SECTION II. — CHA^ I. — FOMO» ET SOLIDIFICATION
passent de Tétat solide à l*é(at liquide , ils présenlent deux phénomènes très-remarquables (125) : premièrement , ils restent solides Jusqu*à ce qu'ils soient arrivés à une certaine température fixe y qui es( toujours la même pour le même corps, et c^est alors seulement que la fusion peut commencer; secondement, ils restent à la même température pendant toute la durée de la fusion , quelle que soit la quantité de calorique qu*on leur fournisse; d*où il suit qu'ils absorbent ce calorique pour •e fondre , et qu'ils le cachent dans leur intérieur sans en laisser rien paraître au dehors. Ainsi , la fixité de Umpérature, et l'absorption du calorique latent sont les deux condilions essentielles de la fusion. Ces phénomènes peuvent être facilement constatés sur les corps très-fusibles, dont là température est accessible an thermomètre à mercure, et ils peuvent l'être encore sur les substances peu fusibles, dont on obtient la température par d'autres moyens. U y avait près de cent ans que le thermomètre était inventé , que l'on ne connaissait pas encore, d'une manière certaine, l'invanabiljté do point de fusion des corps : on croyait qde la ^ace , pêr exemple , devait entrer en ftision à diverses températures, suivant la latitude ou l'élévation des lieux où elle était formée. La première condition de la fusion une fois démontrée, il fallut encore plus d'un demisiècle pour constater l'autre , c'est-à-dire l'absorption du calorique latent ; car , ce fut en 1763 que Black mit cette vérité fondamentale dans tout son jour, et qu'il en fit voir les importantes conséquences. Il est visible que la quantité de calorique latent que prend un corps pour se fondre est proportionnelle à la masse de ce corps qui entre en fusion , et nous verrons plus loin qu'à masse égale y des corps différents prennent des quantités de calorique latent très-différentes ; ce qui suffit pour imprimer à chaque substance un caractère distinctif pareil à celui qui dérive de la densité ou des autres qualités primitives de la matière.
L'affinité chimique est cependant une cause qui peut faire changer le point de fusion des corps , mais il ne parait pas qu'elle puisse modifier en rien Tabsorption du calorique latent; ainsi, la n^ige ou la glace pilée étant , par exemple, à la température de — 10« et en contact avec du sel ordinaire aussi à— 10« , la fusion s'opère par la combinaison de ces deux corps, et la tèm**
pérature s'abaisse dé phis en plus ; ce qui est une preuve évidente de l'absorption du calorique latent. C'est là le principe de la formation des mélanges fi-igori figues , dont nous nous occuperons plus tard. Dans les combinaisons de cette espèce , la limite du froid que l'on peut produire est déterminée par la température à laquelle les éléments de la combinaison cessent d'agir l'un sur l'autre. La neige et le sel, par exemple, n'ayant plus d'action sensible à 18 ou 20» au-dessous de 0, il est impossible d'obtenir avec ces éléments un ttoïû plus grand que — 18 ou — 20«, puisque , au delà de ce terme ^ ils cessent de se combiner; et, pour approcher de cette limite autant qu'il est possible , il faut que le calorique latent soit exclusivement fourni par la portion des éléments qui entrent en combinaison.
Ce qui arrive dans les mélanges frigorifiques se reproduit avec quelques modifications dans plusieurs procédés des arts , comme dans l'extraction des métaux , dans la fabrication du verre , et aussi dans les nom** breux essais que l'on peut faire au chalumeau, pour la détermination chimique ou minéralogique de diverses substances. On emploie alors des fimdants, c'est-à-dtre des corps qui ont la propriété d'accélérer la fusion des matières avec lesquelles ils sont en contact, à peu près comme le sel accélère la fosion de la glace ou de la neige. Le composé qui en résulte étant beaucoup plus fusible que n'est la substance à laquelle on ajoute le fondant, on peut en tirer parti plus facilement : tantôt on le destine à d'autres combinaisons chimiques, comme Il arrive à la mine de for, qui entre en fusion par le fondant et ensuite se désoxyde et se carboqKe pour se transformer en fonte ; tantôt on le travaille immédiatement , comme le verre ; tantôt on observe les nuances de sâ couleur pour juger par là des éléments chimiques qui le constituent. ^ .*.-♦<
Le tableau suivant contient les f^^t de fUskNi de diverses substances : j'ai déterminé ceux de ces points qui sont supérieurs à la température du rouge naissant, soit au moyen de mon pyromètre à air précédemment décrit ; soit au moyen des capacités pour la cbalenr \ soit au moyen du pyromètre magnétique , dont la coH'* struction sera expliquée dans la seconde partie du calorique.
Tableau du point de fusion de diverses substances, en degrés du ikermonfèirê àenti^radet.
NOOM
Degrés ceDtétimaai.
rcr narldé anglais 1600*
Fer doux français. , 1500
Aciers, les moins fusibles 1400
Aciers, les plus fusibles 1S00
Fonte nanganésée 1350 .
Fonte grise, 3« fosion • • . 1300
Fouie srise très-fusible * • . 1 100
Fonte blanche peu fosible 1100
Fonte blanche très-fosible 1050
De^^
Nom
rabatancet.
Or très-pur 1250
Or au litre de monnaies 1180
Argent très-pur iOtO
Bronse « • . • • 90ù
AniimoiM. • . « • • é 43i
Ziitc • • • 360
Plomb. , Bismuth.
Ëtaiff*
MO