CHAP. IV. — BOUTEILLE DE LEYDE
électricités étaient restées attachées à la surface du yerre : ou pourrait encore s'en assurer en étendant une main dans Tintérieur du verre, et l'autre à l'extérieur, lorsqu'on vient de le iépouilier de ses armatures, car on ne manquerait pas de recevoir une forte commotion.
Lorsqu'on présente à la bouteille plusieurs conducteurs pour la décharger , l'électricité choisit toujours le meilleur. Ainsi, en pressant avec une main une chaîne ou fil de métal sur la panse, on peut impunément, avec l'autre main, apporter au bouton l'autre extrémité de la chaîne ou du fil, la décharge passe par le métal et jamais par le corps ; cependant il est toujours bon de s'assurer d'avance qu'il n'y a pas de solution de continuité dans le métal , ou qu'il n'est pas trop mince pour laisser passer tout le fluide , car un fil excessivement fin ne suffirait pas pour détourner le coup.
On mesure la charge d'une bouteille par la distance à laquelle jaillit l'étincelle entre le bouton intérieur et un autre bouton communiquant avec l'extérieur (Fie. 18). La tige tq est divisée : DU l'avance doucement au moyen de la vis p, et l'on observe la distance à laquelle l'étincelle est partie. Pour que les expériences dissent comparatives, il faudrait que, la boule b restant la même, tous les boutons des diverses bouteilles eussent les mêmes dimensions.
Nous rapporterons maintenant diverses expériences dont on pourra facilement se rendre compte au moyen de ce qui précède.
Dans le carillon de la figure 19, l'un des timbres communi- !jue à l'extérieur de la bouteille, et l'autre à l'intérieur. La petite balle de métal est suspendue par un fil isolant. Les oscillations M>nt d'autant plus rapides, que la distance des timbres est plus petite ; par un temps sec , et pour de médiocres charges , on en peut toujours compter plusieurs centaines.
"L'araignée de Franklin , dont nous avons déjà parlé , peut remplacer la petite balle de métal de l'expérience précédente.
Les figures de Leichtemberg semblent indiquer une différence essentielle entre les deux électricités résineuse et vitrée : on peut les obtenir avec un conducteur ordinaire communiquant à la machine , mais on les obtient plus belles et plus régulières au moyen de la bouteille de Leyde. Pour cela, on prend une bou-
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teille chargée, et Fan trace des figures sur «n gâteau de très-sec : d* abord ayec le bouton y qui contient , par eseiii|ilK, Félectricîté vitrée; et ensuite avec la panse, qui contient Téle^ tricilé résineuse. Après cela , avec un soufilei qui contMl un mélange de soufre et de minium très-bien pnWérisét on sonflk sur le gâteau de résine, et Von distingue alcM» ks traces âeciriques que la bouteiQe a laissées sur la résine. Les traces vkrées deviennent jaunes et les résineuses deviennent rouges, que, dans la poudre mélangée , le soufine est électrîsé ment, et le minium vitreusement. Ces traces sont très^-diffiérenlts; les jaunes sont comme hérissées en filets divergents, tandis que les ronges ofirent des contours arrondis.
he perce^carte (Fig. 27) oflre un phénomène curieux : chaque pointe étant mise en communication avec Tune des iàces ée k bouteille , T étincelle part , et la carte est percée d'un trou jdas grand qu'un trou d'épingle ; des deux cotés, on observe antow rin trou im petit bourrelet et des filaments tirés en deliois, comme si le fluide était parti du milieu de la carte pour softir par ses deux faces. M. CKrsted explique ce fait et beaucoup d'autres analogues, en supposant que Télectncîté n'éprouve pas un mouvement de translation dans les corps, mais seulement vi nrauvement de vibration par lequel s'opèrent, autour de chaque molécule, des décompositions et recompositions successives. Ainsi le fluide vitré qui se présente au point a décompose ks fluides naturels des molécules qu'il rencontre , attire le résineux avec letjuel il se recombine par une étincelle , repousse le vitré, (]ui va à son tour décomposer les fluides naturels des molécuks siiivantt.*s , attirer le résineux pour se recombiner avec lui par une nouvelle étincelle, et repousser le vitré, et ainsi de suite; (le sorte qu'il y a autant d'étincelles que de molécules de ma» tien» pondénible. (^ peut rendre cette supposition sensibk en faisant passer la dtnliarge éU»ctrique par des grains de métal «Mifilés dans lu soie, et st'parés Tun de l'autre.
Nous revi<Midr«>ns plus tard sur ct»tte importante théorie, qui semble n>nrirmtH» par tous U*s faits de rélectricité diimique.
Le trou de la carte ne se fait pas à égale distance des deux pointes; mais, dans Tuir ordinaire, il se èéiit toujours près de la pointe résineusts et, dans l'air raréfié schis la doi^he de la madiine pneumatiqui', il s'en éloigne pour se rappnM*lier de plus
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eu plus de la poiiite vitrée. Ce fait, constaié par M. Trànerj, resie sans ex^^cation.
