*état liquide est un phénomène produit par la chaleur, et qu'aucune autre cause dans la nature ne peut déterminer les corps à ce changement d*é(at. La glace peut être brisée ou réduite en poussière , elle peut être soumise à toutes les puissances mécaniques et à tous les agents naturels sans cesser d*élre un corps solide , à moins que la chaleur ne Tienne exercer sur elle son action pour la conrertir en eau. Il en est de même de la cire, et, lorsqu'on la voit fondre aux rayons du soleil , on sait bien que c'est par Teffet de la chaleur qu'elle entre en fUsion , et non par l'effet de la lumière. Et , si le plomb peut se liquéfier et defenir coulant lorsqu'on le bat sur une enclume à coups redoublés, c'est que la compression et la percussion dégagent de la chaleur tout à fait semblable à la chaleur d'un A>yer. Ainsi , l'état de solidité ou de fluidité d'un corps est un état relatif, dépendant uniquement de la température à laquelle ce corps est soumis. A une autre distance du soleil, la terre prendrait une autre consistance et un autre aspect : si elle en élait plus voisine, les métaux seraient pour la plupart dans un état habituel de fusion , et les proltondenrs de la mer, au lieu détre remplies d'eau, pourraient bien être remplies de substances métallhiues liquéfiées : au contraire , si elle en était plus éloignée, la mer serait une masse solide , il n'y aurait plus d^eau coulante et probablement plus de liquide en circulation pour produire les phénomènes organiques de la végétation et de la vie.

La chaleur pénétrant et dilatant tous les corps , il est curieux de chercher si elle peut pareillement les faire passer tous sans exception de l'état solide à l'état liquide. Or, en examinant sous ce point de vue tous les corps solides , on trouve entre eux de grandes différences : il y en a qui sont Ir^-fusibles , et qui ne peuvent soutenir des températures même très-basses sans passer à l'état liquide; tels sont la glace, le phosphore, le

•oufire, la cire, les corps gras et les réslnei : 0 jr ea a d*autres qui exigent , pour se fondre , des températvm un peu plus élevées , comme Pétain, le plomb el éiftft alliages : enfin , il y en a qui ne peuvent entrer eo tMm que par des leux longtemps soutenus et aux plus hantes températures que nous soyons capables de produire} l'or , l'acier , le fer et le platine sont dans et eati Los corps qui résistent à ces plus hauts degrés de ohtfet sont appelés infiiêibles, fixes ou réflraotàtreê ; et, comme nos moyens de développer de Itf chaleur se perfectionnent de Jour en Jour, le nombre des substaseet infUsibles a été sans cesse en diminuant. Le dMrbMi parait être le plus réfractaire de tous les oorps : cependant, plusieurs physiciens prétendent avoir observé quelques traces de fusion sur les arêtes des diaamts qu'ils soumettaient à l'essai. En attendant que ee ré* sultat soit constaté, on peut du moins conclure par analogie qu'il n'y a pas de corps essentiellemenl tnfusibles.

Les substances organiques , étant en général coMp» sées de carbone et d'éléments gazeux plus ou noins volatils , se décomposent souvent par l'action du féa piutôt que de se liquéfier. Le bois , fortement chauffé « se carbonise et ne se fond pas ; il en est de mùaa «toi fruits , des fleurs et des autres tissus végétaux ; tt en est de même encore des fibres musculaires et de tous les autres tissus des corps vivants. Toutes ces subsUuioet organiques se décomposent par la chaleur : les produits volatils s'exhalent, et il ne reste en dernier résultat que le diarbon et les autres éléments fixes qui leur servent de bases.

Plusieurs corps inorganiques se déeeoipoiÉBt mmI avant de se fondre, et il a fallu Tesprit teviittr de Htil pour démontrer leur fusibilité. Son procédé consUte â chauffer ces corps en les maintenant sous une hante pression , de telle sorte que les éléments les plus volalilt ne puissent pas s'exhaler. C'est ainsi que Hall a fkit fondre du marbre , sans qu'il se convertit en cbaax , el qu'il a démontré pareillement la fusibilité d'un srand nombre de substances volcaniques. Ces résultats sont importants pour discuter l'origine et la formation des divers couches dont se compose la terre.

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