CHAPITRE PREMIER
De Tactioo des aimanU siir enz-mémet et tar let substances magnétises.
157. On (roure dans le sein de la terre, et souyent Dtee à la surface du sol, des substances qui ont la propriété d'attirer le fer : ces substances, quelle que soit leur forme ou leur composition , s'appellent des aimanté naturels ! autrefois on les appelait pterres d'aimantj parce qu'en effet elles offrent dans leur structure une apparence pierreuse plutôt qu'une apparence métallique. 11 y a des aimants iréz-/àible$ , c'est-à-dire que, tous un grand volume , ils n'exercent sur le fer qu'une attraction peu sensible; mis en contact avec de la Ane limaille, ils peuvent à peine en soulever quelques parcelles : mais il y a des aimants tellement puiêêantê qu'ils sont capables de tenir suspendues des masses de plus de cinquante ou même de plus de cent kilogrammes.
Pour montrer la force attractive qui s'exerce entre le l^r et l'aimant on peut faire les expériences suivantet:
1* Si l'on plonge un aimant, par une de ses extrémités, dans de la limaille de for, on voit les parcelles de métal s'atlacher à sa surface et s'attacher les unes aux autres en formant une sorte de chevelure de plusieurs Kgiies de longueur : cette adhérence des particules en- Ire elles et leur arrangement est un phénomène digne de remarque, sur lequel nous reviendrons; pour le ■ument nous nous contenterons de le regarder comme Qoe simple preuve d'attraction
S» Si l'on présente à l'aimant, suivant son degré de ftece, des morceaux de fer plus ou m'oins volumineux, à peine en sont-ils approchés à quelques millimètres
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de distance qu'on les sent devenir plus légers : ils sont entraînés et se précipitent sur sa surface pour y rester suspendus; il faut ensuite un effort plus ou moins considérable pour les en arracher.
5" Si l'on suspend une petite balle de for à un fil flexible , et qu'on en approche peu à peu la surface de l'aimant, on voit ce petit pendule magnétique se dévier sensiblement de sa direction verticale. On peut même, descelle manière, reconnaître quelques caractères essentiels de cette force attractive, et constater : 1** qu'elle s'exerce à distance; 3« qu'elle s'exerce au travers de l'air, au travers du vide, et au travers de tous les corps, pourvu qu'ils ne soient pas du fer ; 5* qu'elle diminue à mesure que la dislance augmente.
Toutes les attractions étant réciproques, on doit conclure que si l'aimant attire le for il est attiré par lui avec la même énergie et suivant les mêmes lois. Cette vérité nécessaire peut, au reste, se vérifier directement par des expériences inverses des précédentes : en suspendant l'aimant pour le rendre mobile, et en faisant agir sur lui des morceaux de for à diverses distances.
Cette force attractive étant distincte de toutes les autres forces naturelles, on lui donne un nom , particulier, on l'appelle /brce magnéHque,du mot /««ynif, qui était chez les Grecs le nom de la pierre d'aimant ; car les anciens avaient quelques connaissances de ses propriétés : Platon en parle dans plusieurs de ses dialogues, et il faut remonter jusqu'au temps de Pythagore pour recueillir les premières notions qui nous aient été transmises sur ce sujet.