CHAPITRE IV
Des procédé* d'aimâotition , et des etntet qui modifient la force coercitÎTe.
t M. Frooèéé de Dmhmui ou de /a loiicAe êépmrie . —-€• procédé consiste à disposer bout i bout, sur une ■éme ligne et à nne certaine distance {fl§. 955), deux puissants fiisceaux, feiT» dont les pdies opposés se ffcgn4ent(on n'a représenté que leurs extrémités, ils aoBi pireUs à celui de la Sgure 949)« Sur ces Aiisceaux, qei restent flwu pendant l'expérience, on place Taifuille à aimanter de telle sorte qu'elle empiète au plus do 1B à 18 lignes sur ebaque extrémité, ou seulement do 7 à 8 lignes Si elle n'a que 8 ou 4 pouces de Ion* gaear. Alors, on prend les deux barreaux glissants, f el /, l'un dans la main droite, l'autre dans la main gancbc} on les pose au milieu de l'aiguille, on les inoiiae snr elle de 95 on 50*, et, en les séparant, on les Mt glisser sons cette Inclinaison, d'un BMuvement km et unifèrme, pour qu'ils arrivent en même temps à obncnne de ses extrémités; là, on les rêiève, on les vqpporte au milieu , et l'on répète la même opération Jaaqii'à ce que l'aiguille ait re|u le nombre des frictions ■éceesairts. Ouand l'aiguille est trop mince ou trop frngMe pour supporter le poids des barreaux glissants , •a la soutient par une pièce de bois /, sur laquelle on pesl même la fixer pour qu'elle n'éprouve aucun déplacement pendant l'opération. Il est évident que cbacun dos barreaux |r et f' doit toucber l'aiguille par le même pôle que le barreau fixe vers lequel il marcbe. Ge procédé est le plus avantageux pour aimanter, de la \ la plus eomplèle et la plus régulière, les ai-
guilles de boussoles et les lames dont répalssear ne dépasse pas 4 ou 5 millimètres.
185. Procédé d'JEpinuê ou dé la dotêbiê lomeko. -^ Quand les lames ont une épaisseur plus grande que 4 ou 5 millimètres, la métbode dont nous venons de parler est insufllsante pour les aimanter à saturation, cl il est nécessaire alors de recourir au procédé d'ApInus, qui ne diffère du premier que par la disposition et le mouvement des barreaux glissants. Cet barreaux sont encore l'un et l'autre posés au milieu de la lame, cbacun la touchant par le pôle de même nom que celui de l'ai* mant fixe, dont il est le plus voisin {flg, 954); mais, cette fdis, leur inclinaison sur elle est seulement de 15 ou 90«, et on les promène ememble, du milieu vers l'autre, en parcourant toute la longueur de la lamc} on répète ainsi les frictions ou le mouvement de «••e^> 9ieni, d'un bout de la lame à l'autre , avec la double condition de finir toujours du milieu , et d'y arriver ok revenant de l'extrémité de droite si on a commencé les frictions en allant vers la gauche ou réciproquement } c'est le seul moyen de passer le même nombre de Iota sur chaque moitié* Pour rendre cette manœuvre plus commode, on peut fixer les aimants glissants dans une espèce de triangle en bois ou en cuivre; mais, dans tous les cas, il fout avoir soin de laisser entre leurs extrémités inférieures une distance de 5 ou 8 millimè» très, qui se conserve toujours la mêasci au moyen d'une petite lame / de bois , de cuivre , ou de plomb.
Ce procédé fut imaginé par iEpinus, dont il conserve le nom, et on l'appelle aussi procédé do Im doublé touche p parce que les barreaux glissants touchent à la fùiê la même moitié de la lame qu'on aimante, tandis que, dans le procédé de Duhamel, ils touchant êépm^ rément chacune de ses moitiés.
Lm double touche est préférable à la touche eéparée lorsqu'il s'agit d'aimanter des barreaux épais, parce qu'elle y développe une plus grande quantité de magnétisme : mais elle ne doit Jamais être employée lorsqu'il s'agit des aiguilles de boussole ou des lames destinées à des recherches de précision , parc^ qu'elle présente deux inconvénients qu'il faut alors soigneusement éviter : premièrement, elle donne toujoure des pèles d'une force inégale; secondement, elle donne souvent des points conséquents, surtout quand les lames ont une grande longueur*
184. Du point d» eaiurtUion, — La quantité do magnétisme que prend un corps va toi^ours croissant avec la force des barreaux qui servent à l'aioMnler, mats la quantité de magnétisme qu'il ooneerve est sus* ceptible d'une certaine limite, que l'on appelle le j^o^isl de êoturation. Par exemple, une aiguille qui fait seu<* lement 100 oscillations en 100'' lorsqu'on l'aimante avec de faibles barreaux , peut foire ces 100 oscillations en 90", en 80", en 70", etc. , lorsqu'on raimante par l'une ou l'autre des méthodes précédentes, avec des barreaux fixes ou glissants d'une force graduellement croissante. Mais ensuite, abandonnée à elle-asèmoaprèe
LIVIE HI.*. MAGKÉTISliE ET ÉLBCTUCITÉ.
