‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 34 sur 217 · GHAP. VU. — DES AÉROSTATS · texte numérisé non relu

GHAP. VU. — DES AÉROSTATS

montrer la conBancë que derait inspirer sa découverte, il entreprit, avec Robert , ce fameux voyage dans lequel il fut porté en quelques minutes à la hauteur de plus de 1000 mètres, et parcourut , dans cette région de Tatmosphère , plus de neuf lieues dans l'espace de deux heures. C'est du milieu des Tuileries que Charles fit son assension ; toute la population de Paris était en mouvement ; les places publiques , les sommets des édifices , et tous les lieux élevés étaient couverts de spectateurs : un coup de canon fut le signal du départ, et bientôt on vit monter le ballon , comme un météore qui s'élève sur Thorizon ; au plus haut des airs , on distinguait encore les banderoles flottantes , éclairées par le soleil, et les navigateurs tranquilles qui saluaient la terre. Jamais une expérience de physique n'excita tant d'admiration et un tel concert d^applaudissements.

Charles ne pouvait manquer d'avoir des imitateurs, et il en eut en effet dans tous les pays savants. Mais entre tous les vopges aérostatiques qui furent entrepris pour des recherches scientifiques , on distingue ceux qui furent exécutés en France , en 1804, par MM. Gay-Lus^ac et Biot. Dans une première ascension , ces deux physiciens , pai-venus à la hauteur de 4000 mètres , firent des expériences importantes sur l'état électrique et sur la température de ces hautes régions. Dans une seconde ascension, Gay-Lussac, seul, s^éleva à la hauteur de 7000 mètres, la plus grande à laquelle l'homme soit jamais parvenu. MM. de Humboldt et Bonpland se sont élevés à 6100 mètres sur le Chimboraço au-dessus du volcan de Cotopaxi. A cette grande hauteur on éprouve un iroid très^vif ; le t]iennomèti*e de Gay-Lussac descendit à 10^ au-dessous de glace, tandis qu'à la surface de la terre il marquait 30* de chaleur. La sécheresse de l'air est si grande , et les corps hygrométriques perdent si rapidement leur humidité , qu'on les voit se distordre et se tourmenter dans tous les sens. Le ciel paraît d'un bleu très-foncé et mêlé d'une teinte noire. Suspendu au milieu de ces espaces, dans un air si raréfié, à une grande distance de la terre et de tous les corps résistants, aucun bruit ne vient frapper l'oreille, aucun objet ne se présente à la vue , et l'on éprouve alors un sentiment de solitude dont on ne peut ici-bas se faire une juste idée.

AIM. Barrai et Bixio, dans un ballon de très-grandes dimensions , se sont élevés aussi à la hauteur de 7000 mètres ,

le 27 juillet 1850. Ils avaient le dessein de monter beaucoup plus haut , mais ils en ont été empêchés ; une large déchirure survenue à la partie inférieure du ballon, diminuait la force ascensionnelle et mettait leur vie en péril; ce n'est que par d'habiles manœuvres qu'ils ont pu , sains et sau& , regagner la terre à dix-huit kilomètres de Paris. Parmi les curieuses observations dont ils ont enridii la science , nous citerons ici le froid extra^ ordinaire de 40^ au-dessous de zéro qu'ils ont éprouvé à cette hauteur de 7000 mètres , où Gay-Lussac , à peu près dans la même saison, n'avait observé que 10^ au-des60U6 de zéro.

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