CHAPITRE PREMIER
GahttDÎsme et Pile de Yolta.
237. Bémwrerte do «rnlvoduM. — En 1789, Gahrani, më*' decin et professeur à Bologne , cdiserva un phàiomène singu» lier : ajant eu Toccasion de préparer des grenouilles pour dif^ Ters sujets de recherches, il les suspendit par hasard à un balcon de fer par de petits crodiets de cuivre qui passaient entre Id^ nerfe lombaires et la colonne dorsale; disposées ainsi, ces gre* nouilles, mortes et mutilées , éprouvaient de vives convulsiona. Un observateur vulgaire aurait pu remarquer le £edt, mais il ^i aurait facilement imaginé quelque explication spédeuse, et son esprit satinait se serait occupé d'autre chose. Galvani fîit nunns prompt dans ses jugements : doué d'une attention pénétrante et d'une rare sagacité, il saisit dans ce j^énomène un principe nouveau , et en fit sortir cette branche féconde de la physique qui est maintenant connue sous le nom de Gahanisme. U recon* nut d'abord que les grenouilles, ck>upées, dépouillées et su^ndues, comme nous l'avons dit, n'éprouvent pas de convulsions permanentes : pour que leurs membres s'agitent, il faut que le vent , ou quelque autre cause accidentelle , vienne mettre leurs musdes en contact avec là tige de fier qui porte le crochet de cuivre. Cette condition est indispensable, et l'on peut s'en assurer par Texpérience : pour cela, on coupe une grenouille vivante, on la dépouille rapidement, et, passant la pointe des ciseaux sous les deux nerft lombaires qui paraissent comme des fils blancs de diaque coté de la colonne vertébrale, on enlève, ta deux coups, les deux ou> trois vertèfarea-inférieures; ainsi, lea
5i6 UVBE m. — HAGNËTISHE ET ËLECTRIdTt.
nerfs lombaires sont mis à nu, et forment h seule attadie qm lie encore les membres inférieurs aux vertèbres supérieures; un fil de cuivre, qui passe entre les deux nerfs et qui les touche, vi s^accrocher à un fil de fer recourbé et assez long pour venir lo«-> cher les jointures ou les muscles. A chaque contact, les jambes se replient et s'agitent , et cette moitié de grenouille morte semble reprendre vie pour sauter. Ces effets peuvent se reproduire encore au bout de quelques heures ; mais le plus souvent les convulsions s'affaiblissent assez proinptement , et , après 20 ou 30 mi* nutes , on n'observe plus que de légères palpitations dans h fibre des muscles.
Voilà donc un fait régulier, constant et bien caractérisé, dcmt on connaît les conditions, et qui peut se reproduire à volonté. C'est en établissant ce point fondamental que Galvani a ourfiit une nouvelle carrière , et distingué les commotions dont il s^agit de ces mouvements vagues et convulsifs que l'on observe sou* vent dans les insectes , les reptiles et les poissons , longtemps après les diverses mutilations qu'on leur a fait subir. Préoooimé de quelque système sur un fluide nerveux ou sur un fluide vital, Galvani ne tarda pas à imaginer une explication du phmo* mène, qui fut en rapport avec ses idées du moment. Les ccmuno* tions de la grenouille, dit-il, sont excitées par un fluide qui passe des nerfs aux muscles , au moyen de la communication exté* rieure que l'on établit entre eux ; ce fluide existe dans les nerfi, il traverse l'arc conducteur, c'est-à-dire le crochet de cuivre et la tige de fer, et vient à Tinstant du contact se précipiter sur les muscles, et les contracter à peu près comme ferait une décharge électrique.
Ce fluide nouveau fut appelé fluide galvanique , et les corps organisés furent considérés, par rapport à ce fluide, conune une espèce de bouteille de Leyde dont les muscles et les nei/s étaient les deux armatures.
Le bruit de cette découverte se répandit bientôt en Allemagne, en France et en Angleterre; partout on s'empressait de répéter, de varier les expériences. Le phénomène lui-même excitait une gi*ande admiration ; mais l'espérance de saisir, dans les corps animés, un fluide subtil, un principe de vie, donnait en* core une nouvelle ardeur à l'active curiosité des savants. D'ailleurs, ces idées paraissaient aune é^ojue de grandes découvertes