‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 6 sur 217 · CHAP. I. — DU REPOS ET DV MOUVEMENT · texte numérisé non relu

CHAP. I. — DU REPOS ET DV MOUVEMENT

7. Be i*lM€Ftle.' — Il y a deux manières de.coBeevoir les forces qui agissent sur la matière inorganique. On peut supposer qu'elles ont une existence séparée, qu'elles sont hors de la matière et qu'elles en sont indépendantes; ou bien on peut admettre qu'elles sont inhérentes à la matière elle-méme^et qu'elles ne sont que des propriétés permanentes, qui lui ont été primitivement données. Ces deux suppositions reviennent au fond À une seule et même chose; mais, quelle que soit l'idée qu'on puisse prendre de l'origine des forces et de leur mode d'exbtence, il y a sur elles et sur la matière deux principes fondamentaux qui résultent de tous les phénomènes naturels qui se produisent à nos yeux et qui se renouvellent ou se perpétuent depuis tant de siècles. Ces deux principes constituent ce qu'on appelle V inertie de la matière. Le premier est que , toutes les forces qui agissent sur la matière cessant d'agir à un instant àoimè , la matière conserve son état de repos ou de mouvement. Le second est que toutes les forces sont soumises à des lois d'une infaillible stabilité. D résulte du premier principe qu'un atome de matière ne peut ni se donner du mouvement ni altérer celui qu'il aurait reçu ; et si deux atomes de matière peuvent se donner du mouvement l'un à l'autre par leurs attractions ou en général par leurs actions mutuelles, comme l'attraction de la terre donne du mouvement à une pierre qu'on abandonne à eUe-méme, il résulte du second principe que ce mouvement se produit suivant une loi déterminée qui n'a éprouvé aucun changement depuis que le monde existe. Ainsi, tous les changements que subit la matière, soit dans son état, soit dans son repos, soit dans son mouvement, nous devons les attribuer à des causes ou à des forces particulières : tantôt à des forces nouvelles, qui surviennent tout à coup ; tantôt à des forces permanentes , qui continuent d*agir et qui règlent leurs actions suivant les lois immuables auxquelles elles sont soumises. Si un corps se brise ou se déplace, s'il devient plus dur ou plus mou, s'il se refroidit ou se réchauffe, s'il se liquéfie ou s'il se vaporise, c'est qu'une cause est survenue qui lui imprime ces modifications. Jamais une pierre ne s'est brisée d'elle-même, jamais elle ne s'est soulevée sur le sol ; jamais on ne l'a vue ni se durcir, ni se ramollir, ni s'échaufTer, ni se refroidir, ni se liquéfier d'elle-même, ni disparaître en vapeurs. Si l'on coupe le fil qui soutient un corps, on le voit qui tombe et qui se précipite d'un mouvement de plus en

iS NOTIONS PRÉLIMINAIRES.

plus rapide. A fallait une cause pour le faire tomber, et c'est cette même cause qui continue d'agir et qui presse son mouvement par ces actions répétées. La terre , dans son orbite autour du soleil, éprouve des variations perpétuelles : tantôt sa course devient plus lente , tantôt plus rapide , et cependant rien n'est accidentel dans ces périodes, rien n'est fortuit ni imprévf. C'est toujours la même cause qui préside à ces mouvements , mais c'est une cause qui change d'énergie , et c'est par la loi de ces changements que se maintient l'équilibre du monde.

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