SECTION II. — CHAP. IV. — VAPEURS
des men ; elle s*éYapore à la tnifice de la terre, tur le fol et tar let plantes ; et il est évident qn*e1le n^a pas alors une force élastique capable de vaincre la pression de l^fr. Alosl, les observations les plus communes nous font voir que la vapeur se forme sur I*eau à toutes les leBpératttres, et qu'elle s*exhale dans Pair avec les plus IMbles tensions. On avait d*abord présumé qu*une affinité chimique était nécessaire entre les molécules d*air et de Tapeur pour que ce phénomène pût se produire ; mais nous avons vu qu'il n'est nul besoin de recourir aoi forées chimiques : la vapeur quelque faible que soit Si tension, se mélange avec Talr, comme deux gaz se mélangeiit entre eux. La seule condition pour qu'un liquide s'évapore est donc que les couches d'air qui l^nvironnent ne soient pas saturées de vapeur; et comae il arrive, dans le mélange de deux gaz, que les moléeales de Tun sont un obstacle mécanique à la diffosioa des molécules de l'aptre , il arrive aussi , dans rèvaporation , que l'air oppose une résistance à la diffusion de la vapeur. Ainsi , dans une atmosphère parfaileoient calme , l'évaporation est lente , tandis que, dans une atmosphère agitée, elle devient de plus en plus rapide , à cause que les couches non saturées sooi sans cesse ramenées en contact avec le liquide. Un vent sec, animé d'une vitesse infinie , en soufflant sur la surfoce d'un lac , y produirait une évaporation anssi instantanée que celle qui se produirait dans un vide infini , car les molécules de vapeur seraient emportées si vite qu'elles ne pourraient exercer aucune pression sur les molécules d'eau pour les empêcher de se vaporiser à leur tour.
La rapidité de l'évaporation n'est pas seulement dépendante de Tagitation de l'air; elle dépend aussi de la tension de la vapeur ou plutôt de la différence qui existe entre la tension de la vapeur qui se forme et celle de la vapeur qui est déjà formée dans l'air. Il résulte des expériences de Dalton , sur ce sujet , que la quantité de liquide qui peut se vaporiser dans un temps donné est toujours proportionnelle à cette différence de tension. Ainsi, dans un air parfaitement sec, à ir de température, il se vaporiserait, à surface égale, autant d'eau à peu près qu'il s'en pourrait vaporiser à 30° dans un air humide contenant de la vapeur à 30 millimètres de tension.
n est a peine nécessaire de remarquer que, toutes les autres drconstances étant les mêmes , la quantité d'eau qui s'évapore dans un temps donné est proportionnelle à l'étendue de la surface sur laquelle la vapeur prend naissance.
Les autres liquides s'évaporent à l'air libre , d'après les mêmes principes que l'eau ; on peut dire seulement , que, pour eux , la rapidité de l'évaporation est proportionnelle à la tension de la vapeur ; car , en général , quand ils se vaporisent , ii n'y a pas dans l'air de vapeur préexistante qui presse la surface liquide et retarde rèvaporation.
nous verrons, dans la Météorologie, tous les phé-
nomènes naturels qui résultent de la formation de la vapeur, de sa suspension dans Tatmosphère, et de sa condensation sous forme de pluie, de rosée, de gelée, etc.
î^(i. Du flvid produit par la paporisaHon.^QuMd un liquide est en ébullition à l'air libre, il conserve une température fixe, parce qu'il reçoit du foyer, parles parois du vase, autant de calorique que la vapeur en absorbe pour se former ; quand l'ébullition se fait sous le récipient de la machine pneumatique, la température s'abaisse graduellement, parce qu'alors c'est à la masse liquide et aux corps environnants que la vapeur doK prendre le calorique latent nécessaire à sa formation. Nous verrons plus loin qu'un gramme de vapeur d'eau, en se fermant par ébullition ou par évaporation, absorbe une quantité de chaleur latente, capable d'élever de 1« la température de 550 grammes d'eau liquide ; ainsi, on peut Juger de la rapidité avec laquelle s'abaisse la température d'une masse liquide soumise à une ébullition spontanée ou à une prompte évaporation. Nous indiquerons les expériences les plus frappantes qui reposent sur ce principe.
CongéiatioH de l'eau dans le vide. — On met sous le récipient de la machine pneumatique un large vase en verre, contenant de l'acide sulfurique ; à quelques pouces au-dessus on dispose une capsule de métal trèsmince et très-évasée, contenant quelques grammes d'eau : ordinairement cette capsule est portée par trois fils ou par trois bandes de métal très-déliées,, qui s'ajustent sur les bords du vase en verre. Après quelques coups de pistons, l'eau entre en ébullition :en continuant de faire le vide , l'ébullition cesse, et quand le vide est fait aussi complètement que possible, on attend quelques minutes ; des aiguilles de glace paraissent dans la capsule , et bientôt après , toute l'eau qu'elle contient ne forme qu'une masse solide. Cette expérience curieuse est due à Leslie. L'acide sulfurique absorbe la vapeur d'eau à mesure qu'elle se forme, et détermine ainsi une évaporation plus prompte. Tout corps puissamment absorbant produit le même effet ; la farine d'avoine , un peu torréfiée , réussit parfaitement. La capsule est trèsmince parce qu'elle doit participer au refroidissemont, et on l'isole des corps voisins pour qu'elle n'en reçoive pas la chaleur (figure 396).
Une congélation, fondée sur les mêmes principes, peut se faire plus commodément avec l'appareil de la figure Sâ5. C'est un tube contenant un peu d'eau que l'on fait bouillir pour faire le vide, et dont la partie supérieure est environnée d'un manchon dans lequel on verse un mélange réfrigérant.
Congélation du Mercure, — On peut pousser le refroidissement par évaporation au point de congeler le mercure. Pour cela on revêt d'une petite éponge ou de quelque tissu spongieux la boule d'un thermomètre et on l'humecte de carbure de soufre, ou, ce qui vaut mieux encore, d'acide sulforeux liquide; l'évaporation est si rapide, et la quantité de chaleur enlevée si considérablei