‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 263 sur 297 · CHAP. II. — GRÊLE. 7S · texte numérisé non relu

CHAP. II. — GRÊLE. 7S

admettant que les noyaux des gréions soient foimés, et qu'il . existe un froid suffisant pour les grossir, Volta suppose que deux Tastes nuages chargés d'électricités contraires sment disposés Ton au-dessus de l'autre; alors les grêlons, encore très-petits, tombant sur le nuage inférieur, y éprouveront deux effets: 1® en pénétrant à une certaine profondeur , ils se couvriront d'une nouvelle couche de glace , parce que la température est trèsbasse; 2* ib s*électriseront de Télectricité même du nuage, et seront repoussés par lui en même temps qu'ils seront attirés par le nnage supérieur. Ainsi remontant contre leur propre poids, ik arriveront au nuage supérieur, où ils éprouveront deux eflets analogues ; puis, retombant de nouveau dans le nuage inférieur, ils seront de nouveau repoussés dans le nuage supérieur^ et pourront ainsi faire la navette un très-grand nombre de fois, exactement comme le représente Texpérience que nous avons rapportée (Fig. 18 , Pl. 17). Mais bientôt, soit que les gréions deviennent trop lourds , soit que les nuages (lerdent leur électricité, ou se trouvent emportés par le vent à des distances trop grandes, la cause qui maintient la gi-êle suspendue au milieu des tm sera insuffisante, et on la verra tomber instantanément presque en masse.

Volta essayait même d'indiquer les causes qui peuvent d<?teminer la formation de deux nuages superposés et chargés des ëlecrtricités contraires ; il la trouvait : 1^ dans la propriété qu'il attribuait aux rayons solaires de déterminer une prompte évaporation ; V dans la propriété qu'il attribuait aux vapeurs de s'électriser négativement en se formant , et positivement en se condensant. D'après ces hypothèses , il concevait qu'au-dessus d*im gros nuage frappé par le soleil , s'élève une colonne de ▼apenr élastique chargée de la même électricité que le nuage, et que cette vapeiu* , une fois arrivée à une région assez haute , et par conséquent assez froide pour se condenser , se condense en effet pour former un nouveau nuage chargé d'électricités contraires. Ces hypothèses sont inadmissibles : mais , conmie il est constant, par le fait, que les nuages orageux sont tantôt posîtift et tantôt négatifs, et comme le mouvement de past-pient des grêlons repose seulement sur ce fait , il reste à examiner s'il esit po9nJ>le en lui-même. Or, on a fait beaucoup d'objections contre cette possibilité : plusieurs sont mai fondées, mais les deux stiivantes me semblent d'un grand poids :

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1* Gomment &e peut-il qu'une puissance électrique qui n'e^crte pouii son action d'une maniùre hrustfue et instafitanée soîl capable d'enlever un bbc de glace de 200 ou aoo gmsmm! Comment se fait-il que VetinceUe ne parte pas entre œ Woea le nuage P Tout semble indiquer qu'il faudrait potir vêla dei^ propriétés électriques différentes des propriétés coimues.

2" Si les deux nuages superposés sont fortement électîis'-^ comme ils doivent F être paur enlever des masses pesantes , H n les gréions font la navette dans Tespace qui les ftépan*, con*» ment se fait-il que rélectriciu^ ne s'éc ouïe pas i^tibiiemeut d'iui nuage sur Fautre? Les grêlons ne fyrment-ils pas entre le» nuages une espèce de communication qui favorise k un ïtavl ilegré l'explosion de Téclair, comme on le voit dans TeiÊp'riemt elle-mime que Ton fait pour imiter la grêle avce des balk^ i&nt'eau ?

