‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 119 sur 217 · CHAP. V. — LUMIÈRE ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. V. — LUMIÈRE ÉLECTRIQUE

baromètre deyient lumineux lorsqu'on Tagite dans les ténèbres: plus tard, on a constaté que ce phénomène est dû à Félectricité qui se développe par le frottement du mercure contre les patois intérieures du tube; enfin Cavendish imagina de faire un double baromètre^ de manière que Télectricité donnée à Tune des eu* Tcttes fût obligée de trayerser le yide pom* aller sortir par Tautre cuyette et s'écoider dans le sol (Fig. 28 ). Dans ce yide , plus par&it que les précédents, la matière électrique offre en-» oore les mêmes phénomènes : elle remplit de lumière tout l'espace qu'elle traverse , et Ton reconnaît que des tensions même très-fadbles sont suffisantes pour la faire passer du sommet de la première colonne au sommet de la seconde.

Les couleurs de la lumière électrique sont très-changeantes, et les changements qu elle présente sont dépendants de la force de l'étincelle et de la pression du gaz qu elle traverse; cependant, pour la même force et la même pression , il y a des gaz et des vapeurs qui semblent donner de préférence les teintes rougeâtres, tandis que d'autres donnent les teintes jaunes, bleues ou violacées.

229. Causes de Im luaUére éleetrlqoe. — Quelques auteurs ont pensé que le fluide électrique, en s'ouvrant de force un passage au travers des corps , les comprimait au point de les rendre lumineux; ainsi, d*après cette hypothèse, les yapeurs de mercure dans le vide barométrique seraient eUes-mémes comprimées et refoulées avec tant de violence qu'elles dégageraient de la chaleur et de la lumière. Il n'y a point de faits positifs pour démontrer la fausseté de cette opinion, ni même son insufiisance.

Cependant il y a une autre supposition qui est aujourd'hui plus généralement admise, et qui nous semble plus vraisemblable ; elle parait avoir été faite pour la première fois par Rit- . ter, et elle a été depuis développée par un grand nombre de savants, surtout par Davy, Œrsted et Berzélius. Elle conâste à regarder tous les atomes de la matière pondérable comme les éléments entre lesquels s'accompUssent toutes les décompositions et toutes les recompositions électriques. Les atomes posséderaient primitivement l'un des fluides : les uns , que Ton appelle électro-positifs, posséderaient primitivement le Qvûde positif ou vitré ; les autres, que l'on appelle électrO'^néga^ tifrt posséderaient primitivement le fluide négatif ou résineux :

Wê LIVRE m. — HAGNËTISME ET ËLECTftI€IT£.

le» premiers, enifeloppés de fluide neutre, auraieiit sttvé ck fluide négatif, taudi» que les demie», au ooDtraire^ atuQÛent attiré du fluide poutif; de tdle sorte qu'ib seraient Tan et Tautre à l'état naturel. Cela posé, imaginons une seafe fite d*atomes électro-positife ou électro-négatî6 , et Tmi des flokl» qui se présente pour ki parcourir, il est évident ifÊtik se nanifesaeca suhttenent antant de petites étincelle» qu'il ja d'atemes à peu près cimune il arrire à la chaîne des grains-de métal dont n«us ayons parlé ; pour plusieurs files d'atomes le pfaénomèae anraît le même, et dans le yide du double bttranètre,le5 atoaxs dispersés de la tiapeur de mercure, seraient k imne came de la lumière qu'on observe , enfin ,, dan» k TÎde aheoki , on ne sot œ qui ansvcvait ,. car le fluide neutre , s'il cxiate dmm k nde , étant koHBogène et sans solution» deeontiauité,. en. ae peut lien diee des effirtsi qu'il éprooveiaît , puisqu'on ne sak ikn sur k mode d'agrégation des deux flmdbs qui k consfîtncnt. .

Ken que cette hypothèse seaoble appojfée par tow ks fiûti onnnus ^ il est bon cependant de k metlBu k de numptUfr épreuves, et de la regarder plutôt comme un mojwn de chercher k réiiÈé que comme k yérsté dk-méme.

telaén* •*- S ne parait, pn» qu'ii existe aucune aMmctiea à distance:,, ni même ancune affinité entre le flHade. chBKtnqaeel k substance des corps non conduetenvsy cas ttm»oc»carps p«r^ dknt kur ékctridsé dana k yA^ D'apm cek, si non» cobb* déroB» deux kalk» de gonmie laque,, par exemple, diarpécs l'une et l'antre d'une mme âectndté et mises e» ptaaamc, k seule force qui les sollicite est la répulsion de toutes le» mdfrcuk& du fluide dont eUe» sont remètue»; l'effet ^ "*"-*■**•» de cette fiorce serait donc d'écarter ces* molécules, et de les disperser de toutes part», si dks poufraient se mouvok librement : par exeaopk, si les deux balles étaient dan» k Tide, eUes cesteraieoc imraobik», tandKs que kur électricité , obéissant à sa répukioa propre, se disséminerait jusqu'aux limites de rcspnce; maift, suspendues au milieu de Tair qui est moulai» conductear^ le fluide qui les couvre est arrêté dans to«» le» sen», ou pktôt il trouve une résistance à vaincre. Celles de ces molécule» <fui s'appuient sur F air ne peuvent se mouvoir san» ponsser Y air de» vaut elles, et edks qui s'appuient sur la substance de» balles de gomme kque ne peuvent se mouvoir nou pki» san» le» poasser

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comme on obstacle qui s'oppose à leur mardie. C'est par ce douUe effet que les balles sont mises en monyement et écartées Tune de l'autre.