chacune de cet opéritiont , eUe prétcnic le» phénomènef tuivanU : au-dessous d*une certaine inleoeké magnéUqne , de celle, par exemple, qui répond à 100 oscillalions en 40", elle consenre tout le ma^étisne quelle a reçu , c*est-à-dire qu*après des mois ou des années , elle mettra à faire 100 oscillations le même temps qu'elle mettait inmMiatement après Taimantalion; mais les intensités plus grandes, celles qui lui fènl faire 100 oscillations en W ou en W% décroîtront plus ou moins rapidement avec le temps; Taiguille retombera enfin -ad point de faire ses 100 oscillations en W\ et celte limite d^intensilé sera son point de saturation. If est évident , d*après cela , que le point de saturation d*une lame ou d*une aiguille ne dépend que de sa force coercllive , et nullement de la force des aimants qui ont servi à développer son magnétlsmCé
On prétend , en général , que les corps êunaturéê de magnétisme retombent immédiatement au point de saturation : mais, dans le cours de mes recherches magnétiques, fai pu observer des corps Irèt-Tariée dans leur nature , dans leurs dimensions et dan» les degrés de leur force coercHive, et J*ai toujours éprouvé que le point de saturation n^esl pas une Kmite aussi fixe qu^on le suppose : premièrement, il y a toujours après raimantalion «ne réaction de$ fluideê, qui change leur arrangement et qui augmente quelquefois rintensité magnétique ; secondement , les aiguilles sursaturées perdent très-lentement Texcès de leurs fluides , et II n*est pas rare , après plusieurs mois , de les voir encore éprouver quelques légères variations. Il est inutile d*aJottter quMI faut dans ces observations tenir compte des changements de température et des autres causes accidentelles qui pourraient avoir de rinfluence sur les intensités magnétiques.
Pourreconnattre qu'une aiguille est aimantée à saturation , il n'y a d'autres moyens que de la réaimanter dane le même sens avec des barreaux plus puissants que ceux qui Tont aimantée la première fOis. Si elle prend alors une Intensité beaucoup plus grande , ce dont on s*assure par Tune des méthodes que nous avons Indiquées, il est certain qi^elle n'était pas saturée, et si elle ne prend qu'une faible augmentation d'intensité , qu'elle perd ensuite avec le temps , ce sera une preuve qu'elle était portée au point de saturation.
Il ne faudrait pas croire que l'on pût augmenter In* déflniment l'intensité magnétique d'une aiguille , en lui donnant un grand nombre de frictions avec de fiibles barreaux : passé un certain terme , les nouvelles frictions n'ajoutent rien , et ce terme arrive quand la résistance de la force coercllive est égale à la puissance décomposante des barreaux.
* II ne faudrait pas croire non plus qu'une aiguille, aimanlée par de puissants barreaux, pût, sans inconvénient , être réaimantée ensuite par des barreaux glissants, d'une moindre intensité; car ceux-ci, même quand ils agissent dans le même sens que les premiers, lui font perdre peu à peu de son magnétisme et le ramè-
nent enfin au degré d'inteBiilé quUls awmtet pm M donner. Cet effet remarquable est BMMttveUepffcmo que les barreaux glissants ne magnêtIaeiA qu'en dMCerminânt , dans chaque molécule , des décompMiiiOM et des recompositions successives des deux flukles»
iSS. De rinfluence de ta trempe sur ia fàrwa eoef Cft^M.—Le plus sûr moyen de tremper l'acier à éîven degrés, comparables entre eux , est de lut doMMr d'inbord la trempe lapine dure, eteosvite de la racaisns graduellement jusqu'à un point déCermiaé, ea aorte que lee divers degrés de trempe ne soai vêritaMenent que les divers degrés de recuit.
Pour donner à un barreau 'd*acier la trempe la pins dure, on le chauffe Jusqu'au rouge cerise dair, et on le jette rapidement dans une grande marne d^eau froide. Le prompt refroidtssementfaitlatrempe. Ainsi, paarqn'fl reçoive une trempe égale, et pour qu'il ne ae fossnmMiia pas, H importe que le froid l'envoloppo et la aalaissc Instantanément dans toutes ses parties. On peut tremper l'acier dans l'huile, dans le suif, dans le nacrcurc, dans la glace , dans des dissolutions de différeatea substances , ou même dans les mélanges réfHgéraDts : ces divers modes de refroidissement paraissent avoir de l'influence sur les propriétés mécaniques des resaorls , des tranchants ou des pointes , mais ils ne paraitaeirt pas modifier sensiblement les propriétés magnétiques de l'acier.
Pour recuire l'acier trempé, on le chauffe uniformément sur un lit de charbon pulvérisé, ou slmpieaient concassé en fkvgments plus ou moins gros« suivaalle recuit que l'on veut obtenir. La grande dittcutté est de mesurer alors les divers degrés de chaleur : maia IV der jouit d'une propriété remarquable , qui permet d'évaluer avec aesci d'approximation la température qu'il éprouve. Lorsqu'on le chauffe de la sorte , la surfice prend de vives couleurs qui se saceèdept aases lentement, à mesure que la chaleur augmente : d'abord, au brillant édat du métal succède une nuance de jaune clair ou jaune poitiet à une température on peu plus haute ceUe nuance tourne à Voremgé, puis à Varmmgé ftmcé, ensuite au n>a^ rtoM , puis au Mets a<r, pais à une couleur verdâtre, très-édataale , que l'oa appelle couleur d'eau. Ces nuances, parftiitomeat distinctes , correspondent ft des températares qui ne sont pas évaluées en degrés centigrades, mais qui soBlteOct qu'il existe plus de deux cents degrés de différeaee en* tre le Jaune paille et la couleur d'eau. La preaUère de ces nuances parait répondre à ft peu près SOT, et la seconde à environ 450*. Ensuite on peut pousser le recuit jusqu'au rouge sombre, ea rouge , sm romge cerise , au rouge cerise clair, qui IMt disparaître toute espèce de trempe , quand , au sortir de cette température, Ve^ cier se refroldK librement dans l'air.
Pour déterminer maintenant rinfluence de la trempe, on prend une lame d'acier, on la trempe au cerise clab, on Taimante à saturation, et Ton observe ensutfele temps qoreUe met à lidre 100 oacMuUoBa; pals on la
SECTION L-^HAGMÉngliE. — CBAP. TV.