CHAP. VII. — ACTION DU COURANT
gueur sur 4 centimètres carrés de section. Ces équerres assemblées , comme Tindique la figm^ , forment un yase horizontal et prismatique; mais lorsqu'on interpose entre elles des membranes de baudruche bien tendues, on y forme autant de compartiments qu'il y a de joints ; les liquides qui remplissent ces compartiments ne peuvent pas se mêler, parce que les baudruches sont des diaphragmes peu perméables aux liquides et trèsperméables au courant. Alors, en mettant divers liquides dans les diverses cases et les électrodes dans les cases extrêmes, il est facile de démontrer que c'est par des pôles multiples (897), par des décompositions et recompositions successives et de proche en proche que les éléments cheminent d'une manière déterminée au travers de tous ces compartiments différents.
303. Déf^omposltlon par l'éleetrlelté des maehiBefl. — On doit à Wollaston cette expérience intéressante. Dans un tube de verre, semblable à un tube de thermomètre, et fermé par un bout , on inti^oduit un fil fin, d'or ou de platine , de manière que son extrémité pénètre dans le verre ramolli de l'extrémité fermée; lorsqu'on l'a ainsi enfoncé, presque au point de le faire sortir, on use le verre avec précaution, jusqu'au moment où Ton découvre à la loupe l'extrême pointe du fil de métal , ainsi mise à nu. Alors on plonge dans l'eau deux tubes semblables, en opposant l'une à l'autre les deux fines pointes métalliques ; le fil du premier est mis en conmiunication avec une machine électrique, le fil du second en communication avec le sol. Aussitôt que la macliine est mise en mouvement, des bulles de gaz se forment sur les pointes et se dégagent; il paraît que dans quelques circonstances les gaz sont séparés, l'oxygène à la pointe positive , et l'hydrogène à la pointe négative , mais que le plus souvent les deux gaz sont unis et se dégagent ensemble de la même pointe.
S 2. Actions lentes produites par V électricité.
304. Arbre de Saturne* — Tout le monde a pu voir cette expérience ancienne et remarquable , connue sous le nom d'arbre de Saturne ; elle se fait de la manière suivante : on remplit un grand flacon d une dissolution bien limpide d'acétate de plomb ; après avoir préparé un gros bouchon de liège qui puisse
en fermer exactement la tubulure, on plante dans oe boiidioi quatre ou cinq gros fils de laiton qui se rapprochent en iaiioeM pour les faire entrer par le goulot, et qui, une fois entnss, i^ cartent par leur élasticité pour former dans le liquide une saite de couc divergent qui descend jusque vers le fond. A ToffigiBe de ces fils , et contre le liège , on attache avec des fils fleiiUo de laiton un morceau de zinc, qui communique ainsi avec toul» les branches du cône, et qui, de plus, doit être plongé dans II liqueur. Cet appareil mis en place, on lu te soigneusement le bouchon pour empêcher Tintroduction de Vair dans le flacon et Tévaporation du liquide ; alors au bout de quelques joors os commence à apercevoir des paillettes brillantes de plomb c» tallisé qui s'attachent aux fils deWaiton, d'abord vers le havi; puis l'opération se continue pendant des mois entiers; les laines cristallines, toujours ti'cs- vives et très-édatantes, s^étendentde plus en plus, elles acquièrent plusieurs centimètres de surface, et se croisent de nulle manières et dans toutes les directioBS.
Il y a là un vrai couple voltaïque; le zinc s'oxyde et coBmmnique au laiton T électricité négative que Toxydation lui doone, comme dans le couple de Smée que nous décrivons plus \om\ riiydrogène vient donc perdre sur ce pôle rélectricité positive qu'il a au moment où il se sépare de l'oxygène, et, à Tétat naî»sant, il désoxyde le plomb qui se dépose lentement en se cri^ tallisant; 1 ucide acétique est alors devenu libre pour former lU équivalent d acétate de 'àiw ^ en remplacement de Tecpiivalent d'acétate de plomb décomposé.
SOîi. Conservation en doublage des valMeasx. — On remarque que dans certaines circonstances le cuivre qui sert de doublasfc aux vaisseaux se coiTode et se détruit avec une incroyable rapidité. Davy, supposant que cette action chimique beaucoup plus rapide , que le cuivre éprouve quelquefois dans l'eau de mer, provenait d'une action électrique particulière, fut conduit à chercher des actions électriques contraires pour en neutraliser les effets. Après avoir exposé des feuilles de cuivre dans des vases remplis d'eau de mer, et fait communiquer ces vases entre eux , soit par des fils de cuivre , soit par des siphons eux-mêmes remplis d'eau , il essaya de mettre on contact avec le cniivre du pi-emier vase des métaux oxydables, comme le zinc, le fer, la fonte, etc., poiu* examiner si ces métaux proté-