‹ Éléments de physique expérimentale et de métédrologieChapitre 200 sur 231 · CHAP. VU. — IK>RURE GALVANIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. VU. — IK>RURE GALVANIQUE

couleur de papier de tournesol rougi par un acide. Cette solu* tion, étendue de deux ou trois fois son volume d'eau, sert à ob» tenir le platiné^ en opérant à 60 ou 70^ au plus. »

Dépôt des oxydes et coloration des métaux par V oxyde

de plomb.

317. Priestley paraît être le premier qui se soit occupé de la coloration des métaux par l'électricité ; il rapporte dans ses ouvrages un grand nombre d'expériences sur ce sujet. Son procédé consiste à faire passer des décharges électriques au travers de lames polies de métal , deux pointes opposées et rapprochées de la lame dirigeant le courant , à peu près comme dans l'expérience du perce-verre. Il paraît que le métal des pointes est détaché par la décharge , et vient former sur la lame des anneaux concentriques de diverses nuances, qui dépendent de l'épaisseur de la matière étrangère qui est ainsi étalée et comme incorporée à celle qui constitue la lame elle-même.

NobiU était parvenu aussi à colorer les métaux, mais par un procédé qui n'a aucun rapport avec le précédent, NobiU employait des dissolutions métalliques , ou même des dissolutions de sucs végétaux ; la lame de métal sur laquelle il voulait faire naître des couleurs était plongée dans la dissolution et mise en communication avec l'un des pôles de la pile, tandis que l'autre pôle , composé d'mie pointe ou d'un ûl assez (in , était présenté à une petite distance de la lame ; une pile plus ou moins forte donnait un courant, la dissolution était décomposée , et la lame se couvrait rapidement d'une série d'anneaux diversement colorés , dont la pointe formait le centre ; à côté de cette série on en faisait naître une autre en déplaçant la pointe , et la surface entière de la lame se trouvait bientôt couverte de coideurs dont on pouvait diversifier à l'infini les nuances et l'arrangement. Les dissolutions des sels de plomb donnaient surtout des couleurs vives et brillantes. Mais en général, la coloration était plus vive quand la lame formait le pôle positif. Il paraît. que, dans ce mode d'expérience , les métaux oxydables forment des couches d'oxydes plus ou moins épaisses , et que les métaux non oxydables se couvrent de divers produits oxygénés des dissolutions.

M. Becquerel, conduit récemment à des recherches analogues, est parvenu, par des méthodes nouvelles, à des résultats qui ont

lié LIYRS m. — HAGIIÉTISME ET fiLECTBICITÉ.

peut-être quelques rapports arec ceux de Nobili, mais qui paraissent destinés à recevoir des applications plus étendues et plus unpoTtSLntes {Comptes rendusy 1843, 2*sein., p. 1 et 53; et 1844, l^'sem. , p. 197).

Les expériences de M. Becquerel portent sur trois points que nous allons successivement examiner : 1^ dépôt d*oxyde de plooib sur les métaux pour leur donner des colorations variées; 2* dépôt d'oxyde de plomb en couches plus épaisses , sur les métaux oxydables, pour les rendre inaltérables à Tair ; 3* dépôt de peroxyde de fer pour obtenir le même résultat.

C»I»raCI»ii par l*oxy«ie «le ploHib* — Ou fait bouillir avec de h litharge une dissolution de potasse caustique, de manière qu'die se sature de protoxyde de plomb ; cette dissolution doit kn employée à la température ambiante de 12 ou 15% et marquant à l'aréomètre de Baume 24 ou 25*. Lorsque après iToir servi à un certain nombre d* expériences elle cesse d'être saturée, on la remonte au point de saturation en la faisant de nouveau bouillir avec de la litharge; et comme en même temps une partie de la potasse a absorbé Tacide carbonique de Tair, od ajoute un peu de chaux, et Ton filtre pour la débarrasser du car^ bonate de chaux qui s'est précipité.

Cette dissolution se verse dans un très-large bocal de verre, on y plonge Tobjet qui doit être soumis à la coloration , et qui a dû recevoir un décapage convenable ; puis l'on fait passer le Gourant de la manière suivante : l'objet est toujours mis en rapport avec le pôle positif de la pile, et le pôle négatif lui est présenté à des distances diverses et changeantes , suivant les effets que l'on veut obtenir. Souvent il est nécessaire de faire communiquer l'objet au pôle positif, non pas par un seul fîl , mais par plusieurs, ayant des points d'attache symétriquement choisis d'après sa forme ; quant au pôle négatif, il faut aussi le multiplier par la même raison. M. Becquerel a reconnu que des fik l de platine d'un dixième de millimètre de diamètre, scellés dans ' des tubes de verre , et coupés ras au sortir du tube , forment les meilleurs électrodes négatifs : c'est par cette section si petite que le courant passe dans la dissolution ; et lorsqu'on prend un nombre suffisant de ces tubes et qu'on les manceinrre habilement, on parvient en quelque sorte à peindre sur les divers points de l'objet toutes les nuaiMïes dont on a voulu les orner.

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