CHAP. IV. — ACTION DE LA TERRE SUR LES AIMANTS
magnétisme terrestre, et l'on comprend qu'il n'y a pas plus de difficulté d'attribuer ces modifications à un changement dans le courant électrique qu'à un changement dans la distribution magnétique.
Action mutuelle des aimants et des courants.
26t>. Direction des aimants par les eonrants. — Nous avons résumé les divers effets de l'action primitive observée par M. OErsted, en disant que le courant tend à tourner V aiguille en croix atfec lui, le pôle austral à gauche (245). Essayons de voir comment ce fait général peut maintenant s'expliquer, en regardant l'aimant' comme un solénoïde. Or , si nous concevons un courant vertical fixe et ascendant ab (Pl. 19, Fie. 20) et un courant rectangulaire mobile autour de l'axe horizontal cdy il est évident que le plan du rectangle deviendra vertical, le coté ef tendant à monter , et le côté gh à descendre ; car , dans le côté efj le courant s' éloignant du point de croisement par rapport au courant abj il est attiré par la partie supérieure de ce courant et repoussé par la partie inférieure; c'est le contraire pour gh, le plan du rectangle deviendra donc vertical; une fois dans cette position , il tend à se tourner de manière à passer par la direction du courant vertical ab, car le côté vertical le plus voisin est attiré et l'autre repoussé. Ainsi, lorsqu'un courant rectangulaire parfaitement mobile est sollicité par un courant vertical fixe , il tend à se tourner dans un plan vertical passant par la direction du courant fixe, et à s'y arranger de manière que son côté le plus près marche dans le même sens que ce courant.
Si nous considérons maintenant trois courants rectangulaires <'*quidistants (Fig. 21), il est évident que c'est celui du milieu qui sera dans le plan vertical du courant fixe, les deux autres étant appelés par des forces dont la résultante sera dans ce plan. Si , au lieu d'en concevoir seulement trois , nous considérons un solénoïde composé d'une infinité de rectangles , il en résultera , par la même raison , que l'axe du solénoïde sera exactement en croix avec le courant.
Ce résultat s'applique à un cercle aussi bien qu'à un rectangle ; donc un solénoïde quelconque sollicité par un courant se tourne en croix avec lui.
!(70 LIVIE UI. — MAGNÉTISME ET ËLE€TEICIT£.
Nous pouTODft ajouter, de plus, que le pôle auftCral est i gauidie, car la gauche du couraut étaut derrière le plan de h figure 22 , si Ton regarde en face le bout du solésoide ^pii est derrière ce plan, on voit, en eflet, qu*on a le courant ascendant à droite, ce qui est le caractère du pôle austral (264). Ainsi, en dernier résultat, la condition d'équilibre , entre un solénoïde et un courant rectiligne , est que la section moijeiuie du solénoïde et le courant soient dans un même plan , et que k pôle austral du solénoïde soit à gauclie du courant.
Cette direction du solénoïde libre ou de l'aiguille ^îmai^t^ libre étant une fois démontrée , on comprend combien il est £h> die d'expliquer, soit les conditions d*équilibfe des aimants q^ ne peuvent se mouvoir qu*autour d*un axe donné ou sur des plans donnés comme les aimants flottants, soit les conditiott d'équilibre des courants assujettis d'une manière quelconque, et sollicités par des aimants.
BotalioM des mimaats par les eanrants. — Lorsque F aimant tourne sur lui-même comme dans la figure 23, Ampère explique la rotation de la manière suivante : abcd étant la secûon de l'appareil par la surface du mercure , et af étant Tun des courants qui glissent sur la surface du mercure pour gagner Tanneta de cuivre par lequel il doit sortir du vase , la portion a6 est attirée par afy tandis que ad est repoussé ; par conséquent l'aimant doit tourner en sens contraire du courant qui le constitue, j Quand le courant pusse, au contraire, du mercure à l'aimant, celui-ci tourne dans le sens de son courant.
Lorsque l'aimant décrit un cercle autour du conducteur qui plonge dans le mercure (Fig. 24), Texplication est un peu plus | compliquée ; nous la donnerons telle qu'elle se trouve dans l'ouvrage d'Ampère.
« Représentons la section horizontale du solénoïde par le petit cercle etft' (Fig. 24), dont le centre est a, et dont la circonfiérence etfi' est un des courants électiiques dont il est composé. En supposant que ce courant se meuve dans le sens etfifj il sera attiré par les courants du mercure , tels que puz, qui se trouvent, dans la figure, à droite de eff(\ parce que la demi-circonférence etfy où le courant va dans le même sens, en est plus rapp'ocbée que fi'cy où il va en sens contraire. Soit as cette attraction égale à la différence des forces exercées par les courants