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CHAP. IV. — DISSIMULATION DE L'ÉLECTRICITÉ

bords un espace que l'on vernit pour augmenter son inconduotibilité (FiG. 4).

283. Des condensateurs. — Tous les appareils dans lesquels on accumule de T électricité dissimulée se composent essentiellement de deux lames conductrices, séparées par une lame non conductrice, et on les nomme en général des condensateurs y parce qu'en effet le fluide électrique paraît se condenser en se dissimulant. Ces appareils changent de forme et de nom suivant les usages auxquels on les destine.

Ceux qui nous ont servi aux expériences précédentes (FiG. 1, 2, 3, 4) sont des condensateurs à lames de verre; ils sont capables d'accumuler de grandes quantités d'électricité, mais, à cause de l'épaisseur du verre, ils ne peuvent être chargés que par des machines, par des électrophores, ou en général par des sources électriques d'une grande tension.

Le condensateur à taffetas (Fie. 6) est composé d'un disque de bois bb' revêtu d'un taffetas vernissé «', et d'un plateau conducteur ce' à manche isolant m. Le plateau étant mis en communication avec une source électrique, soit directement, soit au moyen de la tige à boule gb , le fluide se répand sur toute sa surface, agit par influence, au travers du taffetas, sur les électricités naturelles du disque de bois qui doit conmiuniquer au sol, et l'appareil se charge en raison de la tension de la source qui lui fournit du fluide. Ensuite, on soulève le plateau perpendiculairement pour le séparer du taffetas , et pour reconnaître , par Félectroscope ou par la balance, l'espèce et la quantité de l'électricité qui le charge. Le taffetas est moins épais que le verre , mais aussi il est moins solide ; d'où il résulte que ce condensateur prend toujours plus d'électricité que le précédent, et qu'il ne peut jamais résister à des charges aussi fortes : il est bon pour essayer le fluide des sources qui n'ont pas une grande tension.

Le condensateur à lames d'or (Fig. 6) n'est autre chose qu'un électroscope à lames d'or sur lequel on adapte deux plateaux métalliques, minces et bien dressés : le supérieur ce* est mobile et s'enlève par un manche isolant, l'inférieur ff est fixé à la garniture gg' de la cloche hh\ et la lame non conductrice qui les sépare est disposée avec beaucoup d'art et de soin. Après avoir séparé les plateaux, on les enduit successivement, avec un pinceau, de plusieurs couches d'un vernis très-liquide formé par la

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diffolndoii de ia gooime laque dans Fakool : œ iremîs aèciie, et la pellicule qu'il forme est suffisante pour arrêter rélectridlé ; ton épaisseur n'est pas d*un dixième de nnllimècre. Ainsi, les plateaux sont presque en contact, et la dissimulation de Télectridlé est aussi complète qu'il soit possible : à cet égard , le oondeasateoT à lames d'or est le plus parfait que 1 on connaisse; mais, les eouches minces de vemis n'offrant que très-peu de résistance, il ne peut supporter que les plus faibles diai^ges. Pour les expériences délicates , il est bon de tenir la cloche du condensatev enveloppée d'une cage de Terre dans laqudle on dessèche l'air a^ec quelque corps absorbant.

Le condensateur de Peltier (Fie. 7), a ausâ une grande sensibilité , et peut dans quelques circonstances remplacer avantageusement le précédent; il n'en diffère point par les plateaux, mais par Tappareil mobile qui accuse la présence de Télectricité. Ici cet appareil est renferme sous une cage cylindrique de verre a ; il se compose de la tige courbe bcdy isolée dans le support de bois qui porte la cage, et qui, prenant l'électricité du plateau inférieur, la conduit en &; là se trouve une aiguille de cuivre, mobile et très-légère, qui repose, par un pivot d'acier, sur une plaque, pareillement d'acier et un peu concave, fixée sur l'extrémité b de la tige bctl. Pour que cette aiguille ne soit pas folle, mais pour qu'elle posst^de une faible force directrice, on y adapte près du pivot un bout de fil d'acier très-fin et un peu aimanté. L'appareil doit être orienté, pour que la force directrice amène le disque de clinquant qui termine F aiguille de cuivre, légèrement en contact avec la tige bcd. Alors on comprend que le disque et la tige , chargés de la même électricité , se repoussent et déterminent un ik^rtement dépendant de l'intensité de la charge. Un cercle divisé indique Tangle parcouru par Taiguille, et un cercle pareil, portant des divisions correspcmdantes, tracé sur la partie supérieure et plane de la cage de verre, permet de faire la lecture sans cireur de parallaxe.

Pehier avait essayé de donner encore plus de sensibiUté à son appareil au moyen d'un second disque de clinquant , maintenu i l'état naturel, et suivant à volonté les mouvements du premier. Ce but est atteint au moyen de la tige extérieure /, qui se meut à la main et qtii fait corps avcH; une tige verticale passant par l'axe du socle, portant elle-même un bras de levier hori-

CIA?, nr. — COHMINSATEURS. 491

sontal , à l'extrémité duquel se troure le second disque de clinquant.