Pour rendre le phénomène plus sensible , on pourrait concevoir que tes balles de gomme laque, après ayoir été électrisées, ont eu leur sorfece recouverte d'mie ooudie de substamœ imperméaMe à r^eetricité, de «elle sorte que le fluide qnà les diarge soit comme emprisonné entre ces deux matières non conductrices. Alors il est éfidest que toutes les actnoiis répalaîi»es qui s'exer«ent entre les molécules électriques se transmettent immédiatement aui molécules pondérables par le fait seul de la rndstance passive qu'elles opposent. La couriie d'air qui emreloppe les corps fait préctsémient Folfice de cette eoucbe impep. méable à l'électricité.

On proifTef de ht même manière, que des baHes chargées de fluides Gontraires Aià^em être enlraniées et attirées por l'effort que font les molécules de ces fluides poor se rejoindië.

Le même raisonnement s'applique à tous les coips aen. oon— ifocteurs, quelle que sok letu* forme ; et .3 est TÎsîble que si m oûrps non coadueteur , pris dans son éaat nattorel , n'est januBS^ attiré ni repoussé parr u» corps éleetzisé, c'est aimplenient paaroe que , ses flcmfes n'étant poiat décomposés par influence et séparés Tun de l'autre, il éprouve toujours deux actions eonuraires, l'mie attraetiTe, et Fatilsre répulsive , qui sont sons cesse égaies et qui se" détruisent.

251 . ■««vemeat ëem emrfm timttàneUmrm électfrflaéa. -^ Nous* «nms défà tu que, dans son état d'équiliinre sur m» corps em^ ducteur, l'électricité forme une couche d'une certaine épaisseur, ayant deux surfaces, l'une qui s'appuie sur l'air enTiromiant, et lautre qui est libre dans la substance même du corps. Les molécules de la snrface libre ne peuvent jamais à elles seules hnprimer âtucun mourement à la mati^ pondérable, puisqu'elles ont la facilité de se déplacer dans toute la masse sans y éprouver aucune résistance sensible. Tous les mouvements des coips conducteurs électrisés sont donc le résultat des diverses pressions qtte le fluide exerce contre l'air, ou, en général, contre les enstoppes imperméables qui limitent leurs surfaces ; car on peut toujours assimiler l'air qui touche un corps conducteur à une enveloppe imperméable qui ferait corps avec hri. Cela posé, si l'on imagine des sphères conductrices, il est visible que, chargées

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d'une même électricité , elles se repoussent, surtout par les régions de leurs surfaces les plus éloignées Tune de Tautre ; tandis que, chargées d'électricités contraires, elles s'attirent, surtout par les régions les plus voisines; et ce n'est pas toutefois que ies molécules de la surface libre n'aient aucune part au phénomène, car elles sont maintenues au lieu qu*eUes occupent par des force» ou des répulsions contraires qui prennent leur appui contre la couche d'air environnante.

Un corps conducteur, à l'état naturel , est toujours attiré par un corps électrisé , parce que ses fluides étant séparés par influence, et celui de nom contraire étant toujours appelé dans la région la plus voisine, l'attraction qui s'exerce sur lui est toujours plus efficace que la répulsion qui s'exerce sur l'autre à une distance plus grande.

232. Hoavemeata pMd«ll«p«p récovlemeAt de l*éleetricité. — Sur un pivot conducteur cp , communiquant à la machine (Pl. 17, FiG. 36), ou pose en équilibre une petite tige de métal ^/, dont les deux bouts sont aiguisés et recourbés en sens contraire, et, dès qu'on tourne la machine, cet appareil, que l'on appelle le tourniquet électrique^ prend un mouvement de rotation très-rapide, comme si les extrémités des pointes étaient vivement repoussées. Le même phénomène se produit sur les tourniquets à plusieurs tiges , et lorsqu'on est dans les ténèbres on observe , pendant le mouvement , des aigrettes de feu qui s'élancent de chaque pointe, ^électricité résineuse et la vitrée présentent une différence à l'égard de la lumière, mais elles n'en présentent aucune à l'égard du mouvement. Cette rotation curieuse s'explique de la manière suivante :

Le fluide électrique , répandu partout sur la surface des tge> du tourniquet, exerce partout une pression sur l'air environnant, comme l'eau et les autres fluides pondérables pressent, dans toib les points , les parois des vases qui les contiennent. Si le fluide électrique ne trouvait point d'issue , les pressions opposées seraient toujours égales, et l'appareil resterait au repos : mais, des qu'il s'écoule par une pointe, il n'exerce plus de pression sur l'orifice de l'écoulement , et la pression intérieure qui s*exerce au point opposé détermine le mouvement par un véritable recuU tout à fait pareil à celui qui s'exerce dans le tourniquet à gaz ou dans le tourniquet hydraulique.

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