‹ Éléments de physique expérimentale et de métédrologieChapitre 36 sur 231 · CHAP. V. — NIVEAU DES MERS · texte numérisé non relu

CHAP. V. — NIVEAU DES MERS

ties hétérogènes d'une densité très-inégale ; si , par exemple , au-dessous de l'Océan , entre la croûte qui lui sert de fond et le centre de la terre, il se trouvait d'immenses cavernes qui fussent vides ou remplies de substances de faible densité, il est dair que Tîntensité de la pesanteur serait beaucoup moindre sur les eaux de l'Océan que sur celles des autres mers, et qu'alors la surface générale des eaux, au lieu d'être sphérique de toutes parts, devrait être renflée dans quelques endroits, et dans d'autres déprimée. Ainsi, une hétérogénéité de substances pourrait à elle seule produire des irrégularités de forme, et, si à cette cause on ajoute l'influence de la force centrifuge , on voit que la question devient encore plus compliquée. Dans Tignorance où nous sommes sur la composition intérieure du globe, dont, avec toute notre puissance, nous ne pouvons fouiller qu'une superficie d'une profondeur insensible, il nous est tout à fait impossible de déterminer à présent quelle doit être, dans l'état de repos, la véritable courbure de la surface des eaux. C'est pour cela qu'on a essayé de la déteiminer par des nivellements directs, et voici, à cet égard, les résultats auxquels on est parvenu.

La mer Méditerranée à Barcelone, et l'Océan à Dunkerque, sont sensiblement au même niveau , d'après les observations de Delambre.

La mer Méditerranée et la mer Rouge à Suez ne sont pas tout à fait au même niveau : les anciens attribuaient à la mer Rou^e un excès de hauteur considérable: les ingénieurs de Texpédition d'Egypte, sous la direction de Le Père, avaient trouvé cet excès de 9 mètres; mais par une opération trèscomplète, exécutée en 1847 dans les conditions les plus favorables et avec le concours du vice-roi d'Egypte, M. Bourdaloue a trouvé que le niveau de Suez ne s'élève pas à plus de 2", 27 au-dessus de la basse mer de Tineh et que cette différence se réduit même à 0"',03 quand la mer est basse à Suez.

La mer Caspienne se trouve dans des conditions différentes : on sait qu'eUe est isolée , fermée de toutes parts et sans communication avec la masse océanique. Un nivellement barométrique fait en 1812 par MM. Parrot et Engelhart, lui attribuait un niveau de 107 mètres au-dessous de la mer Noire; mais une opération géodésique faite avec un grand soin, pendant les

aanées 1836 et 1837, par MM. Fuss, Sawitsch et Sabler, discuiëe et publiée en 1849, par le célèbre directeur de l'Ohaervatoire de Poulkowa, M. Struve, ne donne en dernier résultat que 2C,Ô45 pour rabaissement de la mer Caspienne au^-dessous de la mer Noire.

63. Le mélange des eaux des fleuTes avec les eauic de k mer présente aussi quelques phénomènes remarquaUes d'hydrostatique. L'eau douce, étant plus légère, doit se tenir à la surface, tandis que Teau salée doit, par sa pesanteur, former les couches les plus profondes. C'est, en effet, ce que M. St^ Tenson a observé en 1816 dans le port d'Aberdeen, à Fembouchure de la Dee, et aussi dans la Tamise, près de Londres et de Wolwich. En puisant de Tean à diverses profondeurs avec un instrument imaginé pour cet objet, M. Stevenson a trouvé qu'à une certaine distance de l'embouchure l'eau est douce dans toute la profondeur, même à la marée montante; mais que, si l'on descend le cours de la rivière et que Ton approche un peu plus près de la mer , on trouve Teau douce à la surface, tandis que l'eau de la mer forme les couches du fond. D'après ses observations, c'est entre Londres et Wolvrich que pour la Tamise la salure du fond commence à être sensible. Ainsi, au-dessous de Wolvrich, cette rivière, au licni de couler sur un fond solide, coule véritablement sur le fond liquide formé par les eaux de la mer, avec lesquelles sans doute elle se mêle plus ou moins. Cependant M. Stevenson est d'opinion qu'à la marée montante les eaux douces sont soulevées pour ainsi dire tout d'une pièce par les eaux salées qui affluent et qui remontent le lit du fleuve, tandis que l^râu douce continue de couler vers la mer.

LIVBE PBEMIER. — PESANTEUR. tO»

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