‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 127 sur 217 · CHAP. I. — PILES SÈCHES · texte numérisé non relu

CHAP. I. — PILES SÈCHES

Dix ou vingt de ces éléments suffisent pour la plu]jart des expériences.

Mais lorsqu'on veut produire de grands effets de lumière et de chaleur il faut réunir 50 ou 100 éléments; alors, la commotion d'une telle batterie étant fort à craindre, on se sert de l'excitateur représenté (Pl. 23, Fig. 34) ; les conducteurs /? et n étant terminés par des baguettes de charbon de cornue , et tes communicatiops étant établies, au moment où les charbons sont mis en contact au moyen du manche isolant #7?, on voit jaillir une* lumière éblouissante. On peut ensuite relever le charbon supérieur de plusieurs centimètres , suivant la force de la pile , sans que le courant cesse de passer ; on obtient ainsi entre les deux diarbons une gerbe de feu (Fig. 33, n° 2) qui s'aghe et se courbe sous Tinfluence d'un aimant (Fig. 33, n"" 1); si te charbon inférieur est arrangé en capsule (Fig. 33, n® 3), tous les . fragments de métal que Ton met dans cette capsule, acier, fer, aident, or, platine, entrent enfusion rapidement et se volatilisent.

241. Plies sèches. — On a construit aussi des piles d'une autre espèce, auxquelles on a donné le nom de pi/es sèches^ parce qu'il n'entre que très-peu de liquide dans leur composition. Voici le procédé qui parait réussir le mieux pour, avoir des appareils d'une puissance un peu durable.

On prend des feuiUes de papier ordinaire, un peu fort, et humide autant qu'il peut Tétre natui*ellement par un temps pluvieux; d'uri Coté on coUe avec la gélatine, la gomme ou Tamidon, une feuille de zinc laminé et ensuite battu ; sur le revers on met Ai peroKjd^ de manganèse très-bien porphyrisé, en l'étalant à plusieurs reprises avec un bouchon, ou seulement avec un morceau de papier. Alors, on superpose dans le même ordre plusieurs feuilles semblables, et, avec une emporte-pièce de 2 ou 3 centimètres de diamètre; on enlève à chaque fois autant de disques quUl y a de feuilles. Ces disques sont, à leur tour, superposés dans le ijdême ordre, et Ton fait ainsi des piles de 500, de 1000 ou de 2000 couples. Pour mieux |ssurer le contact^ on met les disques en presse, après avoir disposé à chaque bout des pièces de métal assez fortes, portant cinq ou six appendices saillants, qui se lient 1 un à l'autre avec du cordonnet de soiei{ ensuite , pour garantir la pile du contlact de l'air, on la plongç dans du soufre' fondu ou dans de la gomme laque.

Quelquefois on imbibe le papier avec une légère dissolution 1. ^ * 34

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saUne, ou bien arec du lait, du niel, d« benire, de llmile d' œillette, de l'essence de térébenthine, etc.; mais, sikspQes qui sont faîtes par ces moyens ont Vavantage de paraître un peu plus fortes dana les premiers ikistants, elles ont aussi Tinconvé* nient de se détériorer promptement , en comparaison des premières, car il est rare qu'après quelques années elles consenrcnt encore toute leur énergie primitive. "^

Au lieu d'employer le zinc avec loxyde de manganèse , on peut sans désavantage employer Tétain.

Ces piles s'appellent aussi piles de Zamboni , parce'^que ce physicien s'est beaucoup appliqué à en perfectionner la construction. Les piles de Zamboni ont les propriétés suivantes : elles, ne donnent aucune commotion et ne produisent [aucune décomposition chimique ; cependant, si dans une pile de 1000 ou 206G éléments, Ton touche un des poks avec le condensateur à taffetas, on obtient une charge qui donne qudquefoîs une étincelle. Mais il faut du temps pour que la pile répare ses pertes , soit à cause de la lenteur des actions chimiques qni s'exercent, soit à cause de la mauvaise conductitnlitéMn papier.

Lorsqu'on fait communiquer deux conducteurs isolés, par exemple deux bouks de métal, avec les deux pôles d'une pile ou d'un système de piles de Zamboni , on a sur ces boules le$ deux âectricités contraires que l'on peut employer à ^produire des mouvements ahematifs ou des mouvements continus ; mais il fiiut avoir soin de proportâooner la dépense d'électricité que ces mouvements exigent, à la faiblesse de la source qoi r^are ces pertea;

iSl^etpeueigc *6 •oiMMnkerse»* — M. Bohnenberger a] fait des piles sèches une autre application qui semble d'abord assez ingénieuse : aprè» avoir supprimé l'une desj^feuiiles d'or du condensaAenr à lames d*oi?, il dispose à égale^ distance de*la fetiaie restante., les deux pôles d une pile sèche trè&-peu énergique; alors il est évident que la moindre charge d'électricité résineuse on vitrée détermine cette feuile très« mobile à «e porter vers le pôle positif ou vers le négatif, et qu'une fois en mouvement, •elle doit continuer ses allées et veihies peiïdant un temps plus ou moins long. Mais cet appanâl nS?a toujours paru infidèle, soit à cause de l'agitation de l'air de.la docbe, soi! à cause dfeTélectricité que cet air reçoit des deux .pôles de la pile. * ,

Plies aéehea de M. Belesenne. — M. [Delezenne j^ construit

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récemment des piles sèches de grandes dimenâons {Mértffires de la Société royale des sciences de Lille\ avec des feuilles de papier étamé de 178 millimètres de longuem*, sm* 158 millimètres de largeur ; et il a constaté qu'avec 300 de ces éléments conyenablement humides et convensd)lement pressés, Ton obtient des commotions assez vives et une décomposition de Teau trèssensible.

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