CHAP. Y. — LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
GHAPITBE y^
De ]a Lumière âectrique et dn Monrement det corps électrisés.
CoAdltloas généMaes po«p qae réleelriellé dOHMe Mm la lumière. — Les plus grandes chaînes électriques accumulées sur les corps , soit directement y soit par dissimulation , ne donnent jamais aucune apparence lumineuse quand l'équilibre est «tabli et que le fluide est en repos. Ainsi, la première condition de la lumière électrique est le mouvement des fluides ou la rup'ture de leur équilibre. Cette condition, toujours nécessaire, n'est pas toujours suffisante ; il faut encore que la tension des fluides qui détermine leur mouyement soit une force assez considérable. Par exemple, l'électricité d'une machine ordinaire ne donne point de lumière sensible quand elle s'écoule dans le sol par un fil de métal; tandis qu'une machine puissante peut environner d'une auréole brillante un fil de fer de 15 ou 20 mètres de long, oonununiquant au sol aussi par£sdtement qu'il soit possible (Van- Alarum , Description de la grande machine du musée de Tejr^ 1er). La tension nécessaire à la production de la lumière est tout à bit dépendante de l'état, de la forme et de la conductibilité du milieu dans lequel les fluides électriques doivent se mouvoir : quelquefois, de fidbles tensions donnent une lumière éclatante ; d'autres fois , les plus fortes tensions qu'on puisse accumuler ne donnent pas la moindre apparence lumineuse.
227. liVmlère éleetriqoe dana l*alr el dmns les g«B aona la pression de Tatmospliére. — La distance à laquelle on peut tirer l'étincelle d'un corps électrisé dépend surtout de la conductibilité de sa substance, de l'étendue de sa surface et de 1 épaisseur de la couche électrique dont il est chargé ; car la seule (condition pour que l'étincelle parte , est que la tendon de l'électricité puisse vaincre la pression de l'air. Dans les corps à formes anguleuses, cette condition se trouve remplie, même pour des charges assez faibles, et le fluide se dissipe spontanément, en formant des aigrettes de lumière qui brillent dans les ténèbres, et dont les traits divergents présentent quelquefois plusieurs
5M LIVRE UI. — MA^NfiTlSKE ET ËLECTKIGITÉ.
oentimètres de longueur. Dans les corps à formes arrondies , il &ut de très-puissantes charges pour que rétincelle parte d'ellemême; mais si on leur présente un conducteur communiquant au sol, il s exerce à Vinstant une action par influence ; les fluides se déplacent en vertu de la coïKkk^JbSité , s^accumulent en raison de rétendue des surfaces, et Tétincelle jaillit dès que la pression de V$it est rmcne sur Tim ou r««llre dm corps qui sont mis en présence. Une machine est très-forte quand elle peut, sfttts k sccovr» èf» oondHCtem ifwWMJiiiifi, -èommw des écincdles À f d6 mètre. A eeite dÎBtaaoe^fai lumière âeetrîqne fome vn sîUoa de feu dont les sinuosités nm to«t à fait analogue» au ligtag» de Tédaîr.
Pfityr mubi|Aier les étuacefles qve donne une maelwK, îlsiiflit de miihipber ka sokttiaim de eoniîiieiié êm cendiKtetir par lequel le fluide s'éooule dons le «À. C'est sur ce principe que re posstic tMA les je«K de k kunwre ëkctrique«
Avec des graim de métal enfilés daas de k aok es mmetem» par des Bseuifa «qndqees iiBUîmè6res ds dietuiee, on fcnS eonpoaev des ebaines ^ des fuiriandes on de»dsMns, ^ak ] rcapiendîasSinB de ira pendans teut le temps ^ne Ton nmekine »fec kqtieik ils conummfqitens: MRse k demor gfiia et TiMrai^^deraier k ImnièR; pmsli ani même insiaiit qn^enire k pmttier et k second^ tant est Mpde la comimimcatiesi de VAo' tMiiB danstesne k km^M» de la chaîne.
iiM Éubeê éHmekmts^ (Pft. 17, Ffc* ») se eompeesM s^eede petàs kemiges de fitiidks détain que Ten coHe ser k TCfre ea apptodiaat kws pabites à de très^^peikes Astances Time ^ Tantie; résoBeette joUit an mémeinsuttteiiipe tons cesiossages, et le tube ou le matias psrat îiimmné dams tonte sa loogneer.
lM^€tarrmux étimcélamts effrent à l'œil des desMeplis fins et pins Tasîés : on les forme c» coUan^ sw wa enveoa de Tcneor* dîaaive de petites bandes de fedAes d'ëtaîn (Pi.. 17 , Fss. 24), qni fonnent un ruban continu y depuis «r jmqn'à z ; enmîts, oa enlève arec «ne pointe tontes ks parties de œs bande» q«i se tPftuvent snt les contoers du dessin que Pon ^ent rendre vinbk. Cbaenne de œs selutions de continuité esc mavqnée par une étinc^e loffsqn'on bat passer le fluide de k ma<Ainede staM.o^ de a en ^. On peut de cette manière représenter avec asseï de Téfké des figm^es de tonte espèce : c'était k ^aad amasenent des ékocriciens du siècle dermer.
