CDAP. IV. — ROTATION DES COURANTS PAR LES AIMANTS
2® Si la direction de rélément ab ne passe plus par Textrémité de Taxe du solënoïde, si elle est, par exemple , perpendiculaire à cet axe et à une certaine distance sa (Fig. 28), il y a alors une résultante perpendiculaire au triangle sab : en effet, les élément e et /*, paraUèles au courant ab^ produiront des effets égaux et contraires ; mais les deux éléments symétriques x ei y de la partie supérieure donneront naissance à une résultante verticale mif^ et les deux éléments x' et f pareillement symétriques de la partie inférieure donneront naissance à une résultante verticale dirigée dans le même sens que la première; ainsi, la résultante du cercle entier sera verticale et par conséquent perpendiculaire au triangle sab.
Ces exemples particuliers suffisent pour donner une idée des bases sur lesquelles repose le principe général. Nous allons voir maintenant conunent ce principe explique la rotation des courants verticaux ou horizontaux produits par les aimants.
Covramts verClemnx. — ab (FiG. 29) étant un courant vertical mobile autour de Taxe zx^ et s étant l'extrémité de Taxe s' s d'un solénoïde, la résultante de l'action du solénoïde est perpendiculaire au triangle sab^ dans toutes les positions que le courant peut prendre autour de son axë de rotation ; par conséquent le courant doit tourner d'un mouvement continu. La direction de ce mouvement change avec le sens du courant ab^ et aussi avec le pôle du solénoïde ou de l'aimant, comme nous Tavons observé (2S3).
Courmiits horizontmiix. — Le même raisonnement s'applique au courant horizontal ab (Fig. 30).
Action des aimants les uns sur les autres.
266. ▲ttraeCion et répulsion des aiàtmiils. — Concevons un solénoïde qui s'étende indéfiniment de part et d'autre du point m (FxG. 31), et dont le courant marche dans le sens indiqué par les flèches ; concevons ensuite que ce solénoïde soit coupé en /w, et que les deux parties soient écartées l'une de l'autre comme le représente la figure 32. Il résulte de notre définition (264) : 1° que l'extrémité a est un pôle austral, car, en regardant en face le cercle qui la termine, on voit que le courant ascendant se trouve à droite ; 2® que l'extrémité b est un pôle
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boréal, car, en regardant en f«oe le tserde 4fÊk Im tenniiie, on voit que le courant ascendcait se trouve à gauche; «nBi, eft fxnpant un solénoïde perpendiculairement à 80n axe, les deux pol» qui en résultent sont toujours deux pôles àè lUHn ooMnôres, comme quand on brise un aimànt«
De plus, il est évident que tes pôles contraires a^it b des deox solénoîdes s'attirent Tun l'autre; car, en consîdënuDit seolemesi les cercles qui les terminent, on voit que les courants y sont pa* rallèics et dirigés dans le même sens, et il en est de même de tous les autres. On démontre d'ailleurs par le calcul ^pùie cette attraction est en raison inverse du carré de la distance qui sépare les deux pôles a et 6 ; ce qui est, entre les solénoîdes et les aimants, une nouvelle analogie bien fondamentale.
Comme on démontre d'ailleurs (ce que nous avons déjà in» diqué (265)) que Faction d'un solénoïde indéfini est font à fût indépendante de la position que son axe peut prendre antom* àt son extrémité, il en résulte que les deux solénoîdes de la figure 32 peuvent prendre toutes les positions possibles, Tun autour di point a, et l'autre autour du point &, sans cesser pour cela de s'attirer avec la même intensité.
Ainsi, quand on coupe un solénoïde indéfini, on donne naissance à deux pôles qui sont en tout comparables aux deux poks que Ton obtiendrait en brisant un barreau aimanté d^une trèsgrande longueur.
Lors(ju'un sulénoïde a une longueur déterminée , conune fli (FiG. 33), ses deux pôles « et i sont évidemment. Tua un pôle austral et l'autre uu pôle boréal, puisqu'en regardant le bout a, le courant ascendant est à droite , taudis qu'en regardant le bout b il est à gauche. Or, en brisant le solénoïde défini, on obtiendrait des résultats analogues à ceux que donnent les solénoîdes indéfinis, du moins quant au sens de l'action , mais non pas quant à l'intensité ; car ici , les seconds pôles de chacun des solénoîdes que Ton obtient n'étant plus infiniment éloignés, on doit tenir compte de leur action.
Par conséquent deux solénoîdes définis , tels que ab et alb' (FiG. 34), qui agissent Fun sur l'autre, donnent naissance, connue deux ain^ants, à un système de quatre ft)rces, deux attractives et deux répulsives; les forces attractives s'exercent suivant €tb' et ha\ et les forces répulsives suivant aa' et bb\
CIAP. IV. — AIMANTATION. 675
Aimmiitacioii. — Dans la théorie dont nous nous occupons, les corps magnétiques , connue le fer doux ou V acier non aimanté, sont considérés comme ayant déjà des courants autour des molécules qui les constituent; seulement, on est obligé de faire à leur égard plusieurs hypothèses distinctes :
!*'• Hypothèse, On admet que les courants étant dirigés indistinctement et confusément dans tous les sens possibles, Tensemble des actions qu'ils exercent au dehors est toujours réduit à zéro, parce que ceux qui agissent dans un sens détruisent toujours l'effet de ceux qui agissent en sens contraire.
2* Hypothèse. On admet qu'au moment où une cause extérieure quelconque vient à faire sentir son action sur les courants, ils se rangent en tout ou en partie dans un certain ordre pour obéir à l'action qui les solUcite.
3* Hypothèse, Si le corps est sans force coercitîve , comme le fer doux, l'on admet que la cause extérieure cessant d'agir, les courants, par leur action mutuelle, retombent dans l'état de confusion où ils étaient d'abord : mais si le corps est doué de force coercîtive, comme l'acier, on admet au contraire que les courants, une fois rangés dans l'ordre convenable pour former des solénoïdes , conservent cet ordre malgré les actions intériem^es qui peuvent s'exercer pour le troubler.
On voit, d'après cela, que l'aimantation n'est qu'un arrangement des courants qui préexistent dans les corps magnétiques : si on les tourne dans un sens, les pôles se montrent dans un certain ordre : et, si on les tourne en sens contraire , les pôles se montrent en sens inverse.
n reste assurément de belles recherches à faire sur ces courants moléculaires , soit pour démontrer leur existence d'une manière plus directe , soit poiu* arriver jusqu'à la cause qui les produit, soit eiifiu pour déterminer les principales circonstances des modifications qu ils reçoivent de la part de la chaleur ou des autres agents physiques : mais , en attendant , il nous a semblé nécessah'e d'exposer avec quelques développements une théorie qui étabUt des rapports si remarquables entre les phénomènes du magnétisme et ceux de l'électricité.
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