CHAP. II. — DES TROMBES
tout le phénomène disparut, et en même temps aussi le météore inféi'ieur, sans que, ni de la partie élevée en l'air, ni , comme rassure un témoin oculaire , de la partie inférieure , il y eût aucune explosion ; mais alors une odeur de soufre trcs-puante se répandit sur toute la campagne. Presque aussitôt un orage éclata sur les bois situés au nord-nord-ouest du lieu où s'était montré le météore, et fut accompagné d'une grêle à grains extraordinaîrement gros.
« Le soleil ne parut point pendant tout ce temps , à ce qu'af- (irment la plupart des spectateurs. Il n'y avait aucun soufQe do vent.
a Le météore supérieur fut aperçu de Gutweilcr, Cossel , et autres endroits, comme aussi da Trêves ; il paraît être descendu des liauteurs de Hochwald. »
Nous pourrions citer un assez grand nombre d'observations analogues faites sur divers points du globe. (Voy. Météore de Malaunay, Comptes rendus^ t. XXI, p. 545.) On appelle quelquefois trombes marines (Pl. 49, Fia. 11) celles qui paraissent ioit en pleine mer, soit près des côtes ; trombes d'eau^ celles qui le montrent au-dessus des lacs et des rivières ; puis trombes (Tair^ celles qui parcourent la terre avec plus ou moins de rapidité. Mais, tout ce que Ton a pu recueillir sur ces diiTérentes trombes montre avec évidence qu'elles tiennent aux mêmes causes et ^'elles produisent les mêmes effets : c'est une seule et même puissance, qui tantôt s'exerce sur les eaux, pour en soulever des Colonnes qui ont plusieurs centaines de mètres de hauteur; tantôt Mir le sol, pour fouiller la terre, briser les arbres et enlever tous Ces débris jusqu'aux nuages.
Ck>mment cette puissance , quelquefois si prodigieuse , peutelle prendre naissance au milieu des airs? C'est une question, il faut le dire, à lacpielle la science ne peut faire aucune réponse précise.