CHAPITRE II
De rÉIectricilé par influence.
211. L'n corps éleclrisé décompose A dlslance les ëleelrlcités nalarelles de loas les corps condacleurs. ^ Nous venons de voir que chacun des fluides électriques attire le fluide de nom contraire, et repousse celui de même nom; ces attractions et répulsions n'ont pas lieu seulement sur les fluides libres et déjà décomposés, mais elles s'exercent aussi sur les fluides combinés ; et il résulte de là qu'un corps conducteur peut, sans rien perdre et sans rien recevoir^ être constitué dans un état électrique pai'ticulier qui naît de la cause agissante à laquelle il est soumis, et qui cesse avec elle. C'est cette électricité produite à distance que Ton appelle électricité par influence,
Vvit exemple, un anneau de cuivre nn' (Pl. 16, Fig. 9), portant deux ûls de métal très-fins et deux balles de sureau, est soutenu sur un tube ou sur un crochet de verre ; on le présente à un corps r, électrisé résineusement, et, à la distance de 20 ou 30 centimètres, on voit les deux balles qui s'écartent l'une de l'autre pom* prendre la position bU ; à une distance plus petite, la divergence est plus grande, sans que l'étincelle jaillisse entre Tanneau et le corps électrisé. Les balles i, b' sont donc chargées d'une même électricité, et même il est facile de reconnaître que cette électricité est résineuse, comme celle du corps r qui agit siu* l'anneau et sur elles. Cependant, il n'en faudrait pas conclure qu'il y a une communication électrique au travers de l'air : car, en éloignant l'anneau, soit lentement, soit rapidement, la divergence diminue à mesiu*e que la distance augmente, et elle devient tout à fait nulle quand la distance est assez grande ; ce qui n'arriverait pas si les balles ou l'anneau avaient reçu du corps r une électricité quelconque. Tout le phénomène se passe donc dans les balles et l'anneau, et dans les fils de métal qui les joignent. Ce système de corps conducteurs a ses fluides naturels décomposés par l'influence du corps électrisé ; tout le fluide vi-
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tré qui résulte de cette décomposition se rassemble dansVannean où il est appelé par T attraction der, et tout le fluide résineux est refoulé dans les balles par la répulsion. Ainsi ces deux fluides sont simplement déplacés^ dans le système conducteur; ils se rejoignent par leur attraction mutuelle, et se recomposent dès que la distance du corps électrique est trop grande pour les maintenir séparés.
Pour ne laisser aucun doute sur cette Térité fondamentale, il suffit de venir toucher Tanneau arec un petit plan d'épreuve. (On appelle ainsi un petit disque de clinquant, coUé à une longue aiguille de verre ou de gomme laque.) Le plan d'épreuve prend l'électricité du point qu'il touche, et si, après le contact, on le présente à un électroscope, ëlectrisé d'avance , il est facile de reconnaître la nature de l'électricité dont il s*est chargé. On dit quelquefois qu'un corps est dans la sphère d'activité ou hors de la sphère d activité d'un corps électrisé , suivant qu'il en ressent ou n'en ressent pas l'influence : mais il faut remarquer que ces expressions, dont on peut se servir sans inconvénient, sont bien moins relatives au corps électrisé lui-même qu'au corps que l'on soumet à son influence : rigoureusement, la sphère d*activité d'un corps électrisé s'étend à Finfini, et la distance à laquelle nous pouvons rendre ses effets sensibles dépend de la mobilité des appareik que nous employons.
On peut encore disposer F expérience de la manière suivante : ce' (FiG. 10) est un excitateur (on nomme ainsi une tige de cuivre terminée comme le représente la figure^; on suspend à chacune de ses extrémités un double pendule à fil de lin ou de métal, et on le place sur un isoloir s\ alors on approche un corps électrisé r, et l'on observe une divergence dans les balles. Si le corps est électrisé résineusemcnt, comme le représente la figure, l'électricité vitrée se porte et s'accumule dans la partie de l'excitateur qui en est la plus voisine, et la résineuse est refoulée à l'extrémité opposée; c'est ce qu'on peut vérifier en approchant un tube de verre électrisé ou un bâton de résine, ou en prenant de l'électricité avec le plan d'épreuve poin* en reconnaître la nature. Le contraire arriverait si le corps r était électrisé vitreusement.
Un corps électrisé par influence agit , à son tour, pour électriser les corps voisins qui se trouvent dans sa sphère d'activité, et ces actions successives peuvent se propager jusqu'à de grandes