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CHAP. IV. — DISSIMULATION DE L'ÉLECTRICITÉ

supprimant la communication des th fet f sans les laisser tonrfier an sol, il arrive toujours que la dissimulation est incomplète j c'eSt-à-dire tju'il n'existe aucun point sur les disques ni sur les fils où la tension électrique soit tout à fait nulle. G^te tension est très-grande sur les faces intérieures £ et z' ; et là, fjuand les surfaces ont assez d'étendue, les fluides peuvent presser la lame n avec tant de force qu'ils s'ouvrent un passage au travers de sa substance et la percent pour se rejoindre : si cette lame est de résine tm de soufre, il se fait alors une multitude de petites fissures imperceptibles ; mais si elle est de verre mince, les fluides ne font qu'un seul trou, par lequel ils se précipitent avec édat pour se recomposer. Sur les laces extérieures c, e, et sur les fils f'ift la tension électrique qui s'exerce contre l'air est trèsfaible en comparaison de la tension intérieure; mais elle existe, comme on peut s'en assurer avec le plan d'épreuve, ou même en présentant la jointure du doigt succes^vement à chaque dîsq«e ou à chaque fil, car on en tire de petites étincelles. La dissimulation ne peut pas être complète, parce que les fluides aoramulés pour la plus grande partie sur les faces intérieures / et i' restent encore séparés par l'épaisseur de la lame non conductrice n, et que c'est au contact seulement fju'ils peuvent être neutralisés en totalité Tun par l'autre. Ainsi, la dissimulation est d'autant plus parfaite que la lame non conductrice est plus mince ; en même temps, plus la lame est mince, et moins elle offre de résistance à la pression électricjue. Cest là, comme nous le verrons tout à rhéure, ce qui limite l'accumulation que nous pouvons donner à l'électricité.

L'appareil étant chargé comme nous venons de le dire, les électricités dissimulées peuvent se recomposer subitement ou lentement.

La recomposition subite se détermine de la manière suivante : on prend par ses manches isolants m^m\ V excitateur bcV (Fie. 2), dont les deux arcs en cuivre &r, cb* sont mobiles autour de la charnière c ; on toudie l'un des disques avec la boule é, et on approche de l'autre disque la boule 6' à 4 ou 5 centimètres de distance ; l'étincelle jaillit avec beaucoup d'éclat et de bruit, et Tappareil est déchargé. Par la tension électrique qui est au point de contact è, une partie du fluide vitré se répand sur tout l'cxiâtateur; alors, le fluide résineux est moins attiré qu'il n'était, son

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épaisseur diminue sur la face /' et augmente sur la ùlcb extérieure ^, d'où il attire le fluide vitré qui est en & : cette attraction fait affluer le fluide vitré vers b'y il s'accumule en cet endroit ^ il diminue sur le disque a^ et en même temps le fluide résinefix, devenu plus libre, se porte et s'accumule vers la face extérieure de a' où il est maintenant attiré; eniin, la tension est assez forte pour s'ouvrir un passage dans l'air, et tout le fluide se précité et se recompose à l'instant.

La recomposition lente offre des phénomènes curieux; et montre mieux encore le jeu des électricités dissimulées. Les disques étant électrisés et isolés (Fig. 3), deux petits pendules^, p' communiquant avec leurs faces extérieures éprouvent une répulsion produite par l'électricité qui est libre sur ces faces; en touchant le disque a, par exemple, on en tire une petite étincelle, le pendule p retombe, et le pendule/;' se relève à l'instant conmie si le disque ri' eût pris ime charge nouvelle ; mais cet accnroissement de répulsion résulte seulement du fluide résineux qui est devenu libre par la perte de vitré qu'a éprouvée le disque a, on touche ensuite le disque a', son pendule retombe, et celui de a se relève ; on retourne au disque a y le même phénomène se reproduit; et ainsi de suite, jusquà ce que l'appareil soit complètement déchargé.

Nous avons supposé que les disques recevaient de Vélectricité, l'im d'une source résineuse, et l'autre d'une source vitrée, et que chacun d'eux en recevait des quantités égales, mais le plus souvent on n'emploie qu'une seule machine : le disque a, par exemple, est mis en communication avec elle, et le disque a' en communication avec le sol ; alors celui-ci se charge /?«r influence ^ et la charge qu'il prend est toujours moindre que la charge de a. Quand les communications sont rompues , le pendule p' est au repos, et le pendule/; diverge; mais la perte de F air se trouvant proportionnellement plus grande sur le disque a, on voit son pendule s'abaisser peu à peu, tandis que le pendule/?' se relève, et, l'égalité de divergence une fois établie, la perte par l'air devient égale; les deux pendules retombent ensemble, d'autant plus lentement que l'air est plus sec. Au lieu de deux disques séparés par une lame de verre, on peut employer, pour les expériences précédentes, un simple carreau de verre sur les faces duquel on colle des feuilles d'étain, en laissant à découvert sur les

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