Si ces objections ne détriiiseul pas la UiétJrîe de Voltu, elle» peuvent du moins la mettre en doute , et prévenir les oIim^to* teurs qu'il y a encore quelque cbose à cherclier jiaur avuir fT point toute la vérité,

A côté de la Uiêorie de Voila s'en présente une autre : jieul supposer que le refroidissement étant produit par te venti c'est aussi la puissance du vent qui entraîne les grêlons borizootalement ou au moins très* obliquement dans ratmospbàti (ju'ils parcourent ainsi quinxe ou vingt lieues, et qu'ils nmM [* liesoin d'être suspendus bien longtemps au milieu des nua^ tres-denses et ti-és-refroidis, pour atteindre le volimie énonae qu'ils ont quelquefois. Ainsi , ce serait une même cause qui d#terminerait la formation et raccroissement de la grêle* Quaat * rélectricié qui accompagne toujours ce phénomène , elle sctiit un effet et non pas une cause : il est impossible que laccumulatîon de vapeur qui est nécessaire pour engendrer la p^j. \ puis^ se faire sans un grand dégagement d'électricité, puisqwf tous les nuages qui viennent se condenser au foyer ménn* ou ^ fonue la grêle, y viennent avec ime éleetricilê positive tiu negjlive qtii acquiert une grande tension par la eondeu.satt«iu<

On voit donc, en dernier résultat, que le phénomène de 1^ grêle est encore enveloppé d'une grande obscurité » et qu'il h^i encore de bonnes et nombreuses observations pour retpli*|^f dans tous ses détails.

nai«« d« Minn. plates de eendret, ete* — Ponr donner mf

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idée des ctroonstances qui accompagnent quelquefois ces météores, nous dioisirons comme exemple la pluie rouge qui est tombée le 14 mars 1813 dans le royaume de Naples et dans les deiix Calabres. M. Sementini a rendu compte de ce phénomène de la manière suivante :

« Le 14 mars 1813, par un vent d*est qui soufflait depuis deux jours, les habitants de Gérace aperçurent une nuée dense sVvancer de la mer sur le continent. A deux heures après midi, le Tent se calma ; mais la nuée couvrait déjà les mont^ignes voisines, et commençait à intercepter la lumière du soleil ; sa couleur, d*abord d^un rouge pâle, devint ensuite d*un rouge de feu. La ville fut alors plongée dans des ténèbres si épaisses , que , vers les quatre heures , on fut obligé d'allumer des chandelles dans Tintérieur des maisons. Le peuple , eflrayé et par l'obscurité et par la couleur de la nuée, courut en foule dans la cathédrale fiiire des prières publiques. L'obscurité alla toujours en augmentant, et tout le ciel parut de la couleur du fer rouge ; le tonnerre commença à gronder, et la mer, quoique éloignée de six milles de la ville , augmentait 1* épouvante par ses mugissements ; alors commencèrent à tomber de grosses gouttes de pluie rongeitres, que quelques-uns regardaient conune des gouttes de sang, et d'autres comme des gouttes de feu. Enfin , aux approdies de la nuit , Tair commença à s'éclaircir, la foudre et le tonnerre cessèrent, et le peuple rentra dans sa tranquillité ordinaire.

■ Sans commotions populaires , et avec quelques différences en plus ou en moins, le même phénomène d*une pluie de poussière rouge eut lieu non-seulement dans les deux Calabres, mais encore dans Textrémité opposée des Abruzzes.

K Cette poussière a une couleur d*un jaune de cannelle et une saveur terreuse peu marquée; elle est onctueuse au toucher, tant est grande sa ténuité , quoiqu'on y découvre à la loupe de petits corps durs ressemblant au pyroxène, mais qui sont étrangers à la poussière , et qui s'y sont accidentellement mêlés, lorsqu'on Ta recueillie sur le terrain. La cludeur la brunit, puis la rend tout à fait noire , et enfin la rougit si elle devient plus intense. Après l'action de la chaleur, elle laisse apercevoir, même à l'œil nu, une multitude de petites lames brillantes qui sont du mica jaune : elle ne fait plus aloiS effervescence avec les acides, i:t a perdu environ un dixième de son poids. Sa pesanteur spéci-

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fique, lorsqu'elle a ^te privée de corps durs, est de 1,07; elle ai composée de : silice ^ 35,0; alumine, 15,5; chaiiït, 1 U^î cbrâme, 1,0; fer^ 14>5; mcide cfirbonique, 9|0. La pefte iH due à une âubstanee résineuse, de couleur jauitÀtre, que l'fiB obiieut en traitant la poudre par Talcool et en faisant éraporit à siccîte , le poids du résidu correspondant à trts-peu près à II perte éproiiYee dans Tanalyse- Cette matière résiiieii5e df>iiap ^ la poudre la propriété de défia gi^r avec h nitre. • ifikm^, é Fhica^ cit.j décade seconda^ I, 2fl.}

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