‹ Éléments de physique expérimentale et de métédrologieChapitre 186 sur 231 · CHAP. VU. — PÔLES MULTIPLES · texte numérisé non relu

CHAP. VU. — PÔLES MULTIPLES

mentionner un fait que j'ai constaté , et qui n^est pas sans importance pour l'explicadon théorique de ces phénomènes compUqués : c'est qu'un liquide devient lui-même un électrode par rapport aux autres liquides avec lesquels il est en contact, ce qui donne naissance à des pôles multiples dans les liquides soumis à l'action du courant. Je n'en citerai qu^un exemple. Supposons que le tube 1 (Fig. 4) ait été, avec des précautions convenables, rempli de deux liquides superposés , dont la couche de séparation soit en a ; au-dessus de a est de l'eau pure , et au-dessous, comme dans toute la branche négative, est un clilorure trèsdense , par exemple , du chlorure de zinc. Aussitôt que l'on fait passer un courant d'une intensité convenable, le zinc se dépose sur le fil négatif; rien ne se dégage sur le fil positif, et, après peii d'instants , l'action devient de plus en plus vive, et Ton constate que l'eau contient une proportion plus ou moins considérable d'acide chlorhydrique. Donc le chlore résultant de la décomposition du chlorure est venu jusqu'à la surface de séparation a, et là il s'est combiné avec l'hydrogène résultant de la décomposition de l'eau , de telle sorte que la colonne d'eau a été pôle positif par rapport au chlorure de la colonne de chlorure , et pôle négatif par rapport à l'eau.

Cette conclusion devient encore plus frappante, lorsque les communications sont établies en sens inverse, comme on le voit dans le tube 2 (Fig. 4) ; car, à la surface de séparation en a , il se forme une couche d'oxyde de zinc très-épaisse; et si, quand elle est formée , on change l'ordre des communications , on la voit disparaître peu à peu ; puis on peut la reproduire et la détruire de nouveau, plusieurs fois de suite.

Le tube 3 de la figure 4 représente la même expérience, avec du chlorure de fer. Les apparences en sont un peu différentes, parce que l'oxyde de fer se forme un peu au-dessus de la courbe de séparation , et présente plusieurs particidarités dignes de remarque, par les mouvements singuliers qui se manifestent.

Enfin , la figure 6 est un autre exemple des pôles multiples. Sur le diaphragme poreux se déposent quelques parcelles métalliques, qui forment à l'instant un double pôle, sur lequel les ramifications métalliques se développent avec une rapidité surprenante ; j'ai vu quelquefois, surtout pour les sels de cadmium, qu'elles s'accroissent en longueur de plus d'un centimètre par seconde ,

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et il ne faut qu*un instant pour ^'elles se propagent jusqu'à fil positif.

298. Déc^Mj^^sitUn des alcalla.-^Siir une lame jde plaine qui conununiijne avec le pôle positif de la pile ^ on pose une plaque épaisse de potasse un peu humide , ensuite on Tient b toucher au centre avi'c un gros fil de platine communiquant m polo négatif; dès que le courant est établi , on voit autour de a fil une multitude de petits globules métalliques qui disparaissent bientôt en brûlant avec éclat : c^est du potassium ; il est trop combustible à Tair pour se réunir en masse un peu considérable. Lorsqu'on veut le recueillir, on creuse un peui au œfttre, la plaque de potasse, on y met une large goutte de mercure qui devient rélectrode négatif dès qu'on y plonge le fil de platiné ; alors le potassium réduit forme avec le mercure un amalgame , d'où on le sépare ensuite en le distillant , sous lliuile de naphte , dans un tube recourbé que Ion ferme après en avoir chassé Tair.

Sans mercure , il faut une pile énergique pour électrolyser la potasse d'une manière sensible; au moyen de la goutte de mercure, on obtient le potassium, même assez rapidement, avec des piles qui ne sont pas très-fortes.

Le sodium s'obtient de même par la soude un peu humide; le baryum par l'hydrate de baryte, mis en pAte sur le mercure; le lythiuHi , le slronlium , le ma<^nésium et le calcium , par k même procédé.

299. Dissolutions alcooliques. — On possède déjà des expériences assez nombreuses sur les effets que de puissantes batterie* peuvent produire en agissant sur de Talcool absolu , dans lequel on a fait dissoudre des alcalis ou des sels. Cependant , les composés très-divers et très-complexes qui se forment dans ces cir^ constances, n'ont pas encore été étudiés avec assez de soin, pour que Ton puisse se rendre compte de toutes les réactions; parmi ces composés , nous citerons seulement le carbonate de potasse et une matière résineuse qui se sont produits Tun et Tautre au pôle positif d'une dissolution de potasse dans Talcool.