Pour percer le verre par la décharge électrique, on dbange un peu la dispo&itioa de l'appareil précédent, parce quil est alors nécessaire de mettre à Textrémité de TiiMe des pointes une goutte d'un liquide conducteur^ une goutte d'huile, par exemple, qui touche immédiatement le verre dans une étendue un peu considérable.
Idd perce'^erre est représenté dans la figure 26.
On enflamme les liqueurs spiritueuses avec la bouteille de Leyde plus si^uremeut qu'avec Tétiiicelle directe du conducteur de ia machine. Ou peut même enflammer du coton roulé dans le I jcopode et dans la résiuc pulvérisée»
C'est au moyen de la bouteille de Leyde que l'on a essayé d'apprécier la vitesse avec laquelle le fluide électrique se transmet dans les corps. Des iils de métal isolés, dont l'ensaxible forohe une lieue , transmettent instantanément la décharge électrique. Ces expériences furent faites en Fiance et en Angleterre, de 1745 à 1750. A cette époque, on essaya pareillement la transmissioa de l'électricité par l'eau et par le sol sec ou humide. £a partant d'un point donné , un (il de métal de plusieurs centaines de toisc& de longueur, isolé sur des morceaux de bois très-sec, s'en allait s'enfoncer dans le sol par sou autre extrémké, après avoir trai* versé des rivières et des terrains de différentes natures; au pcânt de départ, il était mis eu communication avec l'une des faoes de la bouteille , tandis que le sol était mis en communicatioB avec l'autre face ; les fluides ne pouvaient se joindre qu'après avoir traversé toute la longueur du fil métallique et toute l'éte^rdue du sol et de l'eau , depuis la seconde extrémité du fil jesqu'au heu de l'observalion ; et, malgré tant d^espaee et tant fl'obstades, la décharge de la bouteille était instantanée, comne si elle eAt été faite par l'excitateur ordinaire. Dans un poiiit cpielconque de cette longue chaîne , on pouvait enflammer des liqueurs spiritueuses, et c'était akurs un spectacle fort étonnant de voir Talcool s'enflanmoer par du feu qui venait de traverser
une rivière.
La commotion de la bouteille de Leyde est asses £cNrle pour être dangereuse ; elle passe par les bras et la poitrine, lorsqu'une nudn tenant la panse de la bouteille, Vautre en vient toudier le
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bouton. Alors les faibles châî*ges se font sentir dans Fayant-bras seulement, les charges un peu plus fortes se font sentir au ooudei et les charges plus fortes encore donnent une vive douleur k la poitrine. Pour faire passer la conunotion entre deux points donnés du corps, il suffit d* établir des armatures sur ces deux, points, c'est-à-dire, des plaques de métal que Ton fait coauuuniquer aux deux faces de la bouteille.
Lorsque plusieurs personnes forment la chaîne en se tenant par la main, si la première touche la panse de la bouteille et li dernière le bouton, tout le cercle reçoit instantanément la commotion. Les personnes qui sont au milieu éprouvent un choc un peu moins vif que celles qui touchent la bouteille. Ou était autrefois fort curieux de savoir jusqu'où pouvait s'étendre cette puissance du choc électrique, et, après l'avoir tenté sur des cercles nombreux, on l'essaya sur un régiment rangé en bataille, qui fut, dit-on, renversé d'un seul coup.
Les batteries électriques (Pl. 17, Fig. 20) sont des réunions de plusieurs bouteilles de Leyde, ou de plusieurs jarres, dont tous les intérieurs communiquent au moyen des tiges de métal /, l^, fj et dont les extérieurs conununiquent pareillement, parce que le fond de la caisse de bois i, b\ sur lequel ils reposent, est une lame de plomb. Lorsqu'on veut charger ensemble plusieurs batteries, on fait communiquer tous les intérieurs entre eux et tous les extérieurs au sol ; et, pour juger le degré de charge, on emploie le petit électromètre à pendule (Fig. 15), qui s'ajuste sur les conducteurs de la macliine. Au commencement, et pendant les premiers tours du plateau, le pendule est presque au repos, parce que les batteries condensent tout le fluide qui se développe ; mais peu à peu le pendule s'élève, et, par les divers angles d'écart qu'il prend, on juge des divers degrés de sa tension électrique, et par conséquent des divers degrés de tension de l'intérieur des batteries, car celles-ci sont toujours dans le même rapport que les premières. Lélectromètre à engienage (Pl. 17, Fig. 16, 17), donne des indications plus précises. La branche mobile a est un tube très-mince de métal terminé en bas par une boule creuse, et en haut par un contre-poids, en sorte qu'elle est très-mobile et offre toujours la même résistance ; elle porte une roue dentée qui engrène avec la roue, quatre fois plus petite, dont est muni Taxe central sur lequel est aussi montée l'aiguille ;