CHAPITRE PBEMIER
Propafpilioo do 1« chaleur.
I. Phénomènes généraux de la chaleur rayonnante dans Voir et dans le vide.
470. De l'existence de la chaleur rayonnante et de ridée ^^rn^on peut se former des rayons calorifiques. — La chaleur (Citronnante est celle qui passe au travers de certains corps, ■c^mme la lumière passe au travers des corps diaphanes. La it^aleur solaire ne vient frapper la terre qu'après avoir tra- '^Tsé toute la couche atmosphérique ; et si Tair s'échauffe ^«^dant un jour serein , tout le monde sait que les corps Chauffent aussi , et queii général leur température est ^«aucoup plus haute que celle de l'air. Donc, une partie de ^ chaleur du soleil traverse, comme la lumière, toute Té- ^^sseur de Tatmosphère sans être absorbée. De même , le ^ti d'un foyer nous échauffe à distance, sans que les cou- ^%)es d*air qui nous séparent de lui soient échauffées de pro-
4BQ LIVKR >ll.— *CHALRfiR.-~DRUXljiM£ PAJETIE.
che en proche , car on s'aperçoit aisément qu'elles restent froides» et même qu'elles peuvent être agitées et rapidement renouvelées sans qu'à la même distance on en ressente un moindre effet. Un boulet rouge de feu, suspendu au milieu d'un appartement^ est encore plus propre k montrer ce phénomène : de toutes parts, autour de lui, on reçoit une impression de chaleur, tandis que l'air environnant qui ne le touche pas conserve à peu près son état de repos et sa température primitive. Ainsi, les corps qui sont échauffés jusqu'à donner de ta lumière ont en même temps un pouvoir émissi/'j c'est-à-dire qu'ils ont la propriété A* émettre autour d'eux, dans tous les sens, de la chaleur qui traverse l'air, comme la lumière traverse les milieux diaphanes. C'est d'après cette analogie que l'on dit, en parlant de la chaleur, des luyons calorifiques^ des rayons de calorique ou des rayons de chaleur^ comme on dit^ des rayons lumineux ou des rayons de lumière.
471. Pouvoir émissif. — Le pouvoir émissif ou pouc^iV rayonnant^ dont nous venons de parler, n'existe pas seulement dans les corps qui sont assez chauds pour émettre à la fois de la lumière et delà chaleur; nous allons faire voir qu'il appartient à tous les corps indistinctement; qu'il peut bien diminuer quand la température diminue , mais qu'il ne peut pas cesser d'exister; qu'il se manifeste encore dans
en. I. — PROPAGATION l)K LA. CQALCTIR. 491
rersent Tair et se propagent librement jusqu'à ce qu ils contrent quelque corps qui les arrête.
^our montrer cette continuelle action dupouvoirémissif, lispose en présence l'un de l'autre, à 5 ou 6 mètres de . ance,deux grands miroirs sphériques ou paraboliques de ^re poli , de manière que leurs axes soient coïncidents î^. 342) 5 au foyer du premier on met un boulet chauffé *ouge blanc, ou du charbon allumé, dont on active la ibustion avec un soufflet; au foyer du second Ton me( morceau d'amadou : en moins d'une minute on voit l'alou s'enflammer comme s'il était en contact avec le feu. te expérience prouve évidemment le pouvoir émissif du ps incandescent qui est au foyer du premier miroir, car conditions de l'expérience ne permettent pas de supposer s ce soit l'air chauffé de proche en proche qui vienne lammer l'amadou.
Si au boulet rouge on substitue un boulet chauffé seunent à 3oo°, et à l'amadou un thermomètre ordinaire, on it le thermomètre monter rapidement : donc à 3oo^ le ulet a aussi un pouvoir émissif.
Maintenant, si au boulet à 3oo^ on substitue un vase npli d'eau bouillante, ou d'eau à 90% 80" ou 70® , il sera ra possible que le thermomètre focal du second miroir accuse aucune élévation de température très-perceptible : utefois cela ne prouve pas qu'à cette température les pais du vase cessent d'avoir un pouvoir émissif, mais seule- 2Dt que dans ces circonstances le thermomètre ordinaire t trop peu sensible pour en accuser les effets. Alors, il it avoir recours à des moyens thermométriques plus déats, soit au thermomètre à air représenté dans la figure 3, soit au thermoscope de Rumford {fig- 345), soit au ermomètre différeniiel de Leslie {fig. 344)» ^^'^ 21U ermo-multiplicateur de M. Melloni {fig* 346 et 347 ). lelques mots suffiront pour faire comprendre l'usage de s appareils.
Le thermomètre à air est simplement une boule de 3 ou 4 centimètres , soufQëe à Textrémité d'un tube d'environ un millimètre de diamètre; ce tube est recourbé et porte à la fois un renflement dans sa courbure et un entonnoir à son extrémité, afin que le liquide cd ne puisse ni retomber dans la boule , ni s échapper parle haut. Lorsque ses dimensions sont connues, il est facile d*en calculer la sensibilité au moyen des luis de la dilatation de Tair; mais Ton comprend qu*il est impossible de le graduer, parce que le liquide reste soumis à la pression atmosphérique, et parce qu'il permet à Tair de sortir et de rentrer.
Le thermoscope de Rumford se compose de deux boules a et £ , réunies par un tube recourbé dont la partie horizontale a 3 ou 4 décimètres de longueur. Vindex, cdy d'alcool ou (facide sulfurique, reçoit les pressions opposées deTairdes deux réservoirs, et il marche jusqu'à ce que les pressions soient égales; le point où il se fixe pour une égalité parfaite de température et de pression est le zéro de l'instrument^ et l'écart qu'il prend de part et d'autre est à peu près proportionnel à la différence de température des boules. Ces mouvements de l'index sont en général exprimés par des divisions arbitraires; mais il serait facile de les évaluer en degrés centigrades, soit par Texpérience, en disposant autour des boules des vases destinés à rece-