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CHAP. VII. — APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ

pression : la dorure, Targenture, le platinage, le cobaltage, le zincage, etc., les dépôts d'oxyde, etc.; en un mot, les dépôts préservateurs^ qui s'appliquent à la surface des corps, comme un vernis, non-seulement pour leur donner du lustre et de réclat, mais encore pour les rendre plus inaltérables.

D'après ces divisions, nous allons essayer de donner une idée succincte de ces diverses branches de la galvanoplasdque.

314. Galvanoplastiqiie. — Ce que nous venons de dire suffit pour faire comprendre qu'il n'est pas un objet, pas un corps inoi^anique ou organique qui ne puisse être couvert d'une couche de cuivre continue qui l'enveloppe de toutes paits, et qui cependant soit assez mince pour lui conserver tous ses linéaments, tous ses traits les plus déUcats. Prenons pour exemple une statuette de plâtre, et voyons comment nous pourrons lui donner l'apparence d'une statuette de cuivre. Il suffit évidemment pour cela de la plonger dans une dissolution de sel de cuivre, sulfate, azotate, etc. (on préfère en général le sulfate), et de faire qu'elle devienne l'électrode négatif d'une pile, dont l'électrode positif plonge dans la dissolution. Aussitôt que le courant est établi, le cuivre va se déposer sur cet électrode en couche infiniment mince d'abord, puis progressivement croissante, et quand elle aura acquis l'épaisseur voulue, il suffira de faire cesser l'opération, de retirer la statuette, de la laver et de l'essuyer. Si l'opération a été bien conduite, il y aura partout ime couche égale de cuivre, de j^, ^, ~ de millimètre d'épaisseur suivant l'intensité du courant et la durée de son action.

Rien ne parait plus simple ; il y a cependant diverses conditions de succès qu'il faut maintenant indiquer :

1^ Le cuivre se dépose sur l'électrode quand il est conducteur; mais le plâtre est un mauvais conducteur, sur lequel il ne se pourrait faire que des dépôts irréguliers. Il faut donc avant tout rendre sa surface parfaitement et également conductrice. On y parvient de plusieurs manières, par exemple, avec de la mine de plomb en poudre excessivement ténue qui s'applique tantôt à la brosse, tantôt au blaireau, ou avec de la poudre d'argent, ou par d'autres préparations analogues ; c'est ce qu'on appelle métalliser les surfaces.

2^ Le cuivre se dépose souvent en parcelles sans cohésion, et il importe ici que la feuille de cuivre soit dure et malléable. Les I. 45

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qualités du dépôt dépendent surtoiit de riatensité àa ooiiiiBt| de la température du bain, et de son degré de saturatîoQ : ci général, les coiuants faibles donnent un cuiirre si malléaUequH se coupe au couteau; pour un courant plus fort, le dépôt est plv dur ; en passant cette limite, il devient cassanti puis granidaa, cristallin, rugueux; puis enfin pulvérulent et sans cohésion sutfisante : il ùluI donc choisir le nombre des éléments oonvenaUe, et, sous peine d^échouer, observer Tintensité du courant dans SCS rapports avec la température, le degré de saturation de b dissolution et son de^nré d^acidité.

3® A mesure que le dépôt se Eût, la dissolution s^aj^uvrit; ainsi la nature du dépôt doit changer, à moins que Ton ne règle Finteusité du courant sur le degré de saturation. Mais il y a me ingénieuse invention qui remédie à ces accidents, c'est ceUe de Yélectrode soluble : on emploie pour électrode positif des hmes de cuivre qui s'oxydent et passent à l'état de sulfate ; ainsi fâcotrode positif redonne, au bain, autant de métal que Téleclrode négatif lui en enlève, ou du moins si la compensation n'est p» exacte, elle est assez approchée pour conserver au dépôt fon caractère.

4^ n importe que le dépôt soit exactement uniforme, et s'accroisse avec une vitesse égale sur tous les points de la surface : on y parvient en multipliant d^une part les points d'attache de Télectrode négatif avec les fils qui vont au pôle n^^tif de b pile, et d'autre part en multipliant aussi les électrodes soluUes positifs, avec l'attention de les présenter à l'électrode négratif à des points divers, et habilement choisis, et surtout à des distances convenables, car l'intensié des courants dérivés qui se forment alors est plus ou moins influencée par les distances. On a remarqué aussi que la forme même des objets et la coiui>ure des surfaces facilitent plus ou moins les dépôts ; ainsi ik tendent à se faire en général sur les parties saillantes, et il faut des soins particuliers pour déterminer leur formation dans les creux.

5® Si l'objet que nous avons pris pour exemple était de nature à s'imprégner de la dissolution de sulfate de cuivre, pendant le temps qu'il y reste plongé avant d'âtre totalement recouvert, il faudrait empêcher cette absorption en préparant l'objet de ma-: nière à lui donner une imperméabiUté suffisante.

