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CHAP. I. — FLUIDES ÉLECTRIQUES

font prendre la résineuse. Pour définir rigoureusement chacun des fluides , il convient donc d'ajouter que le fluide i^îtré est . produit par le vprre frotté avec la laine , et le résineux produit par la résine frottée ai»ec la peau de chat^ la laine ou la soie.

Concevons que Ton dresse une liste de tous les corps, en les rangeant par ordre de tendance électrique ^ de telle sorte que chacun soit vitré avec les suivants , et résineux avec les précédents ; alors on pourra reconnaître que des circonstances presque imperceptibles feront changer la place d'un corps dans cette liste : par exemple , une élévation de température le prédisposera à prendre Félectricité résineuse et le fera redescendre de plusieurs rangs , tandis que le refroidissement le fera remonter , en le rendant plus vitré ; une surface plus polie le fera pareillement remonter, tandis cju'une surface plus rugueuse le fera redescendre. C'est ce qu'il est facile de vérifier sur un tube de verre dépoli. La couleur , la disposition des molécules ou des fibres , le sens de la fi iction , et même la pression plus ou moins forte du corps frottant , pourront produire des résultats analogues : par exemple , un ruban de soie noire prend toujours Télectricité résineuse quand on le frotte avec un ruban blanc, et des rubans de la même pièce , étant frottés en croix , celui qui est immobile prend Félectricité vitrée, et l'autre, la résineuse. 11 y a même des substances , comme le disthène , qui , sur certaines parties de leur surface , prennent l'électricité vitrée, et la résineuse sur d'autres , sans qu'on puisse y reconnattre la moindre difféi'ence de température ou d'aspect. On peut varier indéfiniment ces expériences , avec des rubans de laine ou de soie , des bandes de papier, des pièces de fouiTure et des corps conducteurs que l'on isole très-bien en les supportant par des tuyaux de plume.

210. De la communleation de réieetrieité. — L'électricité se communique au contact et à distance , mais toujours son mode de communication dépend de la conductibilité des corps et de l'étendue de leur surface.

Au contact^ les corps très-mauvais conducteurs ne prennent ou ne perdent de l'électricité que dans l'étendue des surfaces touchées ; les très-bons conducteurs la prennent ou la perdent dans toute l'étendue de leur surface; et les corps intermédiaire^-, pour leur conductibilité , présentent des résultats intermédiaires,

et prennent ou perdent T électricité autour des points de contact, dans une étendue d'autant plus grande qu'ils sont meilleurs conducteurs.

L'électricité qui se communique à cl Ls tance ^ se répand aussi sur les corps à raison de leur conductibilité, mais à son passage elle présente le phénomène curieux de ï étincelle électrique. Il n'est pas nécessaire qu'un tube soit très-fortement électrisé pour qu'on Toie, à la distance de plus d*un centimètre, briller une vive étincelle, quand on en approche une tige de métal ou même la jointure du doigt; en même temps on entend un bruit sec , qui semble jaillir avec T étincelle : nous verrons plus tard la cause du bruit et celle de la lumière. Quand le corps électrisé est métallique, et qu'il offre une grande surface, comme les conducteui^s de la machine , Tétincelle part à 20, 30, 40, ou même 50 centimètres de distance ; sa lumière prend un édat éblouissant , et le bruit qui l'accompagne frappe l'air comme un coup de fouet.

C'est Otto de Guericke , T inventeur de la machine pneumatique , qui vit le premier l'étincelle électrique ; et plus tard , Du- £iy, dont nous venons de parler, excita une grande admiration en démontrant que du corps d'un homme on peut faire jaillir des étincelles et des lames de feu , comme des conducteurs de la macliine.

Pour eu faire l'expérience , il faut monter sur un gâteau de résine bien sec , ou sur un isoloir ayant des pieds de verre , et communiquer avec la machine , soit en la touchant avec la main, soit en la touchant avec une tige ou une chaîne de métal : la personne qui se trouve dans cette position ne reçoit aucun choc lorsqu'on tourne la machine pour développer de l'électricité ; seulement, elle éprouve sur la peau, et surtout à la figure, l'impression d'un soufQe léger; ses cheveux se hérissent et laissent échapper des aigrettes de lumière. Alors , si on approche d'elle la jointure du doigt , ou quelque corps conducteur, on en tire de longues étincelles , et l'on éprouve soi-même une com' motion électrique qui n'a rien de dangereux. Si l'étincelle ne part qu'à la distance de quelques centimètres, on ne sent qu'une légère piqûre ; si elle part à 10 ou 15 centimètres , la sensation se fait sentir jusqu'au coude , et tout l'avant-bras se fléchit d'un mouvement involontaire et irrésistible ; l'étincelle qui part à une

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