500. Passiviic du fer. — On avait remarqué depuis longtemps que, sous certîiines conditions, le fer dcxicnt passif , c'està-dire que, en contact avec les acides oxygénés, et particulièrement ^avec Tacide azotique même concentré , il conserve son

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éclat , iiVprouve pas la moindpe action , et se comporte enfiu comme ferait du platine. M. Schœnbeiu a rappelé l'attentioii des physiciens sur ces ptiénomènes singuliers ; il les a étudiés d^ nouveau avec une rare sagacité et une persévérance bien digne id^éloges. Je ne puis donner ici qu'une faible partie des expériences curieuses de M. Schœnbein ; et, pour le faire, j'éprouve même beaucoup d'emban'as : dans un sujet aussi neuf, loi*squ'il s'agit d'actions dont les causes sont si cachées et les effets si imprévus, on court grand risque de se méprendre sur la valeur des faits , de négliger les plus essentiels et de mettre en relief ceux qui ont la moindre importance. Il faudrait du moins pouvoir énumérer toutes les conditions sous lesquelles le fer prend la passivité , et toutes les conditions sous lesquelles il peut la perdre; mais, dans Tétat actuel des choses, cette simple énumération m'entraînerait trop loin , parce qu'on n'est pas encore par- Tenu à saisir des caractères généraux assez tranchés et assez décisifs. Voici, toutefois, les expériences qui me semblent les plus remarquables : je les tire des deux derniers mémoires de M. Sdiœnbein sur ce sujet. {Arch'wes de V électricité^ 1842, 1. 1^^ p. 267, et 1843, t. lU, p. 81.)

On se sert d'une pile simple dont chaque fil aboutit dans un godet plein de mercure ; chacun de ces godets est ensuite mis en communication avec Yélectroljrte^ au moyen d'un fil ou d'une bande de métal ; l'un de ces fils est ainsi l'électrode positif, l'autre rélectrode négatif. Pour l'électrolyte , M. Schœnbein emploie dans un vase de verre 1 1 volumes d eau et 1 volume d'acide sulfurique : c'est ce qu'il appelle Yauge de décomposition. L'électrode négatif est un fil de platine, l'électrode positif un fil de fer ordinaire; si c'est celui-ci qui ferme le circuit, et qui le ferme en touchant l'eau et non le mercure , le fer est passif, il ne s'oxyde pas, et, bien plus, il n'y a pas d'hydrogène à l'électrode négatif.

Le fer redevient actif, et seulement pour quelques secondes , 1® quand on l'a touché un moment dans le liquide avec l'électrode négatif; 2® quand on a inten-ompu le courant dans quel^ ques-uns de ses points pour le rétablir l'instant d'après ; 3® quand on met en contact avec le fer, et dans le liquide , un morceau de métal oxydable, zinc, étain , cuivre, argent; 4® quand on a fait une puissante dérivation du courant, en plongeant dans les

deux godets uq fil de cuivre de quelques centimètres gueur, que l'on enlève immédiatement après ; 5* enfin qi agite vivement la portion de fer qui plonge dans le liqui

Si , au lieu de fermer le circuit par le contact du fc Félectrolvte , on le ferme d*une autre manière, le fer < d*abord pendant quelques instants, puis il redevient pass

Si, pendant que le fer est passif ^ on fait des observât! verses en établissant la communication d^une manière ncnte entre les deux godets de mercure, ou observe d nomènes divers suivant Tintensité de ce courant dérive une grande intensité, il ne produit nul effet sur le fer; p intensité moindre, il rend le fer actif d'une manière perm pour une intensité moindre encore, son effet cesse de nn toutefois, avant qu'il soit assez diminué pour ne plus agir, marc|ue un phénomène singulier, c'est qu'alors le fer a desp alternatives de passivité et d'activité qui se renouvellent ui nombre de fois ; ces périodes sont courtes et seulement d ques secondes. Dans l'appareil de M. Schœnbein , le fi une activité permanente quand la dérivation entre les de dcts de mercure était faite avec un fil de cuivre d*uue ligne d'épaisseur, ayant une longueur de plus de 6 po moins de 16 pieds.

Lt*s effets précédents, qui se reproduisent avec les acîd< gênés, ne se montrent aucunement avec les hydracides ou lialoïdes.

Vue autre manière de donner la passivité à un fil de fei naire est de Teniploycr comme électrode positif d'une ] force moyenne, et de le faire agir ainsi sur une dissolutic cétate de plonih dans laquelle on le plonge sur la longueii centimètre et pendant 30 secondes. Un t(»l fil, retiré et la\ de Teau, est tout ;i fait passif pour les expériences que nous rappoitées plus haut, même quand une portion de la parti< gée n'a pas été n*couverte de peroxyde de plomb ; et les < stances qui rendent pour quelques instants l'activité à un dinaire n'agissent plus sur celui-ci. H y a plus, il donne fils de fer ordinaires une passivité qu'ils n'auraient pas : quand il va , comme électnxle positif , du godet de mer l'auge de décomposition, le rinniit n'étant pas fermé, si l\ pose à côté de lui plusieurs fils de fer ordinaires allant c

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