GHAF. T. — LimtU ÉLEGTRIOVE. »08
Le carreau magique est avtrciiient disposé : Tune de ses fÎMes est recouTeite d'uue feuille d'élaia et Tautre d'une e^èce de venus eomlenaiit beaucoup à^ atMmturime^ ou. de paieelles die métal; lelectncité s'accumule par dissîmuletîaii; et, quand reliaoeUe part, oa Toit sur la faee ayenturiaée des» traits de feu qui aopeBtcBt dans tous les sens.
C'est aous dans l'obscurité qu'il faut étndiev les phéaoBiènes despoîntes : alors, quand on Les met ea ooaimuBicalâDii aree ies eoodkictettffs* d'une forte machine ^ oa apeoçok de briUantes aîpnttts^ comme eelle qui est lepfésentée (Pa« 17, Fia. 27); à rmiénité de la pointe, ob ne- distingoe^'uMi seul trait defeu^ fii se dînise à une petite di<tfraafîa eft se IamBfie^elk une foule da petift filet», étmcelaiits.
L elecftfiâaB icaineuae ae^ doaae jaauâft dcs^aigcettefr aussi difprylaaet anssLalkmgéea quelTélectntcilié iùtrée;.cepbéDOinèna sâgdfer est Ueni dîgpa d'atteasioa ^ paîa^'il asmUe offrir un caractère distinctif entre les deux fluides électnqjMs».
Les paîutti qnî sont: ea comnaarucaitiom afMc k soL dcmnent aaïc Âea aigietlfeSy mâaia quand elles se tfxwaaaf. à plasieum aàties desTOonductoars de la macbina..
Ea tinac des étincdles wt pc» forte» sua untmoaeaau de drap^ oa Al. soie eeiBrcrt da poussière aMtaUiifae ou.- frotté avee de» faâBf aùcesi d'or ou d'aargeat,, oa cbseinre des* effets analo^-^ gees à ceas. du caraeau aiagique. La liuMifTii paaak: ea aùBe eibdnîts à la fi>îs>, et.ae raaaîfia daaa toias lea iciia sua retendue da
Dtos paialea de corps coadadeara encore pb» fine» et plus nip^ laediées donnent une e^p«ce de pkosphoreêcence continue; par exemple, les lameff d'ov très-minces>,r odAée» sur du verre, du cuir ou du bob, paraissent illuminées pendant tout le temps que 1 électricité les traverse , et y sur certains corps mauvais eonduc* teurs, la phosphorescence se prolonge pendant plusieurs minutes» après te passage du fluide.
. Ces appavenees lomineuses que nous offre Télectncité des madiines sont une imitation très^^faible , et cependant tvèa-exacte , de plusieurs phénomènes qu'on observe dans le ciel et sur la tene au moment des orages. Elles nous serviront de principes pour expliques 7 dans Ll Météréelogie ,. toutes les formes de la lumière, électiiqjue^ teUes que TécUàir, les langues de feu qui paraissent au sommet des mâts des vaisseaux ou sur les flèches des
tours élevées , et une foule d'autres météores qui étaient, pour les anciens, un sujet d'effroi et de superstition.
228. LoaUére éleelriqae dAss le Tlde, ésm 1m Tapean et dama lea ipas raréfléa. — Un tube de 2 mètres de longneor, dans lequel on a fait le vide , étant mis par Tune de ses extrémités en communication avec une machine ordinaire et par Tautre en conununication avec le sol, on aperçoit tout son intérieur éclairé d'une iriTe lumière. L'électricité , ne trouyant plus qu'une faible résistance dans l'air qui reste, se dissipe au lai^ dans toute la capacité du tube , et s'écoule eu marquant partout son passage par des traits de feu. Quand les communications sont bien établies, la lumière parait fixe et uniforme; mais si, à l'extérieur du tube, on approche un corps conducteur, elle se porte vers lui , et en même temps elle prend plus d'édat. U arrive presque toujours qu'un tube qui a servi à ces expériences donne encore des espèces d'éclairs longtemps après avoir été séparé de la nuichine.
Pour observer les diverses apparences de la limiière électrique suivant les différents degrés de raréfaction de lair, on emploie l'appareil qui est représenté (Pl. 17, Fig. 26) , c'est un vase de verre de forme ellipsoïde que l'on appelait autrefois Vœu f philosophique : à l'une de ses extrémités, il porte un tube à robinet, et à l'autre une tige à bouton passant dans une boîte à cuir. Quand le vide est fait aussi parfaitement qu'il soit possiUe, Télectricité passe librement en remplissant de lumière toute la capacité du vase ; quand on laisse rentrer un peu d*air, la lumière devient moins diffuse ; elle se resserre et forme entre les deux boutons b et 6' des arcs de couleur pourpre; une quantité d*air un ))eu plus grande donne encore moins de diffusion à la lumière^ et ainsi de suite jusqu'au moment ou le fluide ne peut plus s'écouler qu'en jaillissant d'un bouton à l'autre sous forme d'étincelles.
Gomme avec les meilleures machines nous ne pouvons faire le vide qu'à 1 ou 2 millimètres, il reste encore, dans les expériences précédentes , une quantité d air qui peut avoir une grande influence et sur la formation de la lumière et sur sa couleur. Le vide barométrique étant le plus parfiait que nous puissions obte* nir, il est curieux de voir si le passage de Félectricité au travers des vapeurs si rares du mercure produirait encore des phénomènes lumineux. Dès l'an 1660 , Picard avait remarqué qu'un