Enfin , l'on peut aisément tnmsfonner cet appareil en balance lAe torsion.

WmwMttnr de Beniiec. — C'est à Bennet que Ton doit les premiers éiectroscopes à feuilles d'or. Cet observateur habile et ingénieux essaya de les rendre fhis sensibles encore , par un artifice au moyen duquel il espérait doubler indéfiniment les plus faibles diarges électriques ; xnais Cavallo s'aperçut bientôt que des causes accidentelles concouraient infailliblement à produire les effets observés , et que le doubleur ne pouvait inspirer aucune confiance. L'opinion de Cavallo a été pleinement justifiée ; et si je donne ici le doubleur de Bennet, c'est pour montrer combien il faut étre'^circonspect dans l'usage des condensateurs. Cet aj^reil (Pl. 17, Fie. 8, 9, 10, 11) est un condensateur à trois plateaux : le plateau inférieur /*qui leiste inmobile et toujours en c(»nmunication avec les lames d'or, puis un plateau moyen m i roandie isolant horizontal, enfin le plateau supérieur p il mandie isolant vertical. On s'en sert d'abord (Fig. 9), avec les plateaux m et /*, nt communiquant avec le sol, et /*avec la source électrique; puis l'on enlevé m avec l'électricité dissimulée qu'il possède, et on le met en contact avec/? (Fig. 10), que l'on fait communiquer au sol; /? se charge ainsi de la même électricité que f; alors , rapportant m sur /*, on fait communiquer p avec f dont la charge est par là augmentée et comme doublée ; par conséfjiient /w se charge davantage , et on peut répéter ainsi l'opération jusqu'à ce que la charge soit suffisante.

S84. me la b««ienie de I^yde, et des batteries éleetrl- %«es« — Un vase de verre, revêtu à l'extérieur d'une feuille d'or ou d'étain montant justju'à quelques centimètres des bords , et pareillement revêtu à riniérieur, ou seulement rempli de quelques substances conductrices, d'eau, de grenailles de plomb, de feuilles d'or ou de clinquant, forme ce qu'on appelle une bouteille fie Leyde (FiG. 12), ou wne Jarre électrique (Fig. 13); la tige tb s'appelle le bouton^ le crochet ou Vintérieur de la bouteille , parce qu'elle sert en eflfet à mettre la lace intérieure en communication avec le sol on avec les sources électriques; tout l'espace compris entre le goulot g' g et \ armature extérieure aa est verni avec beaucoup de soin.

492 LIVRE III. — KAGNÉTISME ET ËLEGTRICITË.

Pour charger la bouteille , on la tient à la main par la nu ou par r armature extérieure, et l'on met le bouton en comiimnication avec les conducteurs de la machine, soit au contact, soit plutôt à une petite distance , afin de voir jaillir une foule d'étincelles qui se succèdent rapidement d'abord, pui5 qui se ralentissent de plus en plus , et qui indiquent ainsi le degré de la charge. L'électrité vitrée des conducteurs passe dans la bouteille , se répand sur toute la surface intérieure , et de là , agissant par influence à travers l'épaisseur du verre, elle décompose les électricités naturelles de l'armature extérieure , attire la résineuse, qui s'accumule et se condense sur la paroi du verre, et repousse la vitrée , qui s'écoule dans le sol par la main et par le corps qui lui offrent un passage. On pourrait charger la hoor teille en sens inverse , en tenant le crochet à la main et en présentant la panse aux conducteurs; mais, dans tous les cas, k communication de l'une des faces avec le sol n'est pas moins essentielle que la communication de l'autre avec la madiine. Quelquefois la bouteille se décharge spontanément oivec beaucoup d'éclat : tantôt T étincelle part entre le bouton ^et raimature extérieure, alors on peut reconunencer la charge; tantôt elle part à travers l'épaisseur du verre, alors la bouteille est percée et hors service.

Quand la bouteille est chargée , on la pose avec précaution sur un isoloir, et on peut la décharger subitement avec l'excitateur, ou lentement, eu tirant alternativement de la panse et du bouton une foule de petites étincelles.

L'électricité dissimulée ne reste pas sur les armatures intérieure et extérieure ; elle les quitte pour s'attacher au verre et se presser sur sa surface. C'est ce que l'on démontre au moyen de la bouteille à armatures mobiles (Fig. 14). Après l'avoir chargée et posée sur un isoloir, on enlève l'intérieur, qui n'emporte avec lui que très-peu d'élecuicité ; on enlève ensuite le verre , en laissant sur l'isoloir l'enveloppe extérieure , qui ne donne pareillement que de faibles signes électriques. Mais les deux armatures ayant, été touchées et remises à l'état naturel, si l'on rapporte le verre dans l'armature extérieure, et l'armature intérieure dans le verre, la bouteille ainsi recomposée a presque la même charge qu'elle avait primitivement; ce qui prouve d'une manière frappante que , dans la séparation des pièces, ces deux

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