Tels sont, en général, les principes au moyen desquels on est

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paiTenu à couvrir de ciÛTre, arec une perfectkm âommnte^ non-seulement des statuettes, ou de très-grandes statues, mab les corps les plus Taries : des fruits de toute espèce, des branches, des feuilles, des fleurs, des animaux même, des poissons^ des crustacés, des oiseaux, etc., etc. Mais, il ne faut pas s*y méprendre, il y a, pour parfadtement réussir, une sorte d'habileté que Fou n'acquiert que par la pratique.

On comprend d'avance comment, par le même moyen, Foii peut reproduire aisément chacune des &oes d'une médaille mé* tallique : ici Télectrode est par lui-même un excellent conducteur; il sufEt donc de couvrir de cire celle des deux faces dont on ne veut pas pi'cndre le creux, et de procéder comme nous l'avons dit. On aura bientôt un excdle&t creux de la médaille, gui servira à son tour de moule pour reproduire le relief. Mais il se présente ici une difficulté nouvelle : il ne suffit pas de faire le dépôt, il faut le séparer du moule, et les obtenir l'un et l'autre parfaitement intacts; la difficulté semble d'autant plus grande que, si le moule n'a pas sa sur&ce vive et métallique, on petit craindre qu'il ne cesse d'être assez bon conducteur. Cependant, par divers artifices, on est parvenu à concilier «es deux conditions en quelque sorte opposées : on met sur la sur&ce du moule une soite de voile qui empêche l'adhérence trop complète, sans empêcher le dépôt de se faire avec une parfaite exactitude : tantôt c'est une couche imperceptible de cire ou de corps gras, tantôt, comme l'a imaginé M. Boquillon, cVst le dépôt léger et presque invisible que peut £ûre en on instant la iumée blanche produite par la combustion d'un corps résineux.

Enfin, si l'original dont on veut avoir la représentation fidèle n'est pas de nature à être exposé lui-même dans la dissoltition, l'on en relève l'empreinte avec de la cire, avec du plâtre, etc., ou avec un métal, à la manière des dîchés, plomb, alliage fasible, etc. Alors, suivant la nature de cette empreinte, on la métallisé si elle n'est pas conductrice, et on la 4H>ilB û die est métallique.

Une statue de bronxe, de marbre ou de plâtre, peut pareQle» ment être reproduite : pour cda fl faut en fidre le creux par fi:agments, soit en plâtre, soit d'une autre manière , repérer tous les fragments et les réunir; alors c*efl dans œ creux qu*il firat mettre la dissolution, et ajiMter les âectrodes posidis, assez ha-

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bilement pour donner au refief une épaisseur égale. Quand Topération est faite, il reste à dépoiùller le moule extérieur. D*autres fob, au Ucu d'exécuter tout d'une pièce, on exécute par parties qui se réunissent ensuite.

Pour mieux faire comprendre ces principes généraux, nous avons représenté (Pl. 23, Fig. 10) l'appareil qui sert aux petites opérations de galvanoplastîque, par exemple, à la reprodoctioo le Tune des faces d'une médaille. Après avoir pris, à Talliage fusible, l'empreinte exacte de cette fiice, on a un diché en creux dans lequel se doit faire le relief; on courre d'abord de cire oh de yemis toute la surface du cliché où Ton ne veut pas receroir de dépôt, ainsi que la portion inférieure de la tige 6, qui sert à le supporter dans le bain; ensuite, après avoir bien nettoyé à h brosse toute l'étendue de la surface qui doit recevoir le dipot, on lui donne le voile destiné à empêcher Fadhérence métalliqov trop complète. Cela fait, on le plonge dans le bain de sulbte de cuivre, vis-à-vis une plaque de cuivre rouge ayant à pra près les mêmes dimensions, soutenue par un fil c et faisant l'office d'électrode soluble ; alors on étabUt les communications arec un élément Bunsen, la plaque de cuivre recevant le pôle positif, le cliché recevant le pôle négatif, et l'on abandonne Topéntion à elle-même pendant un jour ou deux, suivant répaissenr que Ton veut donner au dépôt, il ne reste plus qu'à retirer le cliché et à séparer le dépôt de la surface qui l'a reçu ; s'il n'y a eu ni adhérence ni décliirure, elle n'a besoin que d'être essiivt* et flambée pour recommencer une opération nouvelle.

M. Gueyton s'est distingué parmi les plus habiles fabricants qui ont élevé de grands ateliers pour faire des produits de galyanoplastique; il a introduit dans ce genre de fabrication de nombreux et remarquables perfectionnements, surtout en ce qui touche à la préparation des moules destinés à recevoir les déptts. Il est parvenu de diverses manières, et particulièrement pr l'emploi de la gutta-percha, à faire des moules ayant la double propriété de prendre avec une admirable netteté les empreintes les plus délicates et d'être élastiques conune du caoutcliouc. On comprend de suite que des moules de cette espèce offrent a l'art des ressources infinies, puisqu'il n'y a plus, eu quelque sorte, à s'occuper de la dépouille, la matière du moule se retire des creux et reprend sa forme. On obtient par là tous les avantages

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que Ton a su tirer, dans ces derniers temps, du moulage à la

gcflatine.

C'est ainsi que M. Gueyton est parvenu à reproduire, avec une prodigieuse économie et une fidëlkë parfaite, le travail du repoussé au marteau, de la ciselure, des vases et des ornements les plus précieux et les plus recherchés.

On voit (Pl. 23, Fie. 16) une des grandes cuves remplie d'une dissolution de sulfate de cuivrç^- dans lesquelles M. Gueyton fait ses travaux de galvanoplastique. La tringle du milieu ss sert à supporter les électrodes solubles; les deux tringles latérales m m et m' m' servent à supporter les moules qui sont, dans une même opération, soumis à l'action du courant. La figure suppose que la partie antérieure de la cuve a été remplacée par une glace afin de laisser voir Tintérieur.

C'est toujoiurs par l'application de la mine de plomb que les moules sont rendus conducteurs.

On voit en même temps (Fig. 11) la disposition de Félément à auge de gutta-percha dont M. Gueyton obtient un service très-économique .

515. Éleetrotyple. — On a essayé de reproduire par la galvanoplastique les planches gravées sur cuivre, soit pour les estampes, soit pour les cartes géographiques, les planches gravées sur acier, les planches de plaqué du daguerréotype , les clichés, et même des dessins exécutés sur métal au moyen de compositions particuUères.

Planches de taille^douce, — On obtient quelquefois des résultats assez satbfaisants, en préparant une planche en taille-douce comme nous l'avons dit précédemment pour les moules, et en la plongeant dans la dissolution pour faire directement le dépôt âur elle ; d'autres fois on prend le rehef de la planche par la pression, soit avec des James de plomb, soit par la méthode des clichés. Mais, jusqu'à présent, l'industrie n'a pas tiré grand profit de ces essais.

Planches d'acier. — On ne peut pas, en général, les mettre directement dans la dissolution de sel de cuivre; alors on les traite par la dissolution du cyanure double d'argent et de potassium, et Ton dépose ainsi de l'argent au lieu de cuivre ; ce relief d'argent, détaché et porté lui-même dans le bain de sulfate de cuivre, reproduit fidèlement le creux de la planche primitive.

710 LIYIK m. — HAGRtnSMB ET ËLBGTUGITË.

Les planches daguerrimmeSj trahëe» directement <hi iiidireo> tement, n ont pas donné, jusqu'à présent, des résultats qui piomettent un prochain avenir à ce genre de reproduction.

Les clichés , les vignettes typographiques se reproduisent trcsfidèlement ; ma^ la galvanoplastique se tromre m en oonoirrence avec des procédés nombreux et très-éoononûques.

Dessins ou électro^tini, — ^M. Kobbel de Munich a imaginé de dessiner sur un métal convenable, arec du Ternis de graveor on quelque autre composition analogue, en variant les tons pv l'épaisseur des coudies ; alors il prépare la plaque et au besom métallisé le dessin ^ puis, en la mettant dans la dissolution de cuivre, il fait sur elle un dépôt qui devient ainsi une sorte de planche gravée propre à reproduire le dessin.

Dans tout ce qui précède, nous n'avons parlé que de d<^ de cuivre; mais il y a d'autres métaux qui peuvent aussi, nec les précautions convenables, donner des résultats analc^oes à ceux que l'on obtient si aisément du cuivre. Cependant, oelni-ci est, pour la galvauoplastique, le métal par excdlence; preajoe tous les autres sont plus difliciles à traiter, excepte l'or et l'argent, et il j en a même que l'on n'est pas parvenu encore à obtenir en masses cobérentes et malléables d'une épaisseur r^olière : le fer est de ce nombre.

Dépôt des métaux en couches minces y dorure y argenture^ etc.

516. Nous ne pouvons pas entrer ici dans tous les détails techniques relatifs à Tart du doreur, de l'argenteur, etc., nous avons simplement pour but d'indiquer rapidement les principes sur lesquels repose la révivification des métaux précieux, et leur application en couches minces sur d'autres métaux.

Bonire as trempé oa par le proeé«ié EUcIn^ea. — M. Elkington a imaginé, depuis peu, le procédé suivant pour dorer le cuÎTre et le laiton : les pièces ayant reçu le dérochage et le décapage^ *on les suspend à des fils métalliques, et on les plonge dans un bain bouillant dont la composition est ainsi décrite dans le brevet de M. £lkington. — On fait un mélange de 435 grammes d'eau, autant d'acide azotique, densité 1,45; et autant d'acide chlorhydrique, densité 1,15 ; et Tony fait dissoudre 155 grammes d'or. Quand la dissolution est faite, on cliaufTe pour la rendre limpide; on la décante et on la verse dans un vase de fer